Magazine Culture

Critique Ciné : Au Fil d’Ariane

Publié le 18 juillet 2015 par Delromainzika @cabreakingnews

Au Fil d’Ariane // De Robert Guédiguian. Avec Ariane Ascaride, Jacques Boudet et Jean Pierre Darroussin.


Au Fil d’Ariane ressemble à un épisode de Camping Paradis avec un brin de folie supplémentaire. C’est un film pas très recherché visuellement, pas très recherché scénaristiquement non plus mais qui tente malgré tout des choses et notamment en ajoutant un brin de folie. Sauf que ce n’est pas suffisant pour faire d’Au Fil d’Ariane une réussite. Robert Guédiguian s’est illustré par des films comme Les Neiges du Kilimandjaro ou encore L’armée du Crime, mais celui-ci manque cruellement de ce qui aurait probablement pu transformer ce film en une réussite. J’ai l’impression que les films français ces dernières années quand ce sont des petites productions comme celui-ci tentent de reproduire le même schéma : celui du brin de folie qui devrait tout changer. Cela me rappelle donc un peu Lou! Journal Intime ou encore Attila Marcel. C’est très franchouillard mais cela ne colle pas vraiment car cela ressemble à tout sauf à un film de cinéma. Je n’aurais pas été surpris de voir Au Fil d’Ariane diffusé sur France 3 un mardi soir. Mais voilà, en France on n’a pas compris que tous les films produits n’ont pas besoin d’être sorti au cinéma. Au delà de ce problème que je n’ai de cesse de relever depuis que je regarde plus de films français qu’auparavant, Au Fil d’Ariane erre encore et toujours.

C’est le jour de son anniversaire et Ariane est plus seule que jamais dans sa jolie maison.
Les bougies sont allumées sur le gâteau. Mais les invités se sont excusés… Ils ne viendront pas.
Alors elle prend sa jolie voiture et quitte sa jolie banlieue pour se perdre dans la grande ville…

Présenté comme une fantaisie de Robert Guédiguian, effectivement cela a tout d’une fantaisie sauf la réussite. C’est un film qui est assez fidèle à lui-même et qui, par son côté franchouille, reste chaleureux. Sauf que voilà, on passe de scènes en scènes sans voir la cohérence qu’il y a derrière. On a plus l’impression que Robert Guédiguian a voulu s’offrir un film à sketchs qui pourrait d’une bonne idée : une femme laissée seule le jour de son anniversaire décide de partir à l’aventure. On retrouve l’esprit de Marcel Pagnol là dedans sauf que ce n’est pas aussi bien évidemment et que ce n’est pas aussi bien écrit. L’écriture de Au Fil d’Ariane souffre justement de ce manque cruel d’intérêt pour ses propres personnages. Si l’influence de Pagnol est certaine dans ces paysages issus du sud de la France, on ne peut que regretter la piètre écriture qui ne parvient jamais à utiliser ces décors comme des personnages à part entière et qui ne parvient également pas à mettre en scène des personnages là dedans. Tout le monde est à l’aise et le casting semble se plaire dans cette mixture pas très digeste mais transposer du Pagnol dans un univers aussi poétique que celui-ci, cela ne fonctionne pas du tout.

Ensuite, Au Fil d’Ariane n’a de cesse de jouer sur la naïveté de ses personnages et notamment de son héroïne. Je ne pense pas que l’on puisse faire plus cruche qu’elle et l’on comprend donc rapidement pourquoi personne n’a voulu être là le jour de son anniversaire. Le film débute de façon légère et j’ai été curieux de voir ce que cela pouvait donner sur la longueur sauf qu’une fois l’heure et demie difficilement avalée, l’indigestion commence. De plus, Guédiguian ne propose finalement aucune relecture d’un genre bien étouffé par tout un tas de films beaucoup plus poétiques et lumineux. Je pense par exemple à l’univers de Michel Gondry qui ne m’a jamais vraiment déçu dans sa façon d’exploiter la poésie dans ses films. Mais ce n’est pas le seul cinéaste à le faire avec brio. Ici c’est juste l’un des échecs de ces tentatives saugrenues de faire du cinéma avec tout un tas de choses que l’on tente de mélanger sans jamais se poser la question ni de la cohérence, ni même de l’intérêt que cela peut avoir. Car le film ne sait jamais où il va, comme s’il avait été écrit lors d’un cadavre exquis, passant alors du coq à l’âne pour former un film aussi incompréhensible que décevant.

Note : 2/10. En bref, on erre du début à la fin dans ce film étouffé derrière ses références.

Date de sortie : 18 juin 2014


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Delromainzika 18158 partages Voir son profil
Voir son blog