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Transmettre

Publié le 25 septembre 2015 par Elosya @elosyaviavia

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Source Flickr, photographe : Stanley Yuu

Mercredi, nous discutions avec un collègue d’une entrevue avec une compagnie de théâtre.

Au cours de cette réunion, j’avais parlé actions de communication, réseaux sociaux et professionnels à contacter.

Nous discutions expression orale et écrite.

Il me confiait qu’il se sentait de plus en plus en confiance d’intervenir au cours de ses entrevues.

Je lui disais, que moi je me sentais à l’aise maintenant et que j’avais plus de facilité à exprimer mes idées, la com que je mets en place etc.

Mon collègue me dit qu’effectivement, il trouve que je m’exprime très bien à l’oral que cela soit entre collègues ou avec des compagnies et à l’écrit. Je me marre (je ne m’attendais pas à de si douces paroles), je le remercie, lui dit qu’effectivement je trouve que je me débrouille pas trop mal dans le domaine.

Je lui explique que c’est drôle d’ailleurs que je sois aussi à l’aise avec l’écriture et que j’adore écrire parce que mes parents et l’écrit c’est pas du tout ça.

Mon père ne savait pas écrire le français. Il le parlait très bien (surtout les insultes hein, ouh là là quand il était énervé il savait user d’un sacré vocab dans le domaine ah ah :-D). Mais il ne pouvait l’écrire. Je me souviens de lui en train de faire un X pour signer des docs.

Ma mère déteste écrire. Et pourtant elle aime envoyer des cartes pour Noël, pour les anniversaires et autres évènements. Mais elle peste dès qu’elle doit écrire quelque soit le support. J’ai jamais compris réellement pourquoi. Je crois qu’elle se fout la pression.

Et malgré tout cela (dis-je à mon collègue) moi j’adore écrire, j’adore manier les mots, j’adore quand ça fait mouche, quand ça s’enchaîne dans ma tête et sur les lignes. Je suis une passionnée. Je me tourne vers mon collègue : c’est bizarre quand même. Est ce que le fait que mes parents n’aient pas  été fans de l’écriture a éveillé ma curiosité sur le sujet puissance 20000 ? Ou autre chose dans mon entourage, à l’école, à la télé m’a porté jusqu’à l’écriture.

Comment ça se fait qu’il y a des trucs qui se transmettent et d’autres non. Je m’interroge souvent là dessus. Ce que l’on tient de nos parents, c’est de l’ordre du choix, du déterminisme, du conditionnement, de l’auto-suggestion ?

Perso avec l’âge grandissant (34 ans déjà oui) j’arrive mieux à distinguer ce que j’ai pris de mes parents, ce que je garde, ce que je ne veux plus, ce que je récupère volontiers ou que je doute de vouloir garder ou laisser. Par exemple, je sais que j’ai la sociabilité de ma mère. J’ai l’honnêteté de mon papa. J’ai la taquinerie des deux (ces deux grands spécialistes m’ont transmis l’art de faire tourner en bourrique)ainsi que le caractère affirmé. J’ai aussi leur loyauté en amitié. J’ai le caractère hargneux et par moments soupe au lait de mes deux parents surtout depuis que j’ai débarqué dans la trentaine (selon une pote qui m’avait fait mon thème astral cela vient de mon ascendant bélier qui prend plus de place, j’aime bien cette idée :-)). C’est l’un des traits de caractère qui me fait parfois flipper chez moi. Je me sens tout à coup en colère et j’ai beaucoup de mal à la contrôler, il me faut parfois plus d’une heure pour redescendre d’un accès colérique. J’essaie de composer avec ça et j’insuffle cette énergie soupe au lait dans mon côté affirmé, mais sans que cela tourne en mode Attila. Utiliser à bon escient cette colère est plutôt moteur.

J’ai aussi assimilé le côté très anxieux, stressé, control freak maternel contrebalancé par l’assurance, l’analyse et la prise de recul paternel. J’ai conservé un peu du côté mouvement perpétuel, continu, je bouge ici ou là de mon papa équilibré par le côté on se calme, je me calme de ma mère.

J’aime bien cette idée d’être un mélange, je trouve en moi autant de ressources paternelles que maternelles. En même temps ce n’est pas que familiales, au contact des personnes extérieures à la famille, on se construit. On se positionne. Ce sont l’ensemble de nos interactions qui nous permettent de comprendre qui on est, ce qu’on veut ou ce que l’on ne veut pas. Il y a tout de même des trucs qui me collent encore à la peau et dont j’aimerais me débarrasser. En même temps, est ce que l’on se débarrasse réellement de certains traits de personnalité ou est ce qu’il se mettent quelque part en nous et reviennent à des moments plus ou moins importuns ? Notre part d’ombre, de quoi elle est constituée ?

Cette part d’ombre que personnellement j’ai essayé de rejeter pendant moultes années, tout ça par m’apercevoir que c’est aussi une réelle partie de moi et que je dois composer avec.

Je me pose aussi pas mal de questions sur la transmission, parce que je réfléchis par moments à ce que j’aimerais transmettre à mes enfants quand j’en aurais. Je sais qu’il y a des choses centrales que je veux leur inculquer (respect de soi, respect des autres et encore d’autres choses), mais je ne veux pas le faire en force ou leur faire accepter cela parce que je l’aurais décidé.

Transmettre ça passe par ce que l’on dit, mais aussi ce que l’on fait. Souvent, je me dis que l’une des meilleures manières de transmettre c’est de faire passer les choses par soi, en étant conscient de ce que l’on montre à voir et de rester cohérent avec ce que l’on veut donner à autrui.

Et d’accepter que notre personnalité bouge, se construit, change tout au long de notre vie, ce qui paraît nous définir aujourd’hui ne le sera peut-être plus dans 1 semaine, 1 mois, 6 mois, 1 an. C’est ce qui fait la richesse de la construction, on en redécouvre tellement tout le temps sur soi que nous ne sommes pas figés.


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