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Chacun son job

Publié le 26 juin 2015 par Paul

Régulièrement, voyant passer quelques unes de mes photos sur les réseaux sociaux ou ailleurs, des personnes, parfois proches, des fois pas du tout, me demandent si je peux venir faire des photos pour telle ou telle occasion. Souvent, bien sûr, pour des mariages, baptêmes ou autres occasions du genre. A quelques très rares exceptions évidentes, ma réponse est systématiquement « NON » et que le travail proposé soit rémunéré ou non n’y change rien. Lors du refus, je n’exprime pas forcément les raisons de ces derniers mais elles ne manquent pourtant pas.

La première évidente étant que ce n’est pas mon travail. En acceptant de faire cela, je vole le travail de quelqu’un d’autre et ce serait même peut être pire si je ne me faisais pas rémunérer. Alors je ne doute pas une seconde qu’en ces temps de (peut être) incertitude économique, certains amateurs n’ont aucun scrupule à faire cela (chaque euro compte) mais ce n’est pas mon cas.

Deuxièmement, il faut du matériel adapté et je ne dispose pas nécessairement de ce qu’il faudrait. Sans même parler de l’appareil ou des objectifs, dans le cadre d’un mariage, il me faudrait quelques bancs/estrades pour faire les photos de famille, plusieurs flashs puissants pour les photos de groupe, etc. Alors on peut bien sûr se contenter de ce dont je dispose ou bricoler des montages abracadabrantesques tout ça pour couvrir un événement qui est rarement dans le contentement.

Ensuite vient la question de la sécurité puisque je ne dispose pas d’un ou deux appareils (haut de gamme) de secours, je n’ai pas tout mon matériel en double ou en triple, etc. Ainsi, en cas de pépin, chute d’un objectif ou panne de l’appareil photo par exemple, vous n’aurez aucune photo. Oui parce que j’imagine assez mal débarquer avec mon iPhone

:-)
Tous les photographes n’ont peut être pas plusieurs boîtiers mais en cas de défaillance, libre à eux de prendre leurs responsabilités ; au même titre que mes responsabilités envers les projets de mes clients.

D’autre part, toujours au rang de la sécurité, je peux être malade, avoir un empêchement, une panne de voiture, etc. Là encore, qu’est ce qu’on fait ? puisque je suis seul…

L’avant-dernier point que j’aborderais dans cette liste (absolument pas exhaustive) concerne le côté chronophage de la chose. Il est obligatoire d’être ponctuel le jour J, rencontrer les futurs mariés et faire un tour des lieux au préalable, etc. Cela demande beaucoup de temps, un temps que je n’ai pas et qui me coûte excessivement cher puisque pendant ce temps là (celui que je n’ai pas), je n’exerce pas mon travail ; le vrai, s’attend.

Et là, je n’aborde ni le temps de préparation, ni celui passé le jour J (à des heures farfelues) et encore moins le temps monstrueux nécessaire au traitement (puis à l’impression) des photos que tout le monde voudra, bien sûr, les plus belles et dans les délais les plus courts.

Je peux également évoquer, sans la moindre gêne, les capacités techniques nécessaires à ce type bien précis de photographie. Le professionnel habitué sait à l’avance où il devra/pourra ou ne devra pas/pourra pas se placer afin de faire LA photo. La robe de la mariée qui doit rester toujours blanche, invariablement, ni colorée avec une balance de couleurs foireuse, ni grise en cas de mauvaise exposition, etc. Dans le même ordre d’idées, il faudra gérer le contre-jour conséquent présent derrière les futurs mariés quand ces derniers entreront par exemple dans l’église, etc. Je ne vais pas multiplier les exemples mais une fois encore, c’est un boulot à part entière et qui ne s’improvise pas.

Voilà quelques unes des (nombreuses) raisons qui me poussent à décliner les propositions de ce type. Il s’agit d’un jour important, généralement unique, avec des moments à saisir, des expressions à capturer, des émotions à immortaliser. Des clichés qui seront envoyés à des dizaines/centaines de personnes, qui composeront votre album de mariage et qui sera, lui aussi, consulté par vous-mêmes, votre famille ou vos proches dans les années à venir.

L’album de mariage est peut être une tradition, peut être une tradition qui se perd mais une tradition quand même. Alors oui, un photographe de mariage coûte cher ou plutôt, toujours trop cher mais qu’on le veuille ou non, ses frais sont plus nombreux qu’il y parait (déplacement, matériel à amortir, etc) et lui aussi doit gagner sa vie. Et je vous prie de croire que malgré ma passion pour la photo, à 1500€ le mariage (par exemple), je ne voudrais son métier pour rien au monde !

Je vais conclure avec un lien vers un article intéressant qui traite de « La réalité du tarif de mariage ! » par Pauline Jézéquel.

Photo d’illustration prise avec un iPhone 4.


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