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Pour sauver le climat, il faut sortir du capitalisme !

Publié le 24 juillet 2015 par Blanchemanche
#climat #NPA
Mercredi 27 Mai 2015
Pour sauver le climat, il faut sortir du capitalisme !
Climat : ça urge !

Le réchau ffement est en marche. Sécheresses, inondations, tempêtes et ouragans, les événements climatiques extrêmes se multiplient. Ils frappent plus durement les populations les plus pauvres et les plus vulnérables, provoquent famines et épidémies et font déjà plusieurs dizaines de millions de réfugiéEs. Le dernier rapport du GIEC prévoit que la hausse de la température moyenne de la Terre pourrait atteindre 4,8 °C d’ici 2100 – estimation jugée optimiste par beaucoup d’experts. L’élévation du niveau des océans atteindrait presque 1 mètre, 10 % de la population mondiale serait touchée. L’utilisation massive des combustibles fossiles – charbon, pétrole, gaz – est la principale cause de l’élévation très rapide des concentrations atmosphériques en gaz à e ffet de serre (GES) qui provoque l’augmentation des températures. Il est encore possible d’empêcher la température moyenne de la Terre de s’élever de plus de 2 °C par rapport à la période préindustrielle. Mais pour cela, 80 % des réserves connues de combustibles fossiles devraient rester sous terre et ne jamais être exploitées. Or, ces réserves font partie des actifs des compagnies pétrolières et des États producteurs. Ne pas les exploiter signi fie la destruction pure et simple de la plus grande partie de ce capital. Inacceptable pour des capitalistes qui peuvent tout envisager sauf de renoncer à leurs pro fits. Dans un premier temps, ils ont purement et simplement nié la réalité du changement climatique et nancé massivement les « climato-sceptiques ». Aujourd’hui, ils mettent en avant les pires fausses solutions d’apprentis sorciers avec l’ingénierie du climat pour « refroidir » la Terre arti ficiellement tout en continuant à extraire toujours plus : gaz de schiste, sables bitumineux, nouveaux forages dans l’Arctique…

La déforestation, la suppression de terres cultivables et l’agriculture industrielle constituent la deuxième cause de GES et doivent donc aussi cesser immédiatement. 


Que font les « responsables » de ce monde ?

Le protocole de Kyoto et ses dispositifs centraux, la « Bourse des droits d’émission » et les « Mécanismes de développement propre » – tous fondés sur les règles du marché capitaliste – servent de prétexte à une gigantesque vague d’appropriation des ressources et n’ont fait qu’aggraver les risques environnementaux tout en approfondissant l’injustice sociale. Les industriels des pays riches, avec la complicité des gouvernements, ont fait du marché des droits à polluer un business lucratif. Les prétendues solutions « technologiques » comme l’énergie nucléaire, les agrocarburants, la géo-ingénierie, le « charbon propre », sont autant de mysti fications qui dérèglent encore plus les équilibres écologiques. Quant à la taxe carbone, qui s’attaque aux individus et non aux logiques de production, elle est non seulement socialement injuste mais écologiquement ineffi cace. Les élites dirigeantes capitalistes se montrent incapables de prendre des mesures à la hauteur du dé , car elles protègent d’abord les intérêts économiques de leur pays, avant de considérer les dangers dont certaines populations sont déjà victimes. Depuis le sommet de la terre à Rio en 1992, les émissions de GES n’ont fait qu’augmenter !

Que peut-on attendre des négociations à Paris ? 

La Conférence sur le climat – COP21 – se tiendra à Paris du 30 novembre au 12 décembre. Elle est déjà l’occasion de beaucoup de belles déclarations et d’une grande opération de communication du gouvernement. Mais que peut-il en sortir ? Il peut y avoir en décembre un accord dont les gouvernants se féliciteront, à commencer par Hollande qui compte mettre cet accord à l’actif de son quinquennat. En réalité, la négociation qui a commencé porte sur la manière de présenter de manière positive un mauvais accord et sur la manière de diluer la responsabilité des pollueurs du monde « développé » et des pays dits « en développement » ou émergents. Alors que la décennie qui vient est cruciale pour sauver le climat, le texte ne fixe aucun objectif pour 2030. D’ici là chaque pays fera ce qu’il veut. Alors que les pays les plus anciennement industrialisés portent une responsabilité historique, ils ne reconnaissent pas leur dette environnementale. Ils refusent toujours de financer les mesures indispensables pour répondre au défi climatique – sur les 100 milliards de $ par an promis en 2009 seulement 10 ont été versés. Et la question des réfugiés climatiques n’est même pas abordée. Alors qu’ils ont fait la preuve de leur inefficacité et de leur nocivité sociale, la porte sera ouverte à de nouveaux mécanismes de marché carbone. La  COP21 s’achemine vers un mauvais accord qui verrouillera l’avenir de la planète et de l’humanité avec des conséquences catastrophiques.


