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Lieu d’aisance, toilettes et autres w.-c.

Publié le 07 juin 2008 par Xavaic

Voilà des mois que l’idée de faire un billet sur les « lieux d’aisance » me taraude l’esprit. Loin d’être une démonstration pathétique de mon désœuvrement, l’impact des toilettes sur nos vies est indéniable. Peu d’entre nous prennent le temps d’en dresser un état et je trouve cela regrettable. D’ailleurs, combien de fois ai-je retrouvé ma lucidité dans les toilettes ?! Au lieu de discourir sur la fadeur des fraises de juin ou l’augmentation du coût de la vie, je vais m’atteler à la tâche laborieuse mais fondamentale de dresser un état des chiottes dans le monde.
Les W.C. sans confort, c’est comme boire un substitut de repas quand on a faim : Frustrant et décevant ! Les toilettes à la turque sont en ce sens une abomination faite à l’homme ; Comment peut-on nier à ce point le confort ? Je me rappelle au Pérou comme je m’étais sentie éprouvée, lorsque je m’étais retiré du XXIème siècle à Huancayo, et qu’un trou creusé dans la terre, dissimulé par 4 planches en bois servait de lieu d’aisance… Dans ce cas, pas de séparation des sexes, le cabinet est un lieu de passage, mais aussi de rencontres ! Autre souvenir, plus loin encore, lorsque j’étais petite et que nous allions à la maison de mon arrière-grand-mère dans le Pays de Caux : Les toilettes étaient une cabane, au fond du jardin, avec un seau et une planche de bois posée dessus. Avant la visite fatidique à mon arrière-grand-mère, ni boisson, ni goinfrerie, je voulais à tout prix éviter d’aller fréquenter ce lieu, en compagnie de tous les squatteurs à 6 pattes venus du jardin.
Dans ma maison, les toilettes seront une pièce à part entière, car il s’agit d’un lieu qui conditionne le bien être.
Les toilettes ne sont pas partout identiques et quelles divergences offrent-elles sous toutes les latitudes ! Il ne suffit pas d’aller très loin pour s’en rendre compte : venez en Alsace ! Comme en Allemagne ou en Hongrie, on utilise la cuvette à fond plat. Pas de « plouf », ni de projections, la cuvette à fond plat répond aussi à un souci de tracer les moindres anomalies de nos rejets. ( Ai-je bien digéré la choucroute ou n’était-elle pas assez cuite ?) Pratique ! Germanique quoi ! En Argentine, pas de toilettes sans bidets, comme en Italie paraît-il ; La blague à ce propos, est de parler du bidet comme la douche espagnole (los gallegos tan cuadrados, quisieron inventar la ducha pero le salieron por el culo). J’avais toujours cru que le bidet servait à se laver les pieds ; Sacrilège pour un Argentin ! En Tunisie, il n’y a pas de papier toilette, mais un court tuyau d’ou sort un jet d’eau pour se rincer : Celui qui sort des toilettes à son pantalon mouillé ! Et dans les supérettes arabes, on ne trouve pas de papier toilette… Faire attention ou trouver le précieux papier toilette ! (Chaque Européen en utilise en moyenne 13 kilos par année / Attention, communiqué de la WWF : La WWF dénonce l'usage abusif de papier toilette issu directement de fibres vierges et préconise pour sa fabrication l'utilisation de papier recyclé. ) Je pourrai aussi vous parler des fameuses toilettes nippones, reconnues pour leurs fonctionnalités avancées (jet d'eau de lavage, commande électronique, une ventilation )… Mais je n’ai pas testé.
Dans ma maison, les toilettes auront un bidet et un lavabo avec du savon d’Alep (marre du lave vaisselle provisoire devenu permanent que j’ai au travail... )


Les toilettes publiques payantes sont ce qui m’énerve le plus après boire mon thé froid. Je considère la fin de la gratuité des toilettes publiques comme une décadence planétaire ("Boycottez les toilettes payantes, pissez devant"...) En Argentine, il y a très peu de toilettes publiques (ou pas ?) et il est d’usage de demander dans les restaurants, ce que l’on ne m’a jamais refusé. En France, la coutume n’existe pas, il faut consommer pour pouvoir se décharger ; Ou il faut abandonner 40 centimes pour libérer ses envies naturelles. Un homme pourra toujours se réfugier derrière quelques cachettes, la femme ne pourra qu’espérer porter une jupe longue type gitane… Mais attention, sachez que la police américaine embarque tout gougnafier trouver à se laisser aller dans un lieu public : « Sir, What are you doing there ?» C’est du vécu (enfin pas d’avoir été embarqué, sinon d’avoir assisté à la scène !). Une réserve cependant sur mon attaque aux toilettes publiques payantes : Elles ont le mérite, « en général » d’être propres, ce qui est un impératif pour ce noble lieu.
Bien, je stoppe ici mes élucubrations, ma vie peut reprendre son court : La fièvre persiste et l’écran se remplit d’étoiles. Je poste le billet et retourne au lit.


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