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La première expérience Alfa Romeo d'un nord-américain

Publié le 27 juillet 2015 par Frédérique Barteau

Le site américain Petrolicious conte l'improbable voyage d'un nord-américain au volant d'un Spider 916, entre Canada et USA.

Découvrez vite la version française de son dépaysant et passionnant récit.

La première expérience Alfa Romeo d'un nord-américain

Pour me défendre de n'avoir jamais conduit une Alfa Romeo jusqu'à il y a quelques semaines, depuis le temps que j'ai mon permis, la marque avait fui le marché nord-américain comme un lévrier italien laissé dans le froid.

Excepté un Spider ou deux, une Milano, et une 164, ma ville natale n'était pas inondée de machines badgées du trèfle. Les performances de la compagnie en Formule 1 dans les années 80 étaient comme des aboiements, mais maintenant que nous avons le recul de l'histoire, il est clair qu'Alfa Romeo était bien entré dans un long déclin, au temps où j'ai soufflé l'unique bougie de mon premier gâteau d'anniversaire.

Il est aussi clair qu'Alfa Romeo signifie toujours quelque chose à un grand nombre d'amateurs, même si ses succès sont loin dans le passé, et que sa gamme moderne n'a pas suscité beaucoup d'éloges.

Je suis bien conscient de la folie d'agir en suivant les avis des autres, en particulier celui de Jeremy Clarkson, mais quand il a dit, quelques saisons en arrière dans Top Gear, que vous n'étiez pas un passionné tant que vous n'aviez pas possédé une Alfa Romeo, je prenais ses paroles à coeur.

Et alors que je n'avais pas encore la place pour en restaurer une (ou l'appétit pour approvisionner les pièces) ces dernières années, j'ai fait de mon mieux, pour au moins essayer et mieux comprendre le constructeur.

Cette quête a abouti à un bref et à peine planifié voyage menant de Toronto, Canada, à Philadelphia, USA, au volant d'un Spider Alfa Romeo emprunté pour l'occasion.

Même si vous pouvez dès à présent affirmer que j'ai pris la mauvaise voiture pour les mauvaises routes, pour les mauvaises raisons, on ne peut nier que j'ai à présent une nouvelle appréciation de la marque. Voici mon voyage en quatre étapes.

1, la destination, le musée Simeone, à Philadelphie, Pennsylvanie
La première expérience Alfa Romeo d'un nord-américain

Dès que j'ai commencé à regarder la collection Simeone sur le net, je savais que je devais la visiter. Mais ce ne fût qu'après des conversations avec son personnel que j'ai su que ce serait la destination idéale pour un pèlerinage Alfa Romeo.

Il y a plusieurs trésors dans le musée, mais pour les Alfistes, rien n'est comparable à la 8C 2900B MM Spyder, gagnante des Mille Miglia 1938, et souvent citée comme la plus grande voiture de sport d'avant-guerre. Comme exemple du passé de l'entreprise, c'est un véhicule remarquable, simplement sur le fait qu'elle était en avance sur son temps (Il existe même un livre sur cette exceptionnelle gamme d'Alfa Romeo de course, modestement titré "L'immortelle 2.9.").

Si j'avais à comprendre la marque, je devais examiner l'une de ses meilleurs autos. C'était la raison suffisante pour organiser le voyage.

2, L'itinéraire: Toronto, Canada, à Philadelphie, USA, via le poste frontalier du Rainbow Bridge (à proximité des Chutes du Niagara)
La première expérience Alfa Romeo d'un nord-américain

Ayant vécu à Toronto pendant une décennie, je suis bien conscient des problèmes de circulation de la région. Ceux-ci ayant été rendues encore plus prononcés à cause d'un départ tardif et de mon point de départ au nord de Toronto, à Vaughan.

La première expérience Alfa Romeo d'un nord-américain

Loin de la ville canadienne moderne idéale, les résidents de Vaughan luttent quotidiennement contre l'étalement urbain, des niveaux ridicules de trafic de banlieue, et les projets de construction (en particulier de mon point de départ sur la Highway 7) qui semblent ne jamais finir.

