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Régionales : "Un rendez-vous central pour les écologistes"

Publié le 19 août 2015 par Blanchemanche
#Régionales #YannickJadot #EELV #ecologie

Le député européen Yannick Jadot souligne l'importance des élections à venir pour le maintien d'une dynamique écologiste.

Publié le 19/08/2015 
Régionales rendez-vous central pour écologistes
Yannick Jadot : "évitons la surenchère du Parti de Gauche qui fait des socialistes les sociaux-traîtres par excellence."© AFP ERIC CABANIS
Demain jeudi 20 août démarrent à Lille les trois "Journées d'été" d'Europe Ecologie Les Verts, dans un contexte de forte tension entre les partisans d'une participation au gouvernement et ceux qui ne veulent plus entendre parler du PS. Coprésidente du groupe EELV à l'Assemblée, Barbaba Pompili n'exclut d'ailleurs pas l'hypothèse d'une scission entre les deux tendances. Le sentiment de Yannick Jadot, député européen depuis 2009 :
Sud Ouest. Le mouvement a-t-il encore une unité ?Yannick Jadot. EELV retrouve une unité à travers la campagne des élections régionales (NDLR : 6 et 13 décembre), un rendez-vous central pour les écologistes. C'est au niveau des régions que s'articulent de manière privilégiée des problématiques globales comme le réchauffement climatique et des solutions locales telles que la rénovation thermique des bâtiments, l'agriculture de proximité ou encore le développement des énergies renouvelables avec des PME qui s'installent sur les territoires. EELV est un parti fédéraliste qui entretient une forte culture régionaliste. On parle souvent de nos députés mais de nombreux cadres agissent d'abord dans les régions au niveau des exécutifs, ils ont des vice-présidences et ils agissent concrètement sur l'agriculture, l'environnement comme les transports. Tous les écolos ont conscience qu'ils doivent se rassembler en vue de cette échéance des régionales.Le parti est tiraillé entre les partisans d'une alliance avec le Front de Gauche et ceux qui auraient voulu partir avec le PS. Votre analyse ?C'est aux militants sur le terrain de décider en fonction des circonstances régionales. Mais on voit se dessiner une stratégie d'ensemble qui est celle de « l'autonomie ouverte ». Il ne s'agit pas pour nous de choisir entre le PS et le Front de Gauche. On doit se diriger vers des têtes de liste écologistes avec une ouverture citoyenne qui peut s'accommoder d'alliances avec d'autres représentants de la gauche, qu'ils soient du Parti de Gauche ou de Nouvelle Donne par exemple. Mais soyons clairs : la dynamique doit être écologiste, le programme doit être celui des écologistes.Vous n'avez donc pas voulu d'alliances avec le PS dès le premier tour ?On ne cesse de réclamer la proportionnelle. Alors si on ne se présente pas sous nos couleurs dans l'un des seuls scrutins à la proportionnelle, il faut arrêter ! Nous devons peser au premier tour pour monter des coalitions de projet au second tour. Mais attention, ne nous trompons pas : notre adversaire n'est pas le PS. De ce point de vue, évitons la surenchère du Parti de Gauche qui fait des socialistes les sociaux-traîtres par excellence.En quoi le logiciel socialiste est-il compatible avec le vôtre ?C'est valable du PS comme des sociaux-démocrates à l'échelle européenne : il leur est extraordinairement difficile de faire évoluer leur logiciel. Ils sont embourbés dans des féodalismes locaux, ils ont banalisé l'enjeu des inégalités sous un vernis social-libéral et ils se sont désinvestis des questions européennes et internationales. On le voit bien sur la réforme territoriale, le PS est tiraillé entre ses féodalismes traditionnels et son penchant pour l'étatisme jacobin. Il reste dans une forme de croyance un peu ridicule en la toute-puissance de l'Etat alors qu'il dispose de très peu de relais dans la société. Dans les scrutins successifs, qui le PS attire-t-il ? Grosso modo le quart des électeurs qui se sont déplacés. N'ayant pas construit au préalable des contrats de gouvernements, le PS ne transforme pas la société. Pas plus que ne le faisait Nicolas Sarkozy.En quoi le quinquennat de François Hollande est-il plus « vert » que celui de Nicolas Sarkozy ?Pour la première fois, la loi de transition énergétique inscrit des objectifs