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Pont d’Oléron : polémique sur le retour du péage

Publié le 20 août 2015 par Blanchemanche
#îledOléron #peage
SOS Conso Le blog de Rafaele Rivais, journaliste au Monde

Nous espérons que vous avez passé de bonnes vacances. Voici un petit souvenir des nôtres, passées sur l'île d'Oléron (dans l'océan Atlantique, au large des côtes de la Charente-Maritime), et animées par la question du retour ou non du péage sur le pont qui la relie au continent.

Le péage, instauré en 1966, lors de l'inauguration du pont, a disparu en 1991.
pontoleron
Le pont, vu de Château-d'Oléron, par gros tempsMais une majorité d'élus de la communauté de commune de l'île d’Oléron, présidée par Pascal Massicot, maire (divers droite) de Saint-Trojan-les-Bains, souhaite que cela change. Le 17 décembre 2014, vingt-trois sur trente-cinq ont voté en faveur d'une délibération consistant à demander au conseil général (renommé "conseil départemental" à partir de mars 2015) de la Charente-Maritime la mise en place d'un péage.
Le péage ne concernerait que les véhicules en provenance du continent, et non pas ceux des résidents permanents. Pour les voitures et les camions de deux essieux, il serait, pour un aller-retour, de 6 euros en hiver et de 12 euros en été. Les résidents secondaires paieraient 2 euros par passage ou 70 euros à l'année.Seuls onze élus ont voté contre, parmi lesquels l'ancien président de la communauté de communes, Patrick Moquay (PS): « J'ai le sentiment que nous sommes en train de vendre notre âme pour un plat de lentilles », a-t-il déploré (Sud-Ouest du 18 décembre 2014);Les partisans du péage entendent ainsi compenser la baisse des dotations de l'Etat, sans augmenter les impôts locaux.  La taxation des véhicules permettrait de financer l'aménagement du territoire et  la préservation des espaces naturels (notamment le renforcement des ouvrages de défense des côtes). Chaque jour, 15 000 véhicules franchissent en effet le pont gratuitement - 30 000 pendant la saison touristique. Comme l'expliquait Le Monde du 24 février, les élus sont inspirés par l'exemple de l'île de Ré, à laquelle l'écotaxe a rapporté plus de 3 millions d'euros en 2012 (pour les véhicules légers, le tarif est, par passage, de 8 euros l'hiver et de 16 euros l'été).Le conseil départemental de la Charente-Maritime, présidé par Dominique Bussereau (Les Républicains), compétent pour instituerun droit départemental de passage sur un ouvrage d'art, n'a pas encore statué sur la demande des élus de la communauté de communes.oleronLa pétition lancée par l'Association pour la gratuité du Pont de l'île d'Oléron (AGPIO) n'y est sûrement pas pour rien. Elle vient de recueillir 24 800 signatures - soit plus que d'Oléronais, au nombre de 21 000.L'AGPIO a été créée en 2009 par Michel Rivault, ancien professeur de mathématiques, ancien chef d'entreprise informatique, installé depuis une vingtaine d'années à Saint-Pierre d'Oléron, où il est devenu tourneur sur bois. On peut se tenir au courant des réunions de l'AGPIO en consultant sa page Facebook.M. Rivault s'oppose au retour du péage, pour plusieurs raisons:"D'abord, parce que l’activité touristique, qui représente quasiment 80% de l’activité économique, aura à en pâtir". De même, "les échanges entre le bassin de Marennes et l'île seront affectés".En outre, "les nombreux jeunes qui vivent sur le continent, où le logement est plus abordable, et travaillent sur l’île, en seront pour leurs frais".  Surtout, M. Rivault s'oppose à ce que le péage "crée une discrimination par l’argent - les pauvres dehors!- , alors que l'île a une tradition de tourisme populaire et familial". Enfin, il ne conçoit pas que "les enfants, les parents et les amis des Oléronais doivent payer pour rendre visite à ces derniers".M. Rivault rappelle que c'est Michel Barnier qui, lorsqu'il était ministre de l'environnement, en 1995, a institué un « droit départemental de passage pour les ouvrages d’art reliant le continent aux îles maritimes », surnommé « écotaxe »Destiné au financement de mesures de protection et de gestion des espaces naturels, son montant ne pouvait alors dépasser les 20 francs."Mais, comme cela ne suffisait pas à l'île de Ré, sa loi du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l'environnement a été amendée en 2009 par Dominique Bussereau, alors ministre destransports, et  président de notre département", déplore M. Rivault.L’écotaxe a été déplafonnée, et élargie. Elle n’est plus destinée à la seule préservation de l’environnement; elle contribue désormais aussi à l’entretien du pont, "auparavant pris en charge par le conseil général".Qui va l'emporter? Le département pourrait organiser une référendum d'initiative communale. Le fera-t-il?http://sosconso.blog.lemonde.fr/2015/08/20/pont-doleron-polemique-sur-le-retour-du-peage/#more-14318

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