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L’hégémonie de Thèbes (373-362 av. J.-C.)

Par Lebon Ecu @lebonecu

C’est à partir de 373 av. J.-C. que Thèbes montre sa puissance et sa volonté dominatrice en détruisant Platées et en violant directement la paix commune de 386 av. J.-C.

Un congrès est alors réuni à Sparte, en 371 av. J.-C., et en présence des ambassadeurs perses afin de renouveler la Paix du Roi et de mettre fin à la guerre qui secoue la Grèce. Mais les thébains, n’ayant pas été admis à prêter sennent au nom de la ligue béotienne, rejettent l’accord.

Sparte envoie donc son armée dirigée par le roi Cléombrotos en Béotie, et elle prend position à Leuctres, de façon à faire pression sur les Thébains. Mais l’armée de Thèbes dirigée par le stratège Epaminondas obtient une victoire écrasante: sur 700 spartiates, 400 sont tués. En effet, Epaminondas a fait preuve d’une innovation tactique: il concentre sur la gauche ses meilleures troupes, les dispose en profondeur et écrase l’aile droite des spartiates sous une attaque massive, avant de prendre à revers l’autre aile ennemie.

Par la suite, Epaminondas envahit la Laconie durant l’hiver 370-369 av. J.-c., ravage le pays jusqu’à la mer, puis libère la Messénie soulevée contre Sparte (cette libération verra la création de la ville de Messène par les hilotes libérés). L’Arcadie, elle aussi libérée, organise une ligue arcadienne qui, par synœcisme, crée sa capitale Mégalopolis.

La situation créée par la montée en puissance thébaine n’échappe pas à Artaxerxès II, qui donne mission à Ariobarzane, satrape de Phrygie et successeur de Pharnabaze, de réconcilier les Béotiens avec les Lacédémoniens sur les bases de la paix commune. Un rescrit royal cautionne les ambitions thébaines auprès de leurs nouveaux alliés de Grèce centrale et du Péloponnèse. Cependant, Sparte, Athènes et la plupart des Arcadiens refusent de s’engager dans la signature d’un traité d’alliance avec Thèbes. L’Arcadie, divisée entre la protection lointaine des Béotiens et l’hostilité proche des Spartiates, voit sa confédération s’effriter, au profit d’une alliance avec Sparte pour éviter tout conflit voisin.

Epaminondas, à la tête de vingt contingents béotiens, thessaliens et eubéens, attaque les coalisés lacédémoniens, athéniens et arcadiens à Mantinée, en 362 av. J.-C. Epaminondas est vainqueur, de la même façon qu’à Leuctres, mais trouve la mort dans la bataille. Les Thébains, dépourvus de stratège, ne parviennent pas à tirer parti de la victoire.

Une nouvelle redistribution des forces se met en place:

  • Les principales régions du Péloponnèse retrouvent leur indépendance;
  • Sparte perd définitivement la Messénie, qu’elle tenait depuis l’époque archaïque ;
  • La Ligue du Péloponnèse s’eftrite petit à petit;
  • Thèbes conserve son hégémonie sur la Grèce centrale

Ainsi, l’adversaire principal de Thèbes n’est plus Sparte, mais redevient Athènes.

Source : L’hégémonie de Thèbes – Claude ORRIEUX & Pauline SCHMITT-PANTEL, Histoire grecque, PUF Quadrige, 1995


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