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Quelques compléments d'information sur Vincent Lambert (au 17 juin 2015)

Publié le 17 juin 2015 par Sylvainrakotoarison

(verbatim)
Communiqué des avocats des parents de Vincent Lambert
Strasbourg, le 5 juin 2015

La Cour européenne des droits de l'Homme vient de rendre une décision dans l'affaire Vincent Lambert qui marque d'une pierre noire la défense des droits humains dans les 47 États membres du Conseil de l'Europe.
Elle a validé l'arbitraire d'une décision médicale prise sur la foi de témoignages intéressés et contestés faisant état de la prétendue volonté de Vincent Lambert de mourir, alors qu'il ne peut pas s'exprimer. Elle a validé le fait qu'aujourd'hui, il était conforme à la Convention de provoquer intentionnellement la mort d'un être humain sans défense, en le privant d'alimentation et d'hydratation, en violation formelle de l'article 2 de la Convention.
Elle a déclaré en outre, au mépris de sa propre jurisprudence antérieure (Campéanu/Roumanie, 2014), les parents irrecevables à défendre les droits de leur fils à ne pas subir des traitements inhumains et dégradants (art. 3). Ce faisant, une majorité de 12 juges de la Cour européenne des droits de l'Homme a décidé que la Convention ne s'applique plus aux personnes hors d'état d'exprimer leur volonté. Il y a désormais deux catégories d'êtres humains : ceux qui sont pleinement protégés par la Convention ; et ceux qui ne le sont pas, parce qu'ils ne peuvent pas saisir eux-mêmes la Cour.
Dans une remarquable opinion dissidente, 5 juges de la Cour se sont insurgés contre cette décision et dénient désormais à la Cour le titre qu'elle s'était arrogé de " Conscience de l'Europe ".
La Cour a fait tomber le dernier rempart contre l'arbitraire, elle a perdu toute légitimité et toute crédibilité. Elle n'est plus la Cour européenne des droits de l'Homme vulnérable, handicapé, sans défense. Elle n'est désormais plus que la " Cour-européenne-des-droits-de-l'Homme-en-bonne-santé ".
Cela étant dit, cette décision est sans incidence sur la situation actuelle de Vincent Lambert.
Comme elle l'énonce dans son dispositif, la Cour déclare qu'il n'y aurait pas de violation de la Convention en cas de mise en œuvre d'un arrêt d'alimentation et d'hydratation.
Or la seule décision d'arrêt est celle prise et signée par le docteur Kariger.
Conformément à la loi Léonetti, seul le médecin ayant pris la décision peut la mettre à exécution. Le docteur Kariger ayant quitté le CHU de Reims il y a un an, sa décision d'arrêt de soins est désormais caduque et inapplicable. Nous avons d'ores et déjà entamé une procédure aux fins de transfert de Vincent, au nom des parents de celui-ci, ses parents étant désormais seuls au chevet de leur fils, son épouse Rachel ayant quitté Reims pour la Belgique depuis maintenant près de deux ans.
Nous réclamons aujourd'hui que soit réalisée sans délai une nouvelle évaluation médicale de Vincent, et notamment une évaluation de sa capacité à déglutir. Vincent a en effet recommencé à déglutir depuis plusieurs mois, et cette capacité doit désormais être sérieusement évaluée.
Enfin, nous rappelons avec force qu'une équipe médicale, dirigée par le docteur Bernard Jeanblanc, forte de trente ans d'expérience dans l'accompagnement des personnes dans la situation de Vincent, attend le transfert de celui-ci dans son unité. Il y a une autre voie : prendre soin de Vincent dans un établissement parfaitement adapté à sa situation.
Vincent n'a jamais demandé à mourir. La défense de Vincent continue.
Jean Paillot, avocat
Jérôme Triomphe, avocat
Communiqué de presse du CSA du jeudi 18 juin 2015
Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a été saisi le 10 juin 2015 de la diffusion sur certaines chaînes de télévision d'extraits d'une vidéo mise en ligne sur internet montrant M. Vincent Lambert dans sa chambre de l'hôpital de Reims.
Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a été sensible aux commentaires et explications qui ont pu accompagner ces diffusions.
Toutefois, réuni en assemblée plénière le jeudi 18 juin, il a décidé d'adresser une mise en garde à BFMTV, LCI, M6 et TF1 ayant considéré que la diffusion de ces images de M. Vincent Lambert sans consentement préalable et sans floutage constituait une atteinte à l'intimité de sa vie privée et à son image.
Par ailleurs, le Conseil a adressé un courrier à Canal+, France 2, France 3 et i>télé qui ont eu recours au floutage du visage de M. Vincent Lambert en leur rappelant que la diffusion de telles images sans consentement préalable était de nature à porter atteinte à l'intimité de la vie privée.
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2015/06/vid%C3%A9o-de-vincent-lambert-le-csa-demande-quil-y-ait-consentement-de-qui-.html
18 juin 2015
Vidéo de Vincent Lambert : le CSA demande qu'il y ait consentement. De qui ?
Le CSA vient de rendre son avis sur la vidéo montrant Vincent Lambert bien vivant :
"[Le CSA] a décidé d'adresser une mise en garde à BFMTV, LCI, M6 et TF1 ayant considéré que la diffusion de ces images de M. Vincent Lambert sans consentement préalable et sans floutage constituait une atteinte à l'intimité de sa vie privée et à son image.
Par ailleurs, le Conseil a adressé un courrier à Canal+, France 2, France 3 et i>télé qui ont eu recours au floutage du visage de M. Vincent Lambert en leur rappelant que la diffusion de telles images sans consentement préalable était de nature à porter atteinte à l'intimité de la vie privée."
Le CSA ne précise pas de qui doit venir le consentement... de Vincent Lambert lui-même ? de son épouse ? de ses parents ? Dans une vidéo diffusée dans Zone Interdite en 2014, qui vise à légitimer sa mise à mort, on voit Vincent Lambert, le visage flouté, juste derrière le Dr Kariger parlant de lui au passé. On voit aussi son épouse lui rendre visite. Le CSA n'a envoyé aucun courrier à M6.
Posté le 18 juin 2015 à 17h53 par Louise Tudy | Catégorie(s): Culture de mort : Euthanasie
http://www.tugdualderville.fr/image-pudeur-et-dignite
Image, pudeur et dignité
par Tugdual Derville le 11 juin 2015

Depuis mardi 9 juin, en quelques plans vidéo, avec des millions de Français, j'ai pu découvrir Vincent Lambert tel qu'il est aujourd'hui : vivant. Scandale ! Faut-il crier à l'indignité et à l'impudeur ? Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a été saisi. L'ancien médecin de Vincent dénonce une manipulation.
L'organe de régulation de l'audio-visuel n'avait pourtant pas réagi quand le même médecin traitant s'était laissé interviewer en 2014 par M6, devant le même patient alité, pour légitimer son choix controversé de stopper son alimentation et son hydratation.
http://www.dailymotion.com/video/x2a5tr5_zone-interdite-droit-de-mourir-le-16-novembre-sur-m6-2_tv
Que révèle la comparaison de ces deux séquences ?
Couvrez ce visage...
Dans la version tournée par la télévision, le visage de Vincent est flouté, mais pas ses avant-bras et ses mains qui sont rétractées, comme souvent après des années d'immobilité, dans une posture qui peut impressionner les néophytes. Le patient apparaît en fond, seul sur son lit médicalisé. Il n'a pas vraiment figure humaine. La façon dont le praticien en blouse blanche donne, debout, à voix haute, son avis sur le destin de celui qui est couché dans son dos, en parlant de lui au passé, achève ou préfigure - inconsciemment - son exclusion totale. Il n'a pas sa place dans la conversation. Heureusement, la séquence s'achève par un " Bonne journée Vincent ! " qui contraste avec ce qui vient d'être exprimé. Devant un homme diagnostiqué en état de conscience minimale, faire le pari de la présence est un principe de précaution. S'abstenir de discourir de lui devant lui, d'une façon qui pourrait le blesser, c'est le b.a.-ba du respect. Trop de soignants l'oublient. Au retour de certains comas, des patients l'ont révélé, à l'image d'Angèle Lieby (auteur de Une Larme m'a sauvée) qui fut témoin, impuissante, du choix de son cercueil, avant de recouvrer sa capacité de communication.
