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L'aéroport de La Rochelle va-t-il survivre à la grande région ?

Publié le 22 juin 2015 par Blanchemanche
#LaRochelle #aéroport

Les difficultés de la CCI, propriétaire et gestionnaire de l’aéroport rochelais, vont conduire les collectivités à créer un syndicat mixte pour le sauver et préserver son potentiel de développement

L'aéroport de La Rochelle va-t-il survivre à la grande région ?La Rochelle va devoir se démarquer des nombreux aéroports plus modestes de la future grande région : Poitiers, Angoulême, Limoges, Brive, Périgueux, Bergerac© XAVIER LEOTY
Derrière Mérignac, plateforme incontournable et qui sera naturellement l'aéroport phare de la future grande région, les nombreuses structures aéroportuaires aquitaines, picto-charentaises et limousines affinent leurs stratégies. La fusion des trois régions conjuguée à l'assèchement des ressources des CCI augure d'un grand bouleversement des offres aériennes sur le territoire. Il n'y a sûrement plus de place pour tous.

La nécessité de changer de dimension

Thomas Juin, directeur de l'aéroport La Rochelle-Ré, a retrouvé le sourire depuis que le Département de la Charente-Maritime et la Communauté d'agglomération rochelaise se sont entendus pour palier au désengagement forcé de la CCI en créant un syndicat mixte. L'enjeu est clair : il faut poursuivre le développement de l'aéroport (13 lignes commerciales actuellement et 212 000 passagers annuels). En discussion permanente avec "des compagnies sérieuses comme Easyjet ou Ryanair", Thomas Juin travaille à la création de nouvelles lignes et n'a pas renoncé à rouvrir une liaison vers Paris (plutôt vers Roissy), Hop ayant fermé à l'automne 2014 sa ligne La Rochelle - Orly. Le succès de la liaison ouverte l'an passé par Easyjet depuis La Rochelle vers Genève a suffisamment fonctionné pour que, cette année, l'ouverture de la ligne ait été avancée et les vols prolongés jusqu'au 22 septembre, pour le plus grand bonheur du Grand Pavois. "D'ici à cinq ans, il est essentiel de mettre en place des infrastructures et des services qui permettent de rester dans la course". Sur le même sujet : L’aéroport a frôlé le crash

Avec quels moyens financiers ?

80 % (1,6 million d'euros annuels) des fonds du Syndicat mixte seront apportés par les collectivités et 20 % (400 000 euros) par la CCI. Aujourd'hui, le tour de table est loin d'être terminé. Le Département et la CdA espèrent être rejoints par d'autres collectivités publiques. Outre la Région, les Communautés de communes environnantes, celles de l'île de Ré, d'Oléron, de Rochefort voire de Niort ou du Sud-Vendée sont aussi invitées à participer. Mais le moins que l'on puisse dire c'est que c'est loin d'être gagné. Il n'y a qu'à mesurer le peu d'empressement de Lionel Quillet, président de la CdC de l'île de Ré : "Bien entendu, nous irons à ce tour de table mais attention si nous décidons de participer, ce ne sera pas pour être un participant dormant. Je veux bien abonder mais je veux aussi savoir quel poids on me proposera d'avoir. Avant d'évoquer les montants financiers, il faut qu'on se mette d'accord sur l'outil". Pour l'heure la CdC de l'île de Ré investit 40 000 euros dans l'aéroport.

Se démarquer de Biarritz et Pau

Thomas Juin le sait, il va falloir se différencier vis-à-vis des nombreux aéroports plus modestes de la future grande région : Poitiers, Angoulême, Limoges, Brive, Périgueux, Bergerac… Nombre d'experts redoutent une terrible casse, car ce ne sont plus les CCI qui vont pouvoir palier aux déficits structurels que tous ces aéroports génèrent. "Notre agglomération ne peut pas se passer d'un aéroport et dans notre futur syndicat mixte qui gérera l'aéroport, nous allons avoir besoin de trouver d'autres partenaires. Nous comptons notamment sur l'aide de la future grande région", prévient Jean-François Fountaine, le maire de La Rochelle. Une réflexion stratégique à l'échelle de la Grande région s'impose donc et des mutualisations ou des spécialisations dans l'aviation d'affaires ou le fret pourraient être envisagées. Car, derrière, l'enjeu économique est important. L'aéroport de La Rochelle, c'est 150 emplois directs et 70 millions d'euros de retombées économiques estimées pour l'ensemble du territoire.

Un investissement d'1,5 million d'euros

En attendant, Thomas Juin et ses équipes viennent de finaliser une nouvelle phase de travaux qui va permettre, côté parvis, une extension de l'aérogare. 1,5 million d'euros ont été engagés dans ces travaux. Le futur bloc de trois étages permettra de doubler la surface du hall d'accueil et de la salle d'arrivée. Un préalable, selon le directeur, avant d'envisager l'accueil de lignes supplémentaires.
Thomas Juin est conforté par l'attraction que La Rochelle exerce à l'étranger, il croit en l'étoile de son aéroport. Et cela semble réciproque. Sa réussite pourrait lui ouvrir les portes de la présidence du futur Syndicat mixte. Si l'homme, discret et prudent, n'en dit rien, d'autres s'en chargent. Pour Jean-François Fountaine, il est l'homme de la situation : "Il y a un consensus pour lui".Les toutes prochaines années diront si sa stratégie portera ses fruits et si La Rochelle aura réussi à changer d'échelle. Sans quoi, la question de sa survie se posera à nouveau.Publié le 22/06/2015  par http://www.sudouest.fr/2015/06/21/l-aeroport-de-la-rochelle-va-t-il-survivre-1958493-756.php

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