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Basket : le panier à subventions

Publié le 05 septembre 2015 par Lecriducontribuable

sport argent publicArticle extrait de «Sport et argent public : la France qui perd»Les Enquêtes du contribuable n°12, août/ septembre 2015. En kiosque. Numéro disponible sur notre boutique en ligne.

La tenue du championnat d’Europe de basket en France, du 5 au 20 septembre, est l’occasion de donner un coup de projecteur à ce sport qui souffre, à la différence du football ou du rugby, d’un manque de popularité dans notre pays. En 2012, par exemple, le temps de diffusion à la télévision française du basket a été inférieur à celui du rugby, avec un rapport de 1 à 3 (91 h contre 290 h environ) ! Pourtant, le nombre de licenciés est bien supérieur à celui des rugbymen!

A l’occasion de la saison 2014-2015, le basket aurait en effet dépassé la barre des 600 000 licenciés contre 438 000 au rugby. Et si l’équipe de France réussit son tournoi – ce qui, de l’aveu des spécialistes, est tout à fait envisageable – ils seraient bien plus nombreux encore à prendre une licence. Pour autant, malgré ces perspectives plus qu’encourageantes, le basket en France est dans une impasse économique.

La raison principale ? D’aucuns évoqueraient la dépendance totale vis-à-vis des subventions. En 2011, sur des budgets oscillants entre 2 et 6 millions d’euros, la part des subventions publiques allaient de 22 % à … 71 % ! Cette année-là, le haut du panier, si l’on peut dire, est à chercher du côté du club de Paris-Levallois, qui touchait près de 3 millions d’aides publiques sur un budget de 4 millions d’euros. Pour autant, du point de vue sportif, si l’équipe du Nord-Ouest parisien, créée en 2007, est solide, elle ne recense, à son palmarès, qu’une coupe de France (2013). Comme souvent, des subventions trop importantes tuent l’esprit d’initiative et n’incitent guère à trouver d’autres voies de développement structurel.

 Un sport très politique

L’Observatoire du sport business, blog hébergé par Le Figaro, pointait justement, en 2014, les trois défauts majeurs du basket en France et, au premier rang d’entre eux, « [la] trop forte dépendance des clubs vis-à-vis des subventions des collectivités territoriales. En 2012-2013, elles pesaient 29 % du produit d’exploitation des clubs de Pro A (contre 6% pour le Top 14 de rugby). »

Pour expliquer la subventionnite aiguë, une autre piste est à explorer, à savoir la présence importante d’élus au sein de la présidence des clubs. Les exemples ne manquent pas : le Paris-Levallois est dirigé par Jean-Pierre Aubry, ancien adjoint de Patrick Balkany ; à Gravelines, Christian Devos est président et adjoint aux Sports du maire PS ; à Chalon-sur-Saône, la présidence du club est assurée par un ancien député UMP, Dominique Juillot, qui fut, cela dit, un bon joueur de basket.

Nicolas Julhiet

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«Sport et argent public : la France qui perd»Les Enquêtes du contribuable d’août/septembre 2015 – 5,50 €€. En kiosque et sur abonnement. Vous pouvez commander en ligne ce numéro. 

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