3, L'auto : Un Spider Alfa Romeo 2.0 Twin Spark de 1998... importé du Japon

Je pensais que le modèle d'Alfa Romeo que je conduirais pendant mon week-end d'escapade n'avait pas d'importance, à condition que ce soit l'un des plus sportifs de la marque.

Etant donné que les canadiens ne soient uniquement autorisés à importer des véhicules qu'après seulement 15 ans, j'ai contacté Right Drive, l'un des plus gros et réputés importateurs du pays.

4, La conduite

Right Drive soutenait étrangement mon idée, et m'a vite offert une auto.

Cependant, pour passer la frontière, elle devait être immatriculée, et c'est là que mes plans ont commencé à glisser.

Après avoir inspecté l'auto pour assurer qu'elle survivrait au voyage, l'équipe de Right Drive a installé les plaques d'immatriculation, un processus qui a pris bien plus de temps qu'on aurait pu le penser, repoussant mon départ prévu à 9h00 à l'après-midi. Google Maps estimait le temps de trajet à 8h porte à porte, mais au moment où je venais de passer le frontière US, je commençais à rencontrer le trafic d'heures de pointe à Buffalo.

La première expérience Alfa Romeo d'un nord-américain

La première expérience Alfa Romeo d'un nord-américain

Je commençais aussi à détester la voiture.

Je suis bien conscient qu'il y a peu de d'opportunités d'effectuer de longs voyages à des vitesses extralégales au Japon, mais il semblait que c'était une première pour cette voiture.

Je suis aussi conscient que le marché de la seconde monte est tellement permissif dans ce pays que même les Alfa Romeo n'échappent rarement aux modifications.

Cet exemplaire a un volant criard et inconfortable (tuning), de laids couvre-pédales seconde monte, un levier de vitesse seconde monte branlant, une suspension assez rabaissée pour lui donner un look sympa, mais aussi pour passer les ralentisseurs, et quelques stickers ridicules, comme l'un d'eux, "Team Latino".

Vous pouvez penser que ce Spider n'était pas l'auto idéale pour s'immerger dans un week-end Alfa Romeo, mais à son lancement en 1995, la firme l'annonçait comme la renaissance des autos sportives sur laquelle la société a forgé sa réputation.

Et à bien des égards, les magazines ont attribué un certain nombre de récompenses au coupé GTV et au découvrable Spider, y compris le prix de la voiture de l'année 1995 pour Autocar, et de "Best Designed Car" pour le magazine Car.

Ses lignes inspirées et adroites signées Pininfarina sont toujours actuelles, mais son intérieur, où je devais passer mon temps l'était moins. Principalement à cause de ces modifications de seconde monte (tuning), mais aussi à cause d'un certain nombre de bizarreries qui ont rapidement ébranlé ma foi envers cette voiture d'à présent 17 ans.

Ses pare-soleils, par exemple sont aussi larges qu'un cigare robusto, et le rétroviseur côté conducteur est à peine plus grand qu'un Dollar. Son système de capote manuel requiert à la fois de la prudence au pliage, et une poussée ferme à la fin pour le maintenir en place, surtout en verrouillant les bras arrière dans leur couvre-capote peint.

Plus d'une fois j'ai dû m'arrêter sur le bas-côté et aligner soigneusement le mécanisme, avant d'utiliser mon poids pour le fixer, et réaliser quelques minutes plus tard que c'était le tour de l'autre côté.

Une partie de ceci est due au fait que Right Drive n'a pas encore révisé l'auto comme ils en ont l'habitude, compte-tenu des délais impliqués, et que cette italienne de 17 ans et a traversé à deux reprises les océans.

