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cabotage à Concarneau aux siècles passés...(suite 2)

Publié le 27 juillet 2015 par Anh2

Marchandises déchargées

Quand la sardine reste au coeur des négociations:

Le journal Le Finistère (n° 604 du 2 novembre 1887) dresse un état de la pêche de la sardine cent ans auparavant. Avec un nombre croissant de chaloupes les besoins commerciaux sont exponentiels. De Douarnenez à Concarneau l'approvisionnement en rogue est devenu un négoce juteux.

"Il parait que l'usage était à concarneau d'arroser de quelques rasades les marchés conclus entre négociants et matelots. Personne n'y avait vu malice, et la sardine n'en était pas plus mauvaise pour cela.
Le solennel Parlement, gardien de la moralité publique, fut d'un autre avis. L'occasion lui fut bonne pour réprimer cette indécente habitude et donner une leçon de sobriété aux Concarnois.
De par son arrêt, défense fut faite à tout propriétaire de presses saleurs marchands de rogue, de payer à boire aux maître de chaloupes, matelots et pêcheurs, cidre, vins ou eau-de-vie, sous peine de 500 livres d'amende au profit de l'hôpital de Concarneau. (..)
car l'arrêt prenait soin d'ajouter qu'elle aurait son application "depuis l'Ile-Tudy exclusivement jusqu'à la rivière de Pont-Aven exclusivement."

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passée la rivière de la Teïr, dont l'embouchure sépare l'ile Tudy de Loctudy vous pourrez sans encombre parcourir l'exposition "Cabotage: une bouteille à la mer"

mais laissons de côté les breuvages qui font des hommes ces pauvres pêcheurs pour revenir à la substance qui attire tant la sardine, la rogue, gonades femelles de certaines espèces de poissons se présentant sous la forme de poche d’œufs de couleur variable.

Oppien de Corycos (IIe siècle après JC) préconisait déjà dans Halieutika, un poème en vers de cinq chants (deux décrivant les poissons, trois sur l'art de la pêche) d’en faire une pâte dans laquelle entraient des lentilles et du vin parfumé de Myrthe. Le Grec Léonidas suggéra d’y ajouter des feuilles de bettes car l’odeur plait beaucoup !

Plus tard bien plus tard à Belle-Ile on l’appela menue et à la Turballe c’était l’affaire des femmes qui recevaient une part de la vente du poisson. Puis on utilisa la Gueldre, Guidile ou guidilve, une pâte pillée de crevettes, de petits crabes et d’alevins de poissons.

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Devant un tel attrait la sardine gourmande avait peu de chance d’échapper aux mailles des filets. Pour anecdote c'est dans l'art culinaire que l'on déguste en Asie ces pâtes de crevettes, le mắm tôm chez les vietnamiens, le terasi en Indonésie et autres appellations en Birmanie ou aux Philippines. Une petite cuillerée de krill fermenté séché et compacté exhauste le goût d'un curry bien épicé ! les sardines auraient-elles les papilles asiatiques ?

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Avril 1728 le Roi louis XV intervient et porte à la connaissance de la population maritime « Faisons défense aux pêcheurs avec quelques sortes de filets de pêcher aucun frai de poisson connus sous le nom de Blanchemélie, menusse, saumonelle, guildre, manne, semence, il est néanmoins permis d’employer de la résure, ou la rave pourvu qu’elle soit de bonne qualité » . Chez nous c’était la boette.

Puis vint le temps de la rogue norvégienne et tout changea à Concarneau !

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Débarquement des barils de rogue en provenance de Norvège (archives municipales).

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Déchargement de barils de rogue sur le quai Pénéroff. (C.P. Nozais Nantes)

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La charrette à barils de rogue de la Coopérative des Pêcheurs en Ville-Close. Réalisée pour épouser la forme du baril et faciliter la manutention. Un baril de rogue pesait 45/48 kilos (doc Jean Michel Robert).

(à suivre...)


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