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UNE ENFANCE : Poignant, touchant, juste. A voir !

Publié le 23 septembre 2015 par Misteremma @misteremma

UNE ENFANCE : Poignant, touchant, juste. A voir !

Après sa prestation très remarquée dans L'Inconnu du Lac, le jeune acteur français, Pierre Deladonchamps, était très attendu.

C'est donc avec énormément d'intérêt que je me suis rendu au cinéma pour voir Une enfance de Philippe Claudel : au cours d'un trop long été, Jimmy, un enfant de 13 ans que les circonstances forcent à devenir trop vite adulte, se cogne aux limites de sa petite ville et de sa vie heurtée, entre une mère à la dérive et un beau-père qui la tient sous sa coupe. Le beau-père en question est interprété magistralement par Pierre Deladonchamps que l'on découvre ici dans un rôle complètement à l'opposé justement de L'Inconnu du Lac. Il étonne et il rayonne en salaud que l'on a envie d'écraser.

Nous nous sommes trouvés ensemble au festival de Gand où je présentais " Avant l'hiver ". Au restaurant, nous discutions, Pierre et moi, lorsque ma femme m'a dit à l'oreille : " c'est lui Duke ! ". Elle avait absolument raison. Je lui ai fait faire un essai pour le plaisir de le filmer, mais ma décision était prise.

Le casting est tout simplement parfait : Angelica Sarre qui joue le rôle de la mère et les deux enfants Alexi Mathieu (Jimmy) et Jules Gauzelin (Kevin) sont impressionnants. Vous retrouverez, également, Patrick d'Assumçao qui était présent dans L'Inconnu du Lac.

Nous avons lancé des petites annonces, radios, télé, interne. Nous avons reçu des centaines de dossiers. J'ai fait une première sélection sur photos, puis une autre après une présentation filmée. Deux mois avant le tournage est arrivé ce garçon, Alexi Mathieu, que j'avais dans un premier temps éliminé sur photo par la faute d'une coupe de cheveux qui transformait son visage et son expression. Ma femme m'a convaincu de le rencontrer. Ce jour-là, c'es ma fille qui filmait les essais. Quand Alexi s'est arrêté, ma fille et moi nous sommes regardés, stupéfaits : c'était lui.

Une enfance, ce sont des acteurs mais aussi une histoire poignante qui oscille constamment entre le film dur et le film doux à la fois. La thématique est similaire à celle du film d'ouverture du festival de Cannes en mai dernier, La Tête haute mais traitée de manière totalement différente. Le ton est juste, la mise-en-scène est simple et évite tout misérabilisme, le cadrage est naturel et humain sans grue ni rail. Les dialogues sont tout simplement parfaits également, la violence des propos de Duke est surprenante.

La violence dans le film est présente de multiples façons, sourdes ou directes. Le langage est une forme de violence. Soit qu'on exerce avec des mots durs, orduriers, soit qu'on se sente exclu du langage car on ne possède pas les mots pour dire son malaise ou sa rage. Il me fallait être au plus près de cette réalité, comme je voulais aussi, en plus de la langue, de la pauvreté d'un vocabulaire qui se cogne au mur, travailler sur les accents, sur l'accent spécifique de cette banlieue nancéenne où je vis.

Un film que je vous conseille. A voir.

Une enfance sortira le 23 septembre 2015 en France et le 7 octobre 2015 en Belgique.


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