Faisons monter le niveau… de la mobilisation ! 

Il est illusoire de prétendre sauver le climat sans s’attaquer à ce qui le détraque : la soumission à la logique du profit et la marchandisation de toutes les activités humaines. La responsabilité des pays industrialisés est énorme. Face aux intérêts insatiables de quelques-uns, face à un modèle basé sur la prédation et le court terme, il est impératif que les habitants du monde se mobilisent pour sortir de l’emprise des multinationales et du système financier auxquels les gouvernements sont inféodés. Il ne faut pas compter sur les privilégiés qui sont à l’abri des dégâts sociaux et environnementaux pour répondre vraiment aux défis du dérèglement climatique. C’est à nous d’agir ! Le NPA s’inscrit dans la mobilisation pour « changer le système pas le climat » qui prépare la  COP21 avec de multiples initiatives. Cette mobilisation est indissociable des combats contre les grands projets inutiles et destructeurs imposés aux populations. Qu’ils concernent les transports comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les LGV ou le TAV Lyon-Turin, les autoroutes, l’agriculture avec ses fermes-usines, ses élevages industriels, ses barrages destinés à l’agriculture intensive, les Center Parcs et autres bétonnages, tous dégradent le climat. (http://www.npa2009.org/ecologie/cartes-des-gpii-du-npa). Elle rejoint la lutte contre la fracturation hydraulique et l’exploitation du gaz de schiste, ou pour la sortie du nucléaire civil et militaire. Elle s’appuie aussi sur les luttes en positif pour les transports collectifs gratuits ou en défense de l’agriculture paysanne et des circuits courts… Faisons converger nos luttes, avec  nos syndicats, associations, organisations politiques, car aucune mesure juste et efficace ne sera prise si elle n’est pas imposée par une forte mobilisation. Construisons un puissant mouvement avant, pendant, après la conférence de décembre 2015 pour changer le système et sauver le climat. Notre résistance est internationale et solidaire, contre l’extractivisme, contre les traités qui donnent tout le pouvoir aux multinationales, pour la souveraineté alimentaire...

Urgence climatique et justice sociale

Les politiques d’austérité sont imposées aux populations au nom de la compétitivité des entreprises qui soi-disant va ramener la croissance et avec elle le progrès social. Ces politiques provoquent reculs sociaux et destruction de la protection sociale, des services publics, des droits des salariéEs… Mais leur « retour de la croissance » est illusoire et serait catastrophique pour l’environnement et le climat. 

Il faut répondre en même temps à deux défis : réduire radicalement la consommation d’énergie tout en sortant au plus vite du nucléaire et en réalisant le passage à un système énergétique 100 % renouvelable d’ici 2050 et assurer l’accès aux biens et services fondamentaux (eau, énergie, alimentation, logement, santé, culture…) aux milliards d’hommes et de femmes qui vivent dans des conditions indignes et qui sont les premières victimes du dérèglement climatique. Il n’y a pas à choisir entre urgence climatique et justice sociale, c’est un seul et même combat contre le règne du capital.