chiffrés qui sont de vraies avancées. Sarkozy avait piloté le Grenelle de l'environnement mais il constituait avant tout un exercice de rattrapage des textes européens. Le vrai bilan Sarkozy – Fillon, c'est la déstabilisation permanente des filières naissantes des énergies renouvelables par une insécurité juridique qui a interdit les investissements. Plus que de soutien financier, les acteurs des énergies renouvelables ont besoin de stabilité. Je veux croire que ce gouvernement l'a compris.Vous prônez un développement des énergies renouvelables sur les territoires par un maillage de PME. La réalité française aujourd'hui, ce sont  des appels d'offres qui aboutissent à la sélection des poids lourds, comme sur les parcs éoliens en mer…C'est exact. Les socialistes sont toujours traversés par cette vision de la politique énergétique qui devrait rester aux mains de l'Etat, allié aux grands groupes. On voit bien que les intérêts de ceux-ci sont toujours privilégiés. Le retour de Cigéo (NDLR : le projet d'enfouissement à grande profondeur des déchets nucléaires) par la bande dans la loi de transition énergétique était caricatural sur ce plan-là (1). Notons aussi que l'effondrement d'Areva va recentrer EDF sur le nucléaire, à l'heure où les groupes allemands comme E.on et RWE se diversifient au contraire. Mais, dans la balance, voyons aussi que le statut des coopératives s'est amélioré. Ce qui peut accompagner l'essor des renouvelables si l'Etat offre un environnement stable aux entreprises.La conférence internationale de Paris sur le climat (30 novembre – 11 décembre) est propice à l'avancée de vos thèses. Mais comment conciliez-vous la lutte contre le réchauffement avec votre allergie envers le nucléaire ?La critique de la solution nucléaire est assez facile : ce n'est pas en développant le nucléaire que l'on va sauver le climat.Ce n'est pas non plus en fermant les centrales nucléaires existantes qu'on va le sauver…Certes ! Mais la réalité économique est notre vieille alliée sur le thème. Cette filière est à la ramasse aussi bien industriellement qu'économiquement. La déconfiture d'Areva en est la démonstration éclatante. Au fond, le nucléaire est une obsession française parfaitement obsolète. L'opinion française n'est ni pour ni contre, elle est résignée au nucléaire. C'est en menant des programmes d'investissement dans les régions sur les économies d'énergie et le développement des renouvelables que l'on peut entamer cette résignation et montrer une autre voie à suivre.Quel regard porte-vous sur la crise du porc en Bretagne ?C'est la validation de nos thèses sur les dégâts de l'agro-industrie. Le rouleau-compresseur qui avance sous la pression de la FNSEA aboutit au constat suivant : il faut remettre des centaines de millions d'euros dans la machine pour continuer à financer la déroute. La finance et l'agro-industrie instrumentalisent le désespoir bien compréhensible des éleveurs pour continuer à maintenir la filière sous perfusion d'argent public. On met en scène les « petits » qui s'écroulent. Mais là, pour la première fois, les « gros » sont également touchés. Pour la bonne et simple raison que dans un modèle d'agriculture industrielle mondialisée qui connaît des cycles de surproduction, nous trouverons toujours des concurrents étrangers plus compétitifs que nous sur les marchés chinois, russe ou coréen. On aura beau raboter les charges et supprimer les normes environnementales, rien n'y fera. En poursuivant dans cette voie, on a fait prendre des risques considérables à toute la filière et on prend le bouillon. Il y a pourtant des alternatives. Les éleveurs qui ont choisi les circuits courts s'en sortent mieux alors qu'ils ne touchent pas un euro du plan d'aide mis sur pied par Stéphane Le Foll (NDLR : le ministre de l'Agriculture), ce qui est un pur scandale. En fait, Le Foll s'est complètement planté sur le sujet. En juillet, il a sorti le gros chèque, il s'est arrangé avec son copain Xavier Beulin (NDLR : le président de la FNSEA) et il a pensé avoir réglé le problème. Un mois plus tard, il n'a plus un seul atout en main.http://www.sudouest.fr/2015/08/19/regionales-un-rendez-vous-central-pour-les-ecologistes-2100933-710.php

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