Mon premier arrêt pour le repas et plein carburant à un Subway rural, mitoyen à une station service, près de Warsaw, état de New York était une pause bienvenue, et avec l'aide de la technologie moderne, la première occasion que j'avais de tenir ma femme au courant de mon embarrassant et lent progrès. "Il est 18h, et il me reste 5h avant d'arriver", ai-je envoyé par SMS. "Je ne suis pas impatient d'y être", ai-je ajouté.

La première expérience Alfa Romeo d'un nord-américain

Parce que j'ai le teint de peau de riz non cuit, et qu'il y avait quelques nuages dans le ciel, jusqu'à maintenant, j'ai conduit capoté, appréciant la climatisation scandaleusement bonne de l'auto, tout en maudissant un peu tout le reste.

Avec le soleil tombant, je décidai cependant d'effectuer la suite de mon trajet vers Philadelphie décapoté, en espérant que la météo resterait belle, comme la lumière du soir traversant les arbres à la douce odeur, qui embrassent l'Interstate 390 menant à la highway "Pennsylvania Turnpike".

Le réservoir franchement énorme de 18 gallons (70 litres!) et la surprenante sobriété signifiaient que j'arriverai à Philadelphie tard dans la nuit avec seulement un arrêt carburant sur mon trajet de 500 miles (800km).

Son moteur a répondu immédiatement à l'essence fraîche et j'ai finalement senti, comme j'avais imaginé ses prétendus 150ch sous mon pied droit. Ce n'est pas un véhicule rapide ou léger, mais avec les changements d'altitude et les virages fréquents, qui sont le produit de la topographie apalachienne, il était facile de maintenir le Spider à fredonner à, ou au dessus de 85 mph (137 km/h).

Tout semblait aller mieux. L'intérieur triste a donné place à un ensemble de sportives jauges vertes, l'obscurité cachant le reste. Le moteur savourait clairement les températures plus fraîches, et avec la climatisation coupée, il était rapide à répondre à mes fréquentes sollicitations et rétrogradages en 4éme.

La remise de gaz à travers les nombreuses courbes à haute vitesse de la région a révélé un châssis qui, tout en souffrant sans doute de la masse et de la rigidité inférieure d'un cabriolet, a été à la hauteur de toutes les vitesses que je lui imposait.

Qui plus est, j'ai d'une manière ou d'une autre perdu la notion des deux heures passées à enchaîner virage après virage, exigeant ma pleine attention, espacés de lignes droites, une invitation à admirer la beauté naturelle des états à travers lesquels le Spider et moi, volions.

Ses défauts disparures et elle m'a donné la confiance nécessaire pour tordre le coup aux idées reçues, sur des routes inconnues.

S'il y a quelque chose d'uniquement Alfa Romeo, ce doit être cet atout, que j'ai rencontré beaucoup trop rarement lors d'essais de voitures de sport.

Quelque-chose que je ne pouvais seulement comprendre qu'après une journée passée à son volant, est que cette expérience est une analogie à Alfa Romeo elle-même: Elle est loin de ses gloires passées, loin d'être parfaite, et difficile à aimer. Elle n'a pas de réelle raison d'être ici, vraiment, et a des difficultés à répondre aux attentes des automobilistes modernes.

Mais à travers tout cela, il y a un éclat de Mille Miglia dans son caractère. Il y a un esprit à l'intérieur d'elle, quelque part, qui récompense ceux qui sont prêts à aller plus loin, ceux qui sont prêts à se concentrer sur le voyage à venir, et ceux qui sont prêts à faire confiance que l'Alfa Romeo délivrera son héritage sportif.

Aussi, je pense que c'est la raison pour laquelle nous convoitons toujours une marque qui a passé son âge d'or.

Ce jour là, la petite Alfa Romeo et moi avons dansé en ne faisant qu'un. Je ne comprends toujours pas comment cette voiture a atteint mon cœur, mais elle l'a fait. Et c'est une expérience que je sais que je vais chercher à reproduire pendant les années à venir.

La première expérience Alfa Romeo d'un nord-américain

Via Petrolicious.

http://www.petrolicious.com/my-first-ever-alfa-romeo-experience


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