Dans les séquences filmées le 5 juin 2015, c'est seulement le visage de Vincent que l'on découvre, en gros plan. Signe d'identification, reflet de la personne. Un visage sans voile, avec un regard qui parait mobile et réceptif, tout en gardant une insondable part de mystère. Je ne me permettrais pas de l'interpréter davantage. Ce qui est notable dans ces plans qui ont, justement, la pudeur de ne montrer que le visage et les mains, ce sont les relations d'ultra-proximité et de tendresse avec ses proches : ces corps qui le touchent, ces voix qui s'adressent à lui, ces regards qui cherchent le sien l'humanisent, et humanisent nos propres regards en attestant sa valeur et sa dignité. Les corps de ces proches ne sont pas debout devant l'homme couché mais penchés sur lui. " Tu as du prix à mes yeux et je t'aime, tel que tu es ! " : voilà ce dont chaque humain a un besoin vital, quel que soit son état. En toute logique, l'ami de Vincent a la délicatesse de nous donner son témoignage personnel de l'extérieur de la chambre.
Nous avons tous besoin d'ambassadeurs de la dignité d'autrui, de médiateurs aptes à nous approcher des personnes ou communautés qui nous angoissent. Pour dépasser nos peurs, nous devons commencer par nous regarder. Si possible, dans les yeux. C'est le seul moyen d'abandonner les fausses-images, les caricatures et, notamment, cette propension à imaginer les personnes handicapées qu'on nous décrit en monstres inhumains. Quand tant de personnes éprouvent de l'effroi à l'idée de la grande dépendance, couvrir " pudiquement " le visage de Vincent, c'est presque attester son retrait du monde, à la façon dont on remonte un linceul sur la face d'un défunt.
Au contraire, ceux qui ont découvert, grâce à un ami de son enfance, que Vincent n'est aucunement un spectre bardé de tuyaux, se débattant pour mourir, mais une personne vivante et paisible malgré son ultra-dépendance, sont stupéfiés. La vidéo ne permet pas d'ajuster un diagnostic sur son degré de conscience, mais elle atteste au moins que Vincent est éveillé et aucunement en fin de vie. Son visage dit simplement : " Je suis comme je suis, mais je suis là ". Incitation au respect de sa vie car, selon l'expression d'Emmanuel Levinas, philosophe du visage par excellence : " Autrui est visage " et " Le visage, c'est ce qui nous interdit de tuer ".
Au nom de quoi faudrait-il pousser Vincent vers la sortie ? Avec le professeur Emmanuel Hirsch, directeur de l'espace éthique des Hôpitaux de Paris, interviewé sur Europe 1, dont il faut écouter l'avis, nous devons nous rappeler que Vincent a déjà survécu à 31 jours d'arrêt d'alimentation, et de réduction drastique de l'hydratation ! N'y a-t-il pas là une stupéfiante preuve d'exceptionnelle vitalité ? Car ce n'est pas la société qui empêche Vincent de mourir : c'est bien lui qui ne meurt pas. C'est son droit. Notre devoir n'est-il pas d'en prendre soin, dans un lieu adapté comme le demandent ses parents ?
Des loups sortent du bois
Paradoxe de la controverse, la saisine du CSA a été effectuée " au regard de l'application du principe de respect de la dignité humaine " par ceux-là même qui affirment qu'un patient en état neurovégétatif ou pauci-relationnel a déjà perdu sa dignité... Les promoteurs de l'euthanasie ont coutume d'abuser de la dialectique de l'émotion et n'hésitent pas à brandir des images frappantes. Je l'ai décrypté dans mon livre La Bataille de l'euthanasie à propos de sept autres affaires qui ont bouleversé l'opinion. N'aurait-on le droit de s'émouvoir que dans un sens ? Nous savons tous que certaines images fortes, de personnes et de visages (je pense à la petite fille brûlée du Vietnam), ont contribué à d'utiles prises de conscience au service de l'humanité.
