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Chronique d’une “mort” annoncee…

Publié le 16 septembre 2015 par Thepinkrunner @thepinkrunner
Chronique d’une “mort” annoncee…

Il était beau, il était grand (comme son nom!), il était plat (ou presque!) il n'était pas à snober et pourtant...

Une préparation minimaliste, une confiance trop élevée, une grosse prétention de pouvoir tout dévorer sans doute et pourtant...

96, 100, 106, 110 pour finalement être plus près des 115 kms à l'arrivée ça c'est le parcours plus ou moins annoncé au départ. Un peu perturbant quand on sait que plus la distance sera longue, moins nous aurions de chances d'y arriver!

Chronique d’une “mort” annoncee…

Une belle bande de joyeux lurons non?

Je dis nous car, quoi qu'il arrivait, nous avions décidé de le faire ensemble Béatrice et moi, pour partager jusqu'au bout cette magnifique aventure extrême tous les deux.

100kms (sur route) c'est le maximum que nous avions fait jusqu'à présent! Béatrice cette année à Belvès et moi en 2009 et 2011 à Millau, alors en trail même ultra plat, nous partions dans l'inconnu le plus total.

Un parcours fabuleux, dans un cadre quasi unique en France dans un site ultra protégé qui vous en met plein les mirettes du début à la fin.

Notre objectif de la journée était simplement de rentrer en vainqueur dans ces arènes de VAUVERT dans le temps imparti des 16h!

L'attente a été rieuse et très détendue avant le départ comme quoi ce n'est pas la pression ou le stress qui nous a handicapé. Le nez rouge était-il prémonitoire?

Un joli peloton bien coloré mais bien loin des 1000 coureurs attendus avec 290 participants seulement (110 solos et 60 équipes de 3 en relais!). La course aurait mérité bien mieux mais comment s'insérer au milieu des 100kms de Millau et autres UTMB et UT4M?

Partagés entre l'envie de courir quand même un peu mais aussi d'apprécier les paysages, le début de course est malgré tout assez rapide, trop sans doute histoire de croire encore un peu que lon pouvait bâcler l'affaire vite et bien.

Le vent souffle déjà fort, souvent de face, ce qui entame déjà notre maigre capital. Ajouté à ça les longues et interminables lignes droites et vous avez déjà les ingrédients d'une fin qui s'annonce épuisante.

Heureusement, nous sommes en groupe et les kms défilent encore assez vite et bien.

Changement de décor avec les immenses plages sauvages et désertes!

Les kms défilent les uns après les autres et au fur et à mesure nos forces déclinent à partir du 36éme, il va falloir au moins tenir jusqu'au 50éme!

Nous alternons maintenant marche et course de plus en plus souvent face au vent qui forcit et aux portions sablonneuses qui nous détruisent tout espoir d'aller plus loin encore. Les Saintes Maries de la Mer sont à la fois près et loins. L'église est visible mais semble figée au loin sans vouloir se rapprocher, nous défiant de sa majestuosité si singulière. La mer, déchaînée rajoute à notre défaite si cruelle un sentiment de fin du monde. Une tempête de sable nous accueille dans les derniers mètres avant le ravitaillement final. Nous rendons les armes ou plutôt nos puces, moment difficile autant pour les coureurs que pour les bénévoles presque désolés de nous faire subir un tel affront.

Le ravito est aussi grandiose que la gentillesse de ceux et celles qui nous attendent avec soit un mot de réconfort, soit un large sourire complice. Je garderais ces souvenirs gravés dans ma mémoire pour revenir plus tard encore plus fort.

Nos amis du jour nous propose de nous raccompagner à Vauvert, histoire d'être présent pour accueillir nos "collègues"!

Malheureusement, il y aura 37 abandons à ce 1er passage dont Arnaud, Jean Louis, Christian, le fiston, Barbara... notre armée de clowns gentils est en déroute comme jamais depuis qu'on courre ensemble! Ils ne sont plus que 2 en course : Didier et Benoît, croisons les doigts!

Nous reprenons notre paquetage sous le regard du bénévole qui nous raconte son envie d'en être mais blessé la semaine d'avant, il n'a pas pu en être. Décidément, rien ne nous sera épargné.

La douche froide pour laver l'affront, la sieste même pas réparatrice mais plutôt coupable de se reposer pendant que d'autres...

Chronique d’une “mort” annoncee…

Nous échangeons quelques mots avec Sissi et Manu aussi sympas que talentueux. De grands Champions qui savent aussi se montrer humbles et compatissants comme si on était comme eux!

Chronique d’une “mort” annoncee…

Il est 22h déjà, et il n'y a même pas 17 Finishers c'est dire! Didier a été mis hors course juste avant Aigues Mortes en limite des barrières horaires. Dommage qu'il soit du mauvais côté! Il ne reste qu'un seul espoir pour nous venger mais il faut qu'il arrive avant 23h derrière limite horaire. Les éléments se déchaînent peu à peu en provenance de l'Hérault où là il a plu bien plus que de raison laissant une nouvelle fois la désolation dans certains villages.

Chronique d’une “mort” annoncee…

La "fête" continue en dispensant quelques podiums aux rares solos présents et à quasiment toutes les équipes puisqu'il n'en manquera qu'une seule! Les parrains se montrant disponibles et souriants jusqu'au bout.

Chronique d’une “mort” annoncee…

Chronique d’une “mort” annoncee…
23h06, il arrive enfin entouré des siens, épuisé mais heureux d'avoir réussi l'impossible quasiment seul sur les derniers kms. 1 sur 9 potes, 34 sur 110 partants, un vrai carnage mais une superbe aventure malgré tout!

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, c'est avec cette maxime que nous reviendrons pour vaincre et se dire moi aussi ... je l'ai fait!!!


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