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Mad Max : Fury Road – Que Truck Nourrisse

Par Julien Leray @Hallu_Cine

« At least that way we’ll be able to… together… come across some kind of redemption. »

Une tarte en pleine poire. Un gâteau sans besoin de cerise. Un rhum du meilleur cru, et peu l’ont cru ? Un chef d’œuvre, la critique l’a dans le baba.

Un film ? Pensez donc ! Un excellent film alors ? Pensez plus fort.

Ce à quoi nous avons assisté, ce n’est pas à la projection d’un simple long-métrage de science fiction, aussi excellent soit-il. C’eût déjà été beaucoup. Non, ce qui nous a été conté, c’est une profession de foi.

Une foi inébranlable en son média, en son histoire, en ses personnages. Surtout, en sa vision d’un Cinéma pensé et rêvé plus Grand.

Un coup de scalpel de quelques minutes, l’âme acérée, et le docteur Miller met tout le monde d’accord : un plan, une ligne d’horizon oblique, une occupation totale de l’espace. Le regard de Max vers le lointain, les événements à venir dans son dos.

Celui-dont-le-film-ne-doit-pas-prononcer-le-nom fuit vers le large, quitte le cadre d’un côté, la horde du pourchassé le transperce de l’autre. Un seul mouvement de caméra, l’Interceptor en ligne de fuite : pas un mot, pas un murmure.

Max, métal pantomime, rattrapé, capturé, échappé, de nouveau capturé. Les plans se croisent et se décroisent dans une chorégraphie virtuose au rythme soutenu et heurté comme aux plus belles heures du muet. La musique déchire l’écran, amphét’ théâtre laconique et taciturne, faisant corps avec son héros, un symbole à l’image du film : la primauté du cadre sur la logorrhée.

Le verbe se soustrait au mouvement, caméra volante, personnage à part entière. Expression trop souvent galvaudée, ici réalité. Une narration mue par l’image et sa composition picturale, des peintures d’une profondeur ahurissante, iconiques et violentes. Une mise en scène, instrument de feu et de flammes, une guitare maîtrisée de main de fer.

Prenez-en la corde. Linéaire, inerte. Imaginez-la désormais mue par le doigté d’un virtuose du jeu, ondulant au gré d’une partition transcendée, ployant sous les coups rageurs du soliste, métal hurlant, révélant en mouvement toute sa richesse.

Une richesse thématique stupéfiante, convoquant imagerie post-apo et universalité de propos, plaçant au cœur de ses problématiques Imperator Furiosa, Charlize Theron furie blonde, femme forte tête, égale humanisée d’un Max, hardi Mel Bronson, au statut déjà acquis, fantôme de chair, ange vengeur d’un monde qu’il hante au gré de ses péripéties.

Deux personnages solitaires, dont la rédemption viendra d’une alliance de circonstances, faisant place plus tôt que trop tard à un respect des plus profonds. L’unité pour salut, et par là-même, celui de la Citadelle, dans le choc des corps et la (trans)fusion des êtres. Une course-poursuite aller-retour salvatrice, l’épique dehors, machines rutilantes de poussière mordantes, enveloppes de chair triomphantes.

Féministe ? Progressiste ? Profondément humaniste et optimiste, c’est sûr. Nos sociétés font preuve d’un cynisme déprimant, par bien des côtés régressif : Miller, lui, l’incisif, connaît la musique.

Sublimant ce fatras de rouille et d’os, de métal et de grosses cylindrées, le chef d’orchestre et son compositeur Tom Holkenborg donnent le la, mènent au score, et gagnent aux poings.

Cette symphonie apocalyptique, ce concert barré-rock, sous des atours de simple « actioner » parle aux sens et touche le cœur.

Un ballet éprouvant, dont on ressort rincé, épuisé par tel déluge pyro-sensible.

UneMadate dans l’histoire du Cinéma.

Un monumMaxent.



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