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De Rio 2016 à Paris 2024 : et si les écolos pouvaient sauver les JO ?

Publié le 19 août 2015 par Blanchemanche
#JO #Brésil #France #Pollutions
 / 19.08.2015 / De Rio 2016 à Paris 2024 : et si les écolos pouvaient sauver les JO ?La baie de Rio fait la une des médias après l’intoxication de 70 personnes durant un championnat d’aviron. Le plan d’eau, qui doit accueillir les Jeux olympiques d’été dans un an, présenterait un risque sanitaire pour les athlètes, ceci à cause de sa pollution. Si du côté du CIO, une remise en question s’impose, les yeux se tournent vers Paris. La capitale, candidate à l’organisation des JO 2024, n’a en effet pas encore choisi le site qui organisera les épreuves nautiques si elle est sélectionnée. Une décision plus primordiale que jamais alors que les plans d’eau de certains candidats présentent d’ores et déjà des taux de pollution inquiétant.

Le naufrage des épreuves nautiques de Rio 

A un an de l’ouverture des Jeux olympiques 2016, la pollution des eaux de la ville de Rio, l’hôte de la compétition, fait couler beaucoup d’encre. Et pour cause. La baie de Guanabara, qui doit accueillir les épreuves nautiques, n’héberge pour le moment que détritus et excréments. Un constat connu de tous depuis plusieurs années, qui a pris une tout autre ampleur le weekend du 11 août alors que la baie de Rio accueillait un championnat international junior d’aviron. Considérée comme une répétition générale des JO 2016, la compétition a rapidement tourné en eau de boudin et 70 personnes dont 4 entraîneurs et 11 athlètes sont tombés malades.
Si les organisateurs de l’évènement rejettent catégoriquement la thèse selon laquelle la mauvaise qualité de l’eau serait responsable de cette épidémie, pour l’Organisation mondiale de la santé, la baie de Rio représente bel et bien un risque sanitaire. En cause pour l’OMS : la présence d’Escherichia coli, une bactérie intestinale pouvant entraîner, lorsqu’elle est ingérée, des gastro-entérites, infections urinaires et méningites, voire dans certains cas, une septicémie (infection du sang).

Un désastre annoncé

La 4 août dernier, plusieurs yachts et bateaux de pêche étaient réunis dans la baie de Rio pour dénoncer cette pollution, qui dure depuis des années déjà. Selon eux, alors que plus de 65 % des déchets et des eaux usées de la ville de Rio sont déversés dans la baie, celle-ci accueille entre 80 et 100 millions de détritus par jour. Un véritable tout-à-l’égout à ciel ouvert, pointé régulièrement du doigt depuis 2009, qui inquiète les 14 000 athlètes qui disputeront en 2016 les épreuves de voile, de planche à voile et de triathlon.Il y a un an déjà, le responsable des compétitions à la Fédération internationale de Voile, Alastair Fox, s’inquiétait de l’état de la baie de Rio après avoir assisté à une compétition de voile dans la ville : « les bateaux ont heurté tout type d’objets (…) il y avait des canapés, des portes, un chien mort », déclarait-il abasourdi. En décembre 2014, des chercheurs ont également tenté d’alerter l’opinion publique après avoir trouvé dans les eaux brésiliennes des bactéries résistantes à la plupart des antibiotiques.

