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Comiket devra faire face à sa propre popularité aux Jeux olympiques de 2020

Publié le 21 août 2015 par _nicolas @BranchezVous
Comiket devra faire face à sa propre popularité aux Jeux olympiques de 2020 Exclusif

La plus grande foire au monde de manga amateur à Tokyo se déroule deux fois par année au Tokyo Big Sight, qui sera aussi l’endroit où seront la lutte et l’escrime pendant les Jeux olympiques d’été de 2020. Est-ce que le Comiket devra donner sa place?

Le Comiket (mot-valise de Comic Market, soit «le marché de la bande dessinée») est la plus grande foire au monde du manga amateur, appelé le doujinshi, qui a lieu deux fois par année à Tokyo.

La plus grande foire de manga amateur au monde a lieu deux fois par année à Tokyo.

Des groupes d’auteurs et d’illustrateurs y forment des cercles de créateurs travaillant sur des histoires originales ou fanfictions inspirées de personnages d’œuvres connus. Ces ouvrages y sont vendus et sont généralement imprimés qu’une fois, donnant beaucoup de valeur à leur revente. Parmi l’assistance, on retrouve des centaines de milliers de passants, curieux de découvrir de nouvelles histoires, ainsi que des adeptes de bandes dessinées, qui souhaitent lire des contes au sujet de leurs personnages favoris.

Bien entendu, le tout est entouré de centaines de cosplayers venu exprimer leurs talents en conception de costume parmi eux et aux photographes venus les voir.

Le Tokyo Big Sight héberge le Comiket deux fois par année.

Le Tokyo Big Sight héberge le Comiket deux fois par année.

Son nom modeste remonte à ses débuts. Au milieu du quartier d’affaires de Toranomon, le premier Comiket a eu lieu le dimanche 21 décembre 1975 dans une petite salle de conférence. Yoshihiro Yonezawa, critique et auteur réputé dans le milieu du manga décédé en 2006, est l’un de ses fondateurs. À son inauguration, le taux de participation comptait 700 personnes. Ce fut une contribution fondamentale au rassemblement des créateurs des doujinshi.

Depuis, le Comiket a connu une croissance phénoménale : de 1982 à 1989, le nombre de participants est passé de 10 000 à 100 000, et le cap du demi-million a été dépassé la première fois en août 2004, au Comiket 66. À l’aube de son 40e anniversaire et de son 90e événement l’an prochain, le marché semestriel accueille en moyenne une foule de 550 000 visiteurs du Japon et d’ailleurs.

Sa seule compétition en taux de participation est le Tokyo Motor Show, qui accueille presque un million d’adeptes d’automobiles. Mais cet événement à lieu pendant 10 jours et qu’une fois à chaque deux ans, tandis que le Comiket est d’une durée de 3 jours en période estivale.

La menace des Jeux olympiques

Le Comiket forme un pilier primordial de la communauté otaku, soit des fanatiques de la culture populaire touchant anime, manga, cosplay, jeux vidéo, et tout ce qui s’y rattache.

Ce documentaire (en anglais) réalisé par la chaîne NHK présente les «secrets» (qui ne sont pas vraiment secret) du Comiket.

Toutefois, avec la forte diminution de lieux disponibles que les Jeux olympiques causeront, il est possible que le Comiket doive faire relâche à l’été 2020, ce qui en ferait une année difficile pour cette collectivité aussi locale qu’internationale.

Les habitués se demandent déjà si la foire sera reportée à plus tard, voire même annulée.

Rien d’officiel n’a été déclaré à ce sujet pour l’instant, mais les membres de forums japonais discutent déjà des conclusions possibles de l’édition qui doit avoir lieu dans 5 ans. Si l’événement se déroule à la mi-août comme chaque été, il se trouvera au beau milieu de la fin des Jeux olympiques et du début des Jeux paralympiques. Puisque ce délai semble trop serré pour la planification du Comiket, les habitués se demandent déjà si la foire sera reportée à plus tard, voire même annulée.

Les jours habituels du Comiket s’accordent bien avec le calendrier japonais. À la mi-août, on y participe pendant la période o-bon, soit une semaine de commémoration des ancêtres japonais. À la fin décembre, on s’y rend après la Fête de l’Empereur et Noël, ainsi qu’avant le Jour de l’an. Ces jours ne sont pas tous fériés, mais la majorité des Japonais prend des vacances lors de ces périodes de l’année, et plusieurs entreprises ferment temporairement leurs portes. Même si bon nombre d’adeptes changeront leurs plans à tout prix pour aller au Comiket quelque soit la date, on craint dans ce cas que le taux de participation puisse baisser.

Un cosplayer s’est déguisé en modèle du stade olympique proposé pour les Jeux de 2020.

Un cosplayer s’est déguisé en modèle du stade olympique proposé pour les Jeux de 2020.

De plus, le comité de bénévoles responsable du Comiket est déjà surchargé de travail avec la responsabilité d’organiser l’événement à temps deux fois par année. Changer la date pourrait être une demande excessivement lourde pour les organisateurs, qui doivent déjà composer avec les autres congrès qui cherchent également à modifier leur horaire pour 2020. Les Jeux olympiques rempliront un nouveau stade et les palais de congrès les plus importants pendant ses deux semaines dans la métropole.

Changer d’emplacement n’est pas si simple

Le Tokyo Big Sight a été construit pour satisfaire les demandes d’un endroit de grande capacité : impossible de louer un emplacement plus grand au pays.

Trouver un autre lieu qui pourrait héberger un festival aussi gros est un défi d’une taille aussi intimidante. Sa forte croissance a forcé le Comiket à se déplacer dans des endroits de plus grandes capacités.

Depuis l’ouverture en 1996 du plus grand palais de congrès au Japon, le Tokyo Big Sight, l’événement envahit ses 243 000 mètres carrés, deux fois par année. Sans compter que ce complexe fut construit pour satisfaire aux demandes croissantes d’un endroit de grande capacité : impossible de louer un emplacement plus grand au pays.

Même si l’on ne comprend pas le japonais, cette vidéo illustre très bien l’ampleur qu’a pris le Comiket ainsi que le plafond qu’il semble avoir atteint.

Les Jeux olympiques doivent aussi faire face à leur propre taille. L’escrime, la lutte et la taekwondo devaient se dérouler au Tokyo Big Sight. Mais faute d’espace, ces compétitions ont dû être déplacées au Makuhari Messe, un autre palais de congrès situé dans la préfecture adjacente de Chiba.

Lors des matins de l’édition estivale du Comiket, sous le soleil d’une température s’élevant à plus de 30 °C dans une humidité pénible, la ténacité des visiteurs s’essore. Avec leur longue marche le matin dans des fils d’attente interminables, un utilisateur japonais de Twitter avait suggéré d’ajouter le Comiket à l’athlétisme :

東京五輪の種目に「コミケ」を加えたら一気に盛り上がる。

— 高塚旧太郎 (@choi50230) August 18, 2015

Même avec la popularité du Comiket et de la grandeur impressionnante de ses foules, les Jeux olympiques d’été de 2020 apporteront sans doute une masse de gens incomparable à tout autre évènement au Japon comme les Jeux de Tokyo en 1964. L’événement sportif de renommée internationale approche à grands pas et imposera sa place. Même si ce n’est que temporaire, comme l’organisation des autres événements familiers, les responsables du Comiket, ainsi que son demi-million d’admirateurs, devront se soumettre à des changements majeurs.


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