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Le PDG de Qatar Airways aime la France

Publié le 18 juin 2015 par Toulouseweb
Portrait de Akbar Al-Baker
A 55 ans, son Excellence Akbar Al-Baker peut déjŕ se targuer d'une trčs belle carričre aéronautique. Il dirige une compagnie, Qatar
Airways, qui est née seulement en 1997 et en moins de 20 ans, celle-ci abrite déjŕ 160 avions presque tous neufs. Chapeau l'artiste ! Et il multiplie les commandes partageant ses
pétrodollars entre Boeing et Airbus. Lorsqu'il quitte sa tenue traditionnelle pour un costume anglais de trčs bonne coupe, on s'aperçoit qu'il est chauve. Dans les conférences de presse, ses
collaborateurs et son personnel tendent le dos car un rien peut déclencher sa colčre. A regarder sa gestuelle, nous avons affaire ŕ un homme de trčs grande autorité.
Akber Al-Baker est cash. Quand il n'accuse pas la compagnie américaine Delta de faire voler des avions vieux de 35 ans, il ne peut s'empęcher au Salon du Bourget de lancer qu'il crée beaucoup d'emplois aux États-Unis ŕ chaque fois qu'il commande des avions ŕ Boeing. En fait il garde au
travers de la gorge l'enquęte officielle des services américains de la concurrence qui estime que les compagnies du Golfe bénéficient de la part de leurs états d'aides trčs importantes.
On peut lire par exemple dans ce rapport que Qatar Airways a bénéficié de 16,47 milliards d'euros d'aides sur une durée de 10 ans ( de 2004
ŕ 2014). Si on détaille cette somme, on s'aperçoit que plus de 7 milliards d'euros constituent la somme des pręts sans intéręt
consentis par le pouvoir politique du Qatar. Le terminal de Doha a été construit sur des terrains mis gratuitement ŕ la disposition de la compagnie. Et la partie américaine de demander la suspension des accords de ciel ouvert entre les États-Unis et les pays du Golfe.
Bien sűr ce document n'est pas reconnu par les compagnies du Golfe qui ne publient jamais leurs comptes, pourtant sincčres selon Akbar
Al-Baker. Ce dernier cherche encore et toujours ŕ développer sa compagnie. Il appuie volontiers sur un levier, celui d'ętre un gros client d'Airbus. Et ça marche apparemment, Qatar Airways va obtenir
des vols sur Nice et Lyon au grand dam d'Air France qui estime qu'on est en train de piller son territoire naturel.
Alexandre de Juniac, le PDG d'Air France KLM, n'aime pas trop son collčgue qatari. Il rapporte que lors d'un colloque, alors qu'il avait évoqué la dure grčve des pilotes d'Air France, il avait entendu cette phrase encore cash de Akbar Al-Baker : Ť Monsieur de Juniac, ce n'est pas possible, chez nous ils auraient tous été jetés en prison ť.
Ce qui n'a pas empęché le président François Hollande de le décorer de la Légion d'Honneur et de déclarer qu' Ť il saluait l'engagement de Monsieur Al-Baker au sein de l'industrie aérienne
internationale ť. On se demande bien pourquoi le président de la République française n' a pas jugé bon d' inscrire la cérémonie ŕ l'agenda officiel...
Son Excellence Al-Baker fait aussi la pluie et le beau temps chez Airbus.
On se souvient qu'il avait décommandé la réception prévue pour la livraison du premier A350 dont Qatar Airways est compagnie de
lancement. A Toulouse on avait remballé champagne et petits fours.
Qatar avait tout simplement refusé de prendre livraison de l'avion pour cause d'anomalies : les couleurs des moquettes ne correspondaient pas ŕ la commande ce qui nous valut quelques temps
aprčs une interview penaude de Fabrice Brégier, le président d'Airbus expliquant que ces anomalies provenant de certains sous-traitants avaient été réparés et que l'avion était arrivé
ŕ Doha dans les délais prévus. Męme de mauvaise foi, les clients ont toujours raison...
Gérard Jouany pour AeroMorning en partenariat avec Le Bourget FM



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