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Susan George : "L'austérité mène à la faillite"

Publié le 25 août 2015 par Blanchemanche
#Attac #SusanGeorge #austérité
Université d'été d'Attac
L'Université d'été d'Attac s'ouvre à Marseille. Présidente du mouvement, Susan George passe à l'offensive


Susan George dénonce "un coup d'état silencieux." PHOTO LP
À 80 ans passées, la chercheuse franco-américaine Susan George, présidente d'honneur d'Attac, n'a rien perdu de sa fougue et de sa détermination à combattre les "ravages du système néolibéral". Alors que s'ouvre aujourd'hui l'université d'été du mouvement altermondialiste (jusqu'à vendredi à la fac Saint-Charles), l'écrivaine lance les hostilités.Dix-sept ans après sa création, comment se porte Attac ? 
Susan George : "Attac se porte bien ! L'association produit beaucoup et attaque, justement, différents secteurs. Nous sommes maintenant très engagés sur le climat, sans pour autant abandonner la finance. Dans ce dernier domaine, nous avons publié énormément d'analyses et de documents. Par ailleurs, nos comités locaux sont très actifs si j'en juge par le nombre d'invitations que je reçois.L'altermondialisme donne pourtant l'impression d'être en perte d'influence. Alors que le diagnostic posé par Attac sur les effets du néolibéralisme est, lui, au centre des débats... Comment expliquez-vous ce paradoxe ?
S.G. : Je crois que nous avons, au contraire, beaucoup d'alliés et que les liaisons se font plus facilement que par le passé avec les autres acteurs de la lutte. Et ce, dans tous les domaines. Nous sommes davantage devenus un mouvement qui coalise, plus qu'une organisation individuelle. Notre rôle, c'est aussi d'informer le public et d'apporter des propositions. Mais encore, de se mobiliser sur les grandes questions, par exemple sur la Grèce.En parlant de la Grèce, une partie de la gauche radicale accuse Alexis Tsipras de capitulation. Et Attac ? 
S.G. : Il faudrait poser la question à chaque adhérent. Attac n'a pas pris de position commune... Je dirais que probablement, majoritairement, la réponse est une déception, oui. Ceci dit, le référendum mettait les Grecs en position de répondre très contradictoirement à une question qui l'était tout autant : est-ce que vous acceptez le mémorandum ? Non. Est-ce que vous souhaitez rester dans l'Europe ? Oui... Sauf que pour l'Allemagne en particulier, ce qui était clair, c'est que si les Grecs acceptaient de rester dans l'Europe, ils devaient accepter le mémorandum. On se demande si le vrai désir de l'Allemagne n'était pas que la Grèce quitte l'Euro... Ce que le peuple de ce pays ne voulait surtout pas. Donc, pour Tsipras, ce n'était même pas un choix cornélien. Mais une situation impossible. Dans tous les cas, il décevait ceux qui avaient voté Syriza.N'auriez-vous pas préféré qu'il tente le tout pour le tout ?
S.G. : À titre personnel, je regrette beaucoup qu'il ait accepté le mémorandum. Mais je comprends que l'Euro soit une partie très importante de notre unité. Et je pense qu'il n'y a pas de sortie ordonnée de l'Euro.N'est-ce pas la preuve, en définitive, qu'aucune politique alternative à l'austérité n'est possible en Europe ? 
S.G. : C'est une vision à la Margaret Thatcher ! La politique d'austérité conduit à la faillite de nos peuples. Elle ne peut pas améliorer l'environnement ni créer des emplois, parce que les gens n'ont rien à dépenser. C'est entièrement une crise de la demande. Il y a des milliers d'autres politiques possibles. Si on avait les moindres velléités, par exemple, de contrôler les banques et de rapatrier l'argent des paradis fiscaux... Un rapport parlementaire démontre, chiffres à l'appui, que la France subie un manque à gagner de 60 à 80 milliards d'euros par an en ne menant pas cette politique. Voilà l'argent de la transition écologique. Si on voulait la faire...En France, quelles relations entretenez-vous avec le PS ? 
S.G. : Malheureusement, avec le gouvernement actuel, nous sommes face à une fin de non-recevoir. Il n'écoute pas ! Ce gouvernement ne fera rien sur les banques et pas la moindre des mesures promises en campagne.La question climatique sera au coeur des débats des universités. Pourquoi s'en emparer ?
S.G. : Parce qu'elle affecte tout le reste ! Chacun des traités voulus par les entreprises transnationales encourage les émissions liées aux combustibles fossiles et favorisent le réchauffement climatique. On a là le plus grand défi que l'Humanité ait connu depuis ses origines ! Avec des conséquences aggravantes sur les conflits, la faim, l'immigration, la sécurité... La volonté des Syriens ou des Érythréens d'immigrer en Europe, par exemple, est aussi liée à la sécheresse en Syrie et aux mauvaises récoltes. Parmi ces personnes ruinées, certaines rejoignent encore les forces combattantes. Nous sommes là face au problème numéro un. Une question de survie absolue."À lire aussi : L'Europe bouillonne, Attac se penche sur le chaudron

4 jours de débats

"Climat, dette, austérité, ça va chauffer !" Placée sous le signe de la confrontation avec les "usurpateurs", dixit Susan George, entendre "ces entreprises transnationales qui prennent un pouvoir considérable et illégitime", la 14ème université d'été d'Attac se pose comme un "grand rassemblement altermondialiste" au coeur de l'été.Fac Saint-Charles, un millier de participants (dont des représentants de Syriza et de Podemos) sont attendus pour 4 jours de débats ouverts à tous (dès ce soir 17h) sur les thèmes du climat et du refus de l'austérité.Programme : www.universite.attac.org/
 25/08/2015Laurent d'Anconahttp://www.laprovence.com/article/economie/3547232/universite-dete-dattac-lausterite-mene-a-la-faillite.html

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