 Sortir du capitalisme 

Le rôle des combustibles fossiles n’est qu’un aspect d’une question plus vaste. Le basculement climatique en cours est le produit direct du mode de production et de consommation imposé par le système capitaliste. Basé sur l’exploitation de la force de travail, le pillage et le gaspillage des ressources naturelles, ce système est structurellement productiviste. Mais la croissance infinie n’est pas possible dans un monde où les ressources naturelles ne sont pas infinies ! Pour réduire drastiquement les émissions d’ici 2050, il faut forcément réduire la consommation finale d’énergie donc réduire la production matérielle et les transports. C’est possible en satisfaisant les besoins et en augmentant le bien-être, si on supprime les productions inutiles et nuisibles, l’obsolescence programmée, les transports délirants dans le cadre de la mondialisation, etc. C’est possible tout en combattant le chômage et en créant les emplois socialement et écologiquement indispensables. C’est possible si on partage le travail, les richesses, les savoirs et les technologies… Mais cela ne se fera pas sans s’en prendre au capital, sans remettre en cause le capitalisme. Cela ne se fera pas non plus sans la démocratie dans et hors des entreprises pour décider, contrôler et planifier la production pour la satisfaction des besoins sociaux, dans le respect des limites écologiques.

  Écosocialisme ou barbarie

Une véritable révolution est nécessaire. Il faut tout changer ! Non seulement répartir de façon égalitaire le fruit de notre travail, mais aussi décider ce que nous produisons et comment nous le produisons, débarrasséEs du matraquage publicitaire et du gaspillage. Bref, il s’agit d’un changement de civilisation, de transition vers une nouvelle société, écosocialiste, fondée sur la solidarité et le respect de l’environnement. Une société où les grandes décisions d’aménagement, les priorités de la production et de la consommation ne seront plus prises par une poignée d’exploiteurs, de bureaucrates ou de pseudo-experts, guidés par le profit. La crise climatique donne une actualité brûlante à l’alternative « socialisme ou barbarie », un socialisme nécessairement internationaliste, un écosocialisme qui est un projet infiniment plus riche et plus enthousiasmant que la course aux profits qui détruit nos vies et dégrade le climat. 

 POUR UNE TRANSITION SOCIALE ET ÉCOLOGIQUE 

Ni nucléaire ni e et de serre :•Un plan qui combine la sortie urgente du nucléaire en moins de 10 ans, la sortie des énergies fossiles, et 100 % d’énergies renouvelables en 2050. En France, le potentiel de production électrique par des énergies renouvelables représente trois fois la demande d’électricité. 


L’énergie la plus propre est celle qui n’est pas consommée :
Sobriété et e fficacité énergétiques
 •Tout en refusant la précarité énergétique en rendant gratuits les premiers kWh indispensables. 
•Un plan de réhabilitation et d’isolation de l’existant, de construction par un service public de logements sobres et accessibles, la fin du chau ffage électrique. 
•L’arrêt des productions inutiles et dangereuses, dont l’armement, avec la reconversion des travailleurs de ces secteurs. 
•L’interdiction de la publicité énergivore et créatrice de faux besoins. 
•La fin de l’obsolescence programmée avec des produits durables, réparables et recyclables. Réduire les transports 
•Diminuer l’usage de la voiture : instaurer des transports en commun publics gratuits, en ville et dans les régions rurales, mettre fin à la déserti fication accélérée des territoires, aux regroupements d’activités en dehors des villes et rapprocher les lieux de production et de consommation… 
•Réduire le transport de marchandise qui repose sur le tout-camion, la déréglementation du transport en particulier maritime et la surexploitation des salariés, en localisant les productions, en supprimant le juste-à-temps et ses stocks roulants. 

Une agriculture agroécologique qui lutte contre le réchau ffement climatique 

•La mise au pas de l’agro-industrie, l’interdiction des intrants chimiques (engrais, pesticides, herbicides, fongicides...) en agriculture, sources très importantes d’émission de gaz à e et de serre, et la reconversion de l’agriculture en bio sur 10 ans. Pour reprendre la main, plani fier, décider et contrôler démocratiquement 
•Expropriation sans indemnité ni rachat des grands groupes à commencer par ceux du système bancaire et financier, de l’énergie. 
•Création d’un service public de l’énergie décentralisé sous le contrôle des travailleurs et usagers. 
•Création d’un monopole public du crédit permettant de décider et de contrôler les investissements, d’en finir avec les projets inutiles et destructeurs. En n et surtout, réduire radicalement le temps de travail, sans flexibilité ni intensi fication du travail, avec les embauches correspondantes a n de travailler toutes et tous, moins longtemps, moins durement, autrement, pour ne pas perdre sa vie à la gagner !
NPA

http://www.npa86.org/IMG/pdf/4p_ecologie_finale.pdf



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