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Yi-Ling Lu, Galerie La Source

Publié le 07 septembre 2015 par Doudonleblog

Jusqu’au 27 septembre, à la Galerie La Source de Fontaine-les-Dijon, Yi-Ling Lu, une jeune artiste taïwanaise expose ses peintures. Intéressant dialogue entre peinture chinoise traditionnelle et culture occidentale. Lu

Je laisse Claude Martel, responsable de la Galerie La Source, le soin de parler de ce travail sensible et original. Merci à elle.

détail de la peinture ci-dessus

détail de la peinture ci-dessus

« Yi-Ling est restée fidèle à ses racines tout en intégrant la picturalité européenne : elle insuffle à la peinture de son pays une nouvelle forme plus abstraite et radicalement moderne.
La technique de l’artiste est inimitable, son pinceau semble «cracher» l’encre et des formes insolites surgissent sur le papier. Elle a le don de faire naître d’étranges merveilles ; la trace de l’outil reste invisible sans que cesse de s’exercer l’activité structurante du trait. Le pinceau et l’encre sont comme le Yin et le Yang, leur mode d’activité est opposé et complémentaire ; en mettant à profit les variations infinies de l’encre, l’artiste obtient des effets sans cesse renouvelés. Derrière la beauté pure de chaque coup de pinceau, à travers l’alternance de vigueur et de fluidité, d’ombres et de lumières, de vides et de plénitudes, transparaît le souffle de la vie. La majesté des paysages souligne l’insignifiance de l’être humain dans l’immensité du cosmos.
Avec ses encres, l’artiste nous invite à pénétrer dans l’univers de la tradition picturale chinoise. Cette peinture n’est pas une simple copie du réel ni le fruit d’une recherche purement esthétique ; ainsi la tradition chinoise ignore la perspective occidentale avec ses lignes de fuite. Cet art implique un autre point de vue qui étage les plans successifs leur donnant une même importance, qui les isole parfois pour permettre au regard de circuler librement dans le tableau. Cette multiplicité des points de vue traduit le désir de l’artiste de vivre l’essence de toutes choses et par là même de s’accomplir. Plus qu’un objet à regarder l’œuvre est à vivre.
Dans l’œuvre de Lu Yi-Ling le vide est toujours présent. Il est signe parmi les signes, assurant au système pictural son efficacité et son unité. Il projette le spectateur dans un monde beaucoup plus vaste, laissant le terrain libre à son imagination. La contemplation prend appui sur la partie « pleine » de la peinture, comme un tremplin, pour se propulser dans l’absolu à travers la partie « vide ». Cette notion est un thème majeur dans la pensée esthétique chinoise. Le vide est ce qui relie le monde visible au monde invisible. La puissance d’évocation de l’œuvre de Lu Yi-Ling illustre parfaitement le proverbe chinois : « une seule image est plus éloquente que mille mots.»
Les inscriptions sont aussi très importantes. Elles traduisent le titre, le contenu de l’œuvre, le nom de l’auteur et son sceau. La peinture et la calligraphie chinoises sont intimement liées, au-delà d’une simple recherche esthétique, ces deux disciplines visent à exprimer l’harmonie naturelle de l’univers
Les encres de Lu sont des visions poétiques du grand pays lointain laissé derrière elle mais toujours présent dans sa mémoire. « 

Claude Martel

Lu2
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