L’environnement : le grand oublié des JO

Le CIO pouvait-il prédire cette catastrophe en 2009 alors qu’il devait choisir la ville qui accueillerait les JO 2016 ? L’interrogation est légitime alors que les questions environnementales sont rarement abordées par les candidats et la réponse est claire : oui. Rappelons que de 1978 à 2012, la baie de Rio a accueilli les surplus d’une des plus grandes décharges du monde située à Jardim Gramacho. Autrefois limpide, le plan d’eau de la ville brésilienne a accueilli pendant 34 ans des tonnes et des tonnes d’ordures. Un phénomène largement décrié par de nombreux écologistes brésiliens au fil des années.Un nombre incalculable de rejet de déchets, un trafic polluant, un manque de station d’épuration depuis des années, etc. Les organisateurs du dossier olympique brésilien n’ignoraient aucune de ces catastrophes écologiques quand ils se sont portés candidats à l’organisation de JO 2016. Et pour remporter la victoire, ils n’ont pas hésité à promettre « une baie de Guanabara propre à 80 % » à l’ouverture des JO. L’engagement a convaincu les responsables du CIO, qui se rendent probablement compte aujourd’hui qu’il était en fait impossible à tenir et que lorsqu’il s’agit d’évènement aussi important que les Jeux olympiques, il vaut parfois mieux prévenir que guérir. Une leçon cruciale pour le CIO, mais également pour les villes candidates à l’organisation des Jeux olympiques 2024, notamment Paris, qui n’a pas encore choisi le site qui accueillera les épreuves nautiques.

Paris 2024 : mieux vaut prévenir que guérir

Le 8 septembre prochain, le Comité Ambition Olympique et Paralympique annoncera qui des 6 sites candidats (Marseille, La Rochelle, le Morbihan, Hyères, Brest et Le Havre) aura l’honneur d’accompagner Paris dans sa course olympique et organisera, peut-être, les épreuves nautiques des JO 2024. Une décision primordiale qui, aujourd’hui tout particulièrement, se doit d’être prise avec la plus grande des précautions. Si les six sites candidats remplissent tous plus ou moins les critères sportifs et économiques pour être choisis, ils ne sont pas tous égaux face à l’environnement, certains représentant même un risque sanitaire.Marseille propose par exemple la côte d’azur pour les épreuves de voiles. Un site charmant au premier abord, qui a tout de même été le témoin d’une épidémie de gastro-entérite le 21 juin dernier. Alors que plus de 8 400 personnes participaient à un parcours du combattant comprenant un chemin dans une eau boueuse provenant de la côte, 580 personnes ont été frappées par des symptômes de gastro-entérite. Plus récemment, l’ONG Sea Shepperd, a dénoncé dans une vidéo la pollution des eaux de Marseille. Chaises, poubelles, chaussures, bouteilles de pastis, etc. Marseille aurait finalement plus de points communs qu’on pourrait le penser avec Rio.La ville méditerranéenne n’est pas la seule à inquiéter. Depuis le 31 juillet dernier, la baignade est interdite à Aytré, une plage proche de La Rochelle. En cause : l’eau contiendrait des bactéries intestinales, les mêmes que celles qui ont été relevées dans la baie de Rio. Si jusqu’ici, la ville de Charente-Maritime se voyait simplement reproché son plan d’eau parfois marron et peu télégénique, le risque sanitaire pour les athlètes apparaît aujourd’hui beaucoup plus inquiétant. Brest et Le Havre de leur côté souffrent de leurs très forts trafics maritimes dont la qualité de leur plan d’eau pâti.Finalement, si La Rochelle et Marseille, jusqu’ici parmi les trois favoris, ainsi que Brest et Le Havre voient probablement d’un mauvais œil l’attention portée par l’actualité brésilienne sur la pollution des eaux, d’autres candidats doivent, eux, nager en plein bonheur. C’est notamment le cas du Morbihan qui, depuis le dépôt de sa candidature, concentre une grande partie de sa campagne à son emprunte écologique. L’absence de grandes villes à proximité du site pourrait même finir par être un atout.Rome, Hambourg, ou encore Budapest, les concurrents de Paris pour l’organisation des Jeux olympiques d’été 2024 disposent tous de dossiers solides et semblent tout autant armés pour gagner que la capitale française. Celle-ci doit aujourd’hui se démarquer et quoi de mieux, au vu de l’actualité, que de proposer des Jeux olympiques durables, respectueux des questions environnementales et de la santé des athlètes. Voilà qui apparaît comme une évidence et qui n’a pourtant encore jamais été fait.http://www.greenetvert.fr/2015/08/19/de-rio-2016-a-paris-2024-et-si-les-ecolos-pouvaient-sauver-les-jo/82747

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