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433ème semaine politique: la rentrée positive de Hollande n'aura duré que 24 heures.

Publié le 22 août 2015 par Juan
433ème semaine politique: la rentrée positive de Hollande n'aura duré que 24 heures.

Il est revenu de vacances trop courtes. François Hollande voulait positiver. Vlam ! Un attentat déjoué, la crise chinoise et de nouvelles secousses politiques en Grèce le ramène à la réalité.

Vive la rentrée.


Positivisme
La France a évité un carnage, dans un train Amsterdam-Paris. Un homme armé d'une Kalachnikov a été maitrisé par trois Américains qui se trouvaient à bord, vers 17H45 vendredi 21 août. Le choix du train pour frapper ne doit rien au hasard.
Des milliers de Français prennent justement le train en cette veille de rentrée de vacances.
[Exclusif] #Thalys #Arras Vidéo à l'intérieur du train suite à l'intervention des 2 Américains pic.twitter.com/17ScgTF5PW via @Meguini #mustsee — Emmanuel Lemoine (@EmLemoine) August 22, 2015
 
Pour Hollande, la rentrée est déjà un carnage. 
Les vacances furent courtes. Le gouvernement au complet s'était retrouvé deux jours avant en Conseil des ministres dans une indifférence publique polie. François Hollande, à peine bronzé, annonce qu'il veut des baisses d'impôts pour 2016,  et davantage d'écologie dans son programme. La campagne présidentielle est proche. Si les écologistes présentent un candidat, le candidat a peu de chances de se qualifier pour le second tour. La meilleure monnaie d'échanges avec les écolos serait l'adoption rapide du scrutin proportionnel mais pour l'instant, Hollande n'en est pas là.  Il veut "sur-positiver" pour tenter d'améliorer l'état des lieux de fin de mandat.
Hollande veut sur-positiver, mais la réalité est têtue. Bien sûr, on pouvait, on devait prendre pour quantité médiatique négligeable les agitations à propos de la Fête de la Rose à Frangis, organisée par les supporteurs d'Arnaud Montebourg. L'ancien ministre devenu directeur chez Habitat France, a invité un ancien collègue européen, Vanis Varoufakis, ex-ministre des finances grec du gouvernement Syriza. L'invitation agace les socialistes, y compris dans le coin.
Hollande voulait sur-positiver pour faire oublier cette crise porcine qui a pourri les vacances du ministre de l'agriculture; ou le départ, non encore remplacé, de son ministre du travail pour la mairie de Dijon. Ou même ces excitations médiatiques entretenues par la droite furibarde à propos des migrants partout en Europe. Hollande pouvait sur-positiver puisque l'extrême droite était encore coincée par les déboires familiaux des Le Pen. Le patriarche s'est d'ailleurs à nouveau fait exclure du mouvement frontiste cette semaine. La droite n'allait pas mieux. Si Alain Juppé travaillait ses propositions politiques, on retenait de l'UMP/Les Républicains la saisie des biens immobiliers du couple Balkany par la justice, et le retard pris par l'enquête pour corruption qui vise Nicolas Sarkozy.
Bref, Hollande voulait, et pouvait "sur-positiver". Mais sa rentrée positive  n'aura duré que quelques heures.
Son optimisme démonstratif était palpable lors de son premier déplacement de rentrée en Isère, avec Ségolène Royal. Un optimisme surprenant, comme si le président, pourtant bien informé, ne voyait plus la réalité notamment économique qui nous entoure. Hollande croit à une reprise qui ne vient pas - un maigre 1% de croissance peut être l'an prochain - alors que l'économie chinoise donne de graves signes de faiblesse. "La peur fait son retour sur les marchés financiers" titrent les Echos. Après le krach boursier chinois de juillet, le ralentissement économie du pays le plus peuplé du monde déprime les économies mondiales. Cette nouvelle catastrophe économique est un premier boulet, et pas des moindres, pour l'équipe élyséenne.
Ensuite, il y a la Grèce.
Secousses grecques
En Grèce, Alexis Tsipras a créé la surprise en démissionnant du gouvernement jeudi soir. Il a aussi fait frémir quelques créanciers européens.  Cette démission ouvre une nouvelle séquence incertaine. Tsipras démissionne parce qu'il assume avoir été contraint de dévier du mandat que les électeurs lui avaient donné en janvier dernier.
L'homme remet en jeu son mandat, après avoir échoué à renégocier la dette grecque. Sa majorité craque, un gros tiers de ses députés Syriza ne le soutiennent pas. Et 25 d'entre eux viennent même de rejoindre Unité Populaire pour le prochain scrutin. La Grèce vient de conclure un accord absurde, 86 milliards de prêts pour l'essentiel (80%) pour rembourser les précédents, adossé à un programme austéritaire qui ne réjouit que le gouvernement allemand et quelques eurocrates hors sol comme Pierre Moscovici.
Ce dernier a osé publié vendredi sur son blog, quelques minutes avant que l'actualité ne bascule dans la sidération avec l'attentat manqué du Thalys, un billet laudateur sur le programme de contre-réformes grecques: "les 10 raisons pour lesquelles le nouveau programme grec est une bonne nouvelle". Il faut le lire pour le croire.  Selon Moscovici, ce programme austéritaire va permettre de stabiliser les finances publiques grecques "de façon crédible, économiquement efficace et socialement juste", et de "booster" le marché de l'emploi grâce à la "modernisation" du code du travail . "Les privatisations vont aider à moderniser l'économie", écrit Moscovici. 50 milliards de cessions ont été imposées aux Grecs. En Grèce, les privatisations sont un dépeçage en règle du secteur public au profit d'entreprises étrangères: comme la concession des 14 aéroports régionaux à un consortium allemand, ou la vente du port du Pirée, troisième port mondial, à des Chinois.
La Grèce n'a pas fini de secouer l'Europe et son destin.
Bonne rentrée à toutes et tous.


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