Pourtant, je comprends la gêne, voire la peine, que ces images peuvent provoquer pour certains membres d'une famille divisée par l'épreuve. Je sais bien, également, que Vincent n'est pas en mesure de donner son consentement. Des circonstances exceptionnelles peuvent-elle légitimer que les " protecteurs naturels " que sont désormais les parents de Vincent aient accepté ce moyen pour répondre au reste de la société qui les accusent de s'acharner à forcer leur fils à vivre ? C'est peut-être à leurs yeux l'ultime façon de nous faire revenir à la réalité, et de le protéger de cette mort par arrêt d'alimentation et d'hydratation qui le menace.
Je m'interroge enfin sur l'acharnement de certaines personnes extérieures à attester, sans l'avoir vu, que la vie de Vincent n'en est pas une et qu'il doit donc mourir. La séquence qui fait débat aura eu le mérite de faire sortir quelques loups du bois : la menace d'exclusion des patients pauci-relationnels et neurovégétatifs est bien réelle quand on entend la façon dont certains déconsidèrent publiquement leur existence. Je préférerais qu'ils reviennent aux sages paroles du docteur Bernard Wary, co-fondateur de la société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) : il témoignait n'avoir jamais vu un légume dans un lit d'hôpital, et même n'avoir jamais soigné aucun " mourant " mais toujours des patients 100% vivants.
Image, pudeur et dignité 4.74/5 (94.81%) 27 votes Posted by: Tugdual Derville // FIN DE VIE, NOUVEAU, REFLEXIONS // dignité, pudeur, vincent lambert, visage // juin 11, 2015
Communiqué des avocats des parents de Vincent Lambert du 16 juin 2015
"Ce 16 juin 2015, devant la représentation nationale au Sénat, Madame le Ministre de la Santé, après avoir à deux reprises publiquement pris parti pour Madame Rachel Lambert, a officiellement reconnu :
* Que Vincent Lambert " n'est pas en fin de vie, il faut le préciser ",
* Que " l'expression de la volonté de Vincent Lambert fait l'objet d'interrogations et de débats ".
C'est là un aveu, de la part du Gouvernement, que son analyse devant la Cour européenne des droits de l'Homme de la situation médico-juridique de Vincent Lambert était erronée. Non, Vincent Lambert n'est pas en fin de vie, et arrêter son alimentation et son hydratation revient à une euthanasie. Non, à ce jour, aucune preuve sérieuse de la volonté de Vincent Lambert n'a été apportée. Les seuls éléments étaient des interprétations de sa prétendue volonté.
Depuis maintenant deux ans, l'épouse de Vincent Lambert a quitté Reims pour refaire sa vie en Belgique. Désormais, après cet aveu, il n'est plus possible d'engager une nouvelle procédure collégiale aux fins d'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation au motif des prétendues volontés de Vincent LAMBERT dont Madame le ministre de tutelle du CHU de REIMS reconnaît elle-même qu'elles font l'objet " d'interrogations et de débats ". On ne peut invoquer la prétendue volonté d'un homme pour provoquer sa mort quand ses volontés sont déclarées incertaines par le supérieur hiérarchique direct du CHU de REIMS.
Dès lors, le transfert de Vincent LAMBERT vers l'établissement spécialisé qui lui a réservé une place et qui l'attend est la seule solution éthique, médicale, juridique et humaine. Nous attendons la réponse du CHU de REIMS à la demande que nous lui avons faite en ce sens au nom des parents de Vincent, qui sont quotidiennement au chevet de leur fils."
Avocats de Viviane et Pierre Lambert, parents de Vincent Lambert, le 16 juin 2015


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