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Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 157

Publié le 20 septembre 2015 par Antropologia

Battue aux sangliers

Nous sommes une quinzaine à attendre le retour, l’un après l’autre, de ceux qui dès l’aube ont « fait le pied » c’est-à-dire repéré les traces des sangliers. A partir de ces informations et du crédit à accorder à ceux qui les expriment, les propriétaires des meutes décident des endroits où nous allons chasser, des lignes de tir à établir pour « fermer le carré » dans lequel devrait se trouver le gibier. Ce statut a fait l’objet ce matin d’une âpre lutte par la prise de parole de l’un au détriment de celui qui en dispose habituellement. Pour arriver à ses fins, il avait préalablement dessiné à la craie sur un tableau destiné à cet effet, le plan des chemins entourant les lieux où devraient se trouver les sangliers. Il ne lui restait plus qu’à expliquer le dessin faisant taire tous les autres, attentifs à la carte. Ce coup de force qui n’a échappé à personne, n’a fait l’objet d’aucun commentaire, en ma présence en tout cas.

Lors de la tentative dans le premier « carré », les chiens « donnent » (balhen en gascon), ce qui signifie qu’ils ont trouvé une quête sérieuse. Puis ils semblent qu’ils la perdent au profit d’un « animal noir », peut-être un blaireau. Nous allons donc plus loin à la suite d’autres chiens pour tomber sur un cerf dont la chasse est interdite.

Ultime rendez-vous car l’heure avance : « au pare-feu d’Erilhet sous la ligne électrique », de l’autre côté de la commune. Là où je suis installé, je n’entends que des aboiements éloignés mais comme mes voisins, j’attends, le fusil prêt. Le temps passant, les postures se relâchent. L’un met l’arme à l’épaule, l’autre la redresse, un troisième tourne la tête alors que les chiens restent toujours aussi éloignés. Midi arrivant, je me rapproche de mon voisin et – signe ou coïncidence – cela s’accompagne de la débandade; chacun monte dans son auto et rentre, les plus acharnés se retrouvant à l’apéritif pour rassembler les observations de la matinée. Ça, c’est au-dessus de mes forces.

Bernard Traimond



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