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La place des petites filles dans la mode. Belle à quelle âge ?

Publié le 28 juillet 2015 par Pascal Iakovou @luxsure

Les pages modes qui dérangent : petite fille et talons hauts, petites filles aux attitudes d’adultes, l’ère des lolitas…

Lolita, Stanley Kubrick

Lolita, Stanley Kubrick

Depuis quelques années les débats font rage autour de l’hypersexualisation des jeunes filles : organisation de concours de miss, faux bronzage, trop de maquillage, robe trop courte. Hormis les problèmes liés aux concours – compétitions qui mettent l’accent sur des valeurs physiques- le rapport de la mode à la jeunesse joue également avec les frontières et les troubles.

Souvent pris comme argument pour se défendre du peu de morale des concours de mini-miss, les organisateurs rappellent que les pages des plus grands magazines exposent de jeunes filles d’ à peine 16 ans et que personne ne trouve rien à redire. Cela n’est pas totalement vrai: l’âge des mannequins est depuis toujours un sujet discuté et qui donne lieu à des prises de positions de la part de divers professionnels de la mode.

Les tendances dans les mannequins ne sont jamais les mêmes. Tour à tour des visages aux traits durs, ou aux traits juvéniles sont recherchés par les agences ; mais il est vrai qu’une carrière de mannequin débute jeune et parfois même très jeune, trop jeune ?

Vogue s’est engagé, en 2012, à ne faire appel dans ses pages, qu’à des mannequins de plus de 16 ans. La même règle s’applique pour les défilés. Pourtant Lily Rose Deep vient d’être shootée par Karl Lagarfeld pour la dernière campagne Chanel, et des mannequins comme Stella lucia, 15 ans , sont les nouvelles muses des créateurs.

Lily Rose Depp

Lily Rose Depp

« Muse », le mot n’est pas sans importance. La mode est un art. Elle n’est pas là pour regarder les âges,  la couleur de peau ou le sexe et se faire étendard de valeurs morales. Elle s’inspire de muses dont les beautés répondent aux canons du moment. Ce n’est pas un moyen de dédouaner cet univers, mais rappeler qu’il se dédie à des fonctions artistiques, appel aux rêves tout en étant pris dans les aléas de son époque et dans les rouages commerciaux. Quel positionnement pour les magazines ?

Cas d’école:

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Vogue numéro décembre / janvier 2011. Le glas de Carine Roitfield. Des photos qui font polémiques. Pour la rubrique cadeaux , des jeunes fille sont habillées en robes du soir, chaussures à talon et maquillée. Rien de leur âge ? Revenons sur la phrase précédente : « des jeunes filles sont habillées », et si on remplaçait par déguiser. Le numéro était un spécial Noël. Et qu’est-ce que cette fête sinon le rappel de l’enfance, l’impatience de la découverte des cadeaux , un onirisme , une magie qui ramène à l’enfance des souvenirs. Se laisser encore enivrer par les paillettes, rêver de parures, enfiler les talons de maman, et essayer de se maquiller « comme les grands » . Des jeux d’enfants qui n’ont rien de glauque ou choquant. Rien de malsain …

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Tout en ayant une déontologie, il ne faut pas faire de la mode ce qu’elle n’est pas : un détracteur qui pousse au « jeunisme » et à l’hypersexualisation des jeunes filles. Prises dans des rouages beaucoup plus larges, la mode se fait l’expression de tendances et de ce qui anime son époque. Un élément qui nous renvoie aux valeurs de la sociétés actuelles. Si les concours de mini-miss tentent de s’infiltrer en France, si les grandes surfaces vendent des escarpins taille 33 doit-on incriminer la mode ?

Sans fermer les yeux sur l’influence de cet univers dans notre quotidien, il reste toutefois à mesurer. Les mini-miss sur-bronzer du fin fond de l’Arizona n’ont sûrement pas vu les édito de Carine Roitfeld, les muses de Ricardo Tisci ou les photographies de Sally Mann… Pas d’amalgames entre vulgaire et art, attention aux amalgames …

Mini-miss Monde
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Autant de questions dont les réponses ne sont pas uniques, et sont loin d’être évidentes. Le rôle de la mode ? Je m’en tiendrais à faire rêver et proposer le meilleur, un savoir faire d’exceptions et de prestige : bousculer le morose du quotidien.


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