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Boris Bidjan Saberi, printemps été 2016

Publié le 17 août 2015 par Pascal Iakovou @luxsure

Hybrides, croisements, déplacements et recompositions semblent être les maîtres mots de la nouvelle saison de Boris Bidjan Saberi. Pour sa collection Printemps Eté 2016, le designer pour- suit avec ludisme et intelligence une quête récurrente autour des qualités fonctionnelles de son vestiaire de prédilection, une garde robe aux influences streetwear prédominantes.
Équilibre subtil de coupe tailleur et de travail du flou, qui souligne un regard contemporain mêlé à une maîtrise et à un goût pour les savoir-faire artisanaux, les silhouettes de la saison croisent deux univers distincts. Ouvriers en vêtements de travail se muent en explorateurs de fonds marins, un métissage de deux vestiaires aux nécessités fonctionnelles propres qui, de par cette hybridation, révèlent la véritable obsession du créateur, celle de l’étude et de la compréhension du corps en tant que support, base fondamentale légitimant ses créations.
Les découpes anatomiques qui ont jalonnées ses collections au fil des saisons et qui ont parti- cipées à l’affirmation d’une esthétique propre à la maison Saberi, se voient redessinées suivant le modèle initale des néoprènes et autres combinaisons sous-marines. Loin du souci originel visant à flatter le galbe de son usager, ces jeux de coutures, ici points de départ et prétextes à une étude du patronage, élèvent le créateur de mode au rang d’alchimiste.
Les silhouettes sont parcourues par ces découpes aussi surprenantes que minutieuses, révélant après inspection, un puzzle de textures et de trames, qui soulignent l’attention de la maison portée aux détails. Si l’anatomie est au coeur du travail de coupe de Boris Bidjan Saberi, ses matières elles aussi se veulent organiques. Les chemises de popeline, une fois revêtues, crissent suivant les mouve- ments du corps, les cotons ont la main râpeuse, les vestes en cuir aux tannages végétaux entrainent dans un voyage olfactif inattendu. Le même soin est conféré aux intérieurs qui, parés de traitements expérimentaux et de finitions mains – signatures saberiennes – mettent en évidence la fonction- nalité de vestes et gilets aux doublures rétractables et amovibles pour la saison.
Le jeu des matières se déploie à travers des pièces fortes et emblématiques ; terrestres ou aqua- tiques, les bleus de travail et combinaisons sont déclinés en une gamme colorée plutôt inusuelle chez le créateur. Le noir, dont Saberi n’a eu de cesse de souligner la virtuosité à révéler la coupe, se laisse côtoyer par des bleus “nucléaires” et une variation de gris et de blancs cassés. Une palette audacieuse qui n’en dessert pas moins la main experte du créateur.
Aux couleurs évocatrices, les silhouettes de ces aquanautes contemporains sont complétées d’ap- parats tout aussi référencés ; sac-armures protecteurs, bottes lacées aux semelles accrocheuses – inspirées des antiques chaussures de scaphandriers – assurent à cette armée hybride un itinéraire balisé de ressources fonctionnelles.
A nouveau, Saberi surprend par sa créativité, se réappropriant des univers qui, s’ils ont été maintes fois explorés, révèlent sous la main experte et l’oeil aiguisé du créateur toute leur ingéniosité, réaffirmant, par là même, la signature et la maturité créative de la maison Boris Bidjan Saberi.


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