Magazine Sport

Sentier International des Appalaches, Québec, Gaspésie : un debut Into the Wild!

Publié le 06 août 2015 par Sylvainbazin

Ma première journée sur le Sia fut plus que mouvementée. Tout juste sortie du bus du nuit qui m'a emmené jusqu'à Matane, je rencontre Éric Chouinard, le directeur du chemin qui m'attend là.
Nous prenons un bon petit déjeuner dans un hôtel des environs avant de nous rendre à son bureau, où nous étudions cartes et possibilités d'organisation. Finalement, le planning d'Eric lui permet de venir à ma rencontre sur plusieurs points et cela semble jouable, en terme de ravitaillement de parcourir les zones les plus sauvages (et réputées les plus belles) du parcours. Nous fixons un planning prévisionnel qui me permet d'envisager une vingtaine de jours de randonnée à haute intensité : le parcours, notamment le début, semble effectivement très difficile.
Mon téléphone ne perçoit plus aucun reseau depuis mon arrivée en Gaspésie. Nous allons dans un magasin de téléphonie pour l'acquisition d'une carte locale car le réseau ici semble particulier. Hélas aucun de mes deux téléphones n'obtient de signal avec cette nouvelle carte. Cela m'embete pas mal, d'une part pour donner des nouvelles à ma jolie bretonne et à mes parents, d'autre part pour pouvoir joindre Éric pendant ma marche.
Éric et une collaboratrice m'emmenent ensuite jusqu'à Matapédia.  Je peux découvrir des paysages impressionnants par la densité forestière, forêts bordées de belles rivieres. Mais je somnole aussi un peu: le décalage, la nuit en bus en prime, je suis un peu cuit.
Pourtant, lorsque mes nouveaux amis me quitte au départ du sentier, un peu en hauteur de la ville, je décide, n'étant pas très inspiré par le petit abris qui se trouve là, de démarrer ma longue randonnée canadienne. L'objectif est d'atteindre le premier refuge, situé tout de même à 16.5 kms de là.
Et pas 16.5 kilomètres faciles! Le sentier, qui est souvent une trace au coeur de la forêt, décrit de fortes montées, suivies par de fortes descentes. L'orage de l'après-midi a rendu le terrain glissant et je dois être très vigilant. C'est souvent assez raide. La foret me rappelle certes un peu celles de mon enfance, mais puissance douze en terme de densité et de sauvagerie. C'est un peu l'enfer vert aussi.
Le décor est impressionnant mais avancer ainsi à couvert est aussi un peu oppressant, surtout que le sentier n'est pas large et se faufile entre les arbres, qu'ils faut parfois aussi contourner car pas mal d'arbres couches complique le passage. Vous l'aurez compris cela me plonge immédiatement dans la "wilderness" et ce n'est pas roulant. Au premier carrefour avec une route, je constate que je n'ai parcouru que 5.5 kilomètres en plus d'une heure et demi!
J'ai beau essayer d'aller vite, car maintenant le temps presse pour arriver avant la nuit, le sentier demande vigilance et n'est toujours pas facile.
C'est seulement après les spectaculaire chutes d'eau de que je trouve un sentier mieux aménagé puis une piste qui me permettent d'aller un peu plus vite. Mais le soir tombe.
Alors que je me demande si je ne vais pas planter la tente dans une prairie, car la nuit d'avance et le village est encore à 5 kms, je vois une forme ronde se mouvoir devant moi: je pense que c'est un ours!
La forme s'arrête... Je fais demi-tour avant d'être trop près et regagne le village par la piste parallèle au sentier. Il fait bien nuit quand je l'atteint. Petit village au creux de la forêt immense, quelque maisons parfois cossues.
Je dois encore trouver le refuge: pas facile car ma lampe frontale n'éclaire plus rien et mon téléphone pâlie ce manque avec une puissance relative!
Je fais une stupide erreur d'orientation, due aussi à la façon différente d'indiquer les routes ici, qui me fait errer une heure de plus... La fatigue, accumulée depuis mon départ de Paris sans un endroit confortable pour me poser, n'arrange rien.
Je trouve enfin le refuge, dine rapidement de mes provisions, qui devront me suffire jusqu'à après-demain, et me couche sur la seule couchette qui possède encore un matelas. Ma première cabane au Canada est effectivement blottie au fond des bois.
Quand j'en sors, plutôt tôt le matin (décalage horaire oblige je pense je me suis tout de même réveillé tôt), deux gros lièvre se tiennent sur le chemin devant la cabane. Je prends un peu de temps pour me mettre quelque chose dans le ventre, et me voilà reparti.
Si il y a encore quelques maisons isolées sur les premiers hectomètres du chemin, je me retrouve vite en pleine nature. Le sentier qui mène au gîte du corbeau en ressort par un Canyon qui est réputé difficile. Constatant l'etat du sentier et au vu de l'eau laissée par l'orage de la veille, au vu de ma forme plutôt moyenne aussi, je décide de contourner par les pistes. Étant seul, sans moyen de prévenir qui que ce soit à cause de ce défaut de réseau, je ne le sens pas trop pour aujourd'hui.
Néanmoins, ma randonnée du jour sera des plus physiques. D'abord parce que j'ai finalement un peu de mal à retrouver l'intersection du sentier et que j'ajoute ainsi un ou deux kilomètres, ensuite parce que le profil est très vallonné. Il fait chaud et humide aussi. Je suis assez fatigué lorsque je retrouve le sentier. Il est encore plutôt technique par endroits, mais dans l'ensemble un tantinet moins qu'hier, même si il se résumé parfois à une simple trace au milieu des bois. Les bois, qui restent le décor essentiel de cette journée dans la wilderness canadienne, sont encore denses. Plutôt beaux aussi, notamment lorsque quelques échappées me laissent admirer un panorama qui semble totalement sauvage.
Je rejoins les bords de la rivière Assematquagam, que je longe jusqu'au refuge du quartz. Cette simple cabane de chasseur, à l'abris de la civilisation, sera mon auberge pour la nuit. J'y parviens assez tôt, mais au vu de la difficulté du parcours et de ma fatigue, je décidé d'y recharger mes batteries avant d'attaquer assez tôt le lendemain, pour rejoindre la ville de Causapscal.

Sentier International des Appalaches, Québec, Gaspésie : un debut Into the Wild! Sentier International des Appalaches, Québec, Gaspésie : un debut Into the Wild! Sentier International des Appalaches, Québec, Gaspésie : un debut Into the Wild! Sentier International des Appalaches, Québec, Gaspésie : un debut Into the Wild! Sentier International des Appalaches, Québec, Gaspésie : un debut Into the Wild!

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Sylvainbazin 13085 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines