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Facebook : ménage de printemps ou chute d’un empire annoncée?

Publié le 30 mai 2008 par Mathieuk3

Une bonne façon de mesurer la solidité d’une communauté, c’est en comptabilisant l’activité des gens qui y travaillent.  Or Facebook serait en grave difficultée à ce chapitre.

Nombreux sont les gens qui développent des applications Facebook.  Ces gens prendront tôt ou tard le chemin du forum des développeur de la dite plateforme.  Ils échangeront, poseront des questions, aideront d’autres développeurs, lanceront des débats, communiqueront avec les gens de Facebook afin d’assurer la pérénité de la plateforme, son bon fonctionnement continu, etc…  K3Média fait parti de ces développeurs.  Or Jesse Farmer, un blogueur États-Uniens, à collecté les données provenant du forum de Facebook et a analysé son activité des derniers mois.  Les résultats sont sans équivoques.  La plateforme est délaissée par un grand nombre de créateurs.  Un trop grand nombre?  Le géant serait-il menacé? 

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Si les données sont très précise, l’analyse que l’on peut en tirer peut varier.  Je crois que l’on peut dire sans se tromper qu’il s’agit d’un début de défection envers la plateforme.  27% des gens qui envoyaient au moins un article sur le forum par mois en début d’année en sont maintenant réduit au mutisme le plus complet.  Facebook aurait-il perdu plus du quart de ses développeurs en quelques mois?  Aurait-il aussi perdu plus de la moitié des interventions sur la plateforme?

Jesse Farmer amène une piste de solution en rappelant que Facebook a imposé une limite sur le nombre d’invitations pouvant être envoyées via votre application durant cette période.  Cela serait devenu trop difficile d’avoir du succès sur Facebook avec ces nouvelles règles et les développeurs se seraient découragés.

J’apporterais la nuance suivante : oui, les limitations imposées par Facebook ont probablement abbaissé l’activité des développeurs, mais tel était l’objectif.  Facebook désirait "nettoyer" sa plateforme d’applications qui forcaient l’envoi de 250 invitations avant d’avoir une simple réponse à un questionnaires…  Ces développeurs vont évidemment abandonner la plateforme.  Est-ce réellement une mauvaise chose?  Je crois qu’il y a encore une place pour du bon développement sous Facebook.  Ce que Jesse Farmer oublie de mentionner est que Facebook redéfini la limite d’invitations possibles pour chaque application sur une base régulière selon un algorithme complexe.  Si le comportement de l’application est "propre", la limite montera en conséquence.  Facebook pourra ainsi délimiter facilement les applications "sales" et les fermer au cas échéant.  Tel est le prix à payer pour améliorer l’expérience client.

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Je vais donc baser mon explication sur notre propre expérience.  Facebook est une plateforme propriétaire nous offrant un canvas sur lequel travailler.  Lorsque quelque chose cloche avec la plateforme (je n’ai pas a chercher très loin, il y a quelques semaines de cela, après une de leur mise à jour hebdomadaire), il faut répertorier le cas problématique sur leur Bugzilla, attendre que suffisamment de gens aient votés pour ce bogue afin que Facebook décide de s’en occuper.

Le fardeau de "prouver" qu’il y a un problème du côté de Facebook incombe donc au développeur.  C’est à lui de "promulguer" le bogue qu’il vient de répertorier et de faire en sorte que le maximum de gens votent pour lui afin que Facebook daigne se salir les mains.  Pendant ce va-et-vient électoral, vous aurez droit au fameux message d’erreur spécifiant que le développeur est en train de corriger un bogue quelconque avec son application.  Alors que Facebook est la cause du disfonctionnement!  Cela rajoute l’insulte à l’injure!

Les usagers n’ont donc plus accès à l’application, le client non plus et demandera a juste titre quand le tout redeviendra opérationnel et le développeur rage de se trouver dépendant d’une communauté si peu respectueuse de son travail.  Voilà pour moi le cercle vicieux dans lequel Facebook s’est sciemment coincé.

Dans le cas cité plus haut, Facebook a pris 8 heures à corriger un problème qu’une de leur mise à jour de la veille avait créée…  Je leur ai même offert mon aide à un certain point voyant que cela traînait en longueur et affectait terriblement le fonctionnement d’une de nos applications.  Certains diront qu’ils ont reconnu et corrigé le problème.  Vrai.  Mais 8 heures de "downtime" est innacceptable venant d’une si grosse compagnie.  Non contents de ne pas tester suffisamment leur mises à jour hebdomadaire, ils ajoutent au fardeau des développeurs en ayant une vitesse de réaction terriblement lente.

Tout n’est pas noir cependant et Facebook a fini par écouter ses développeurs en nous accordant une plateforme beta qui comprendra les derniers changements à la plateforme avant que ceux-ci ne soient publics.  Ceci donnera au moins une chance aux développeurs de vérifier leur installation avant qu’un désastre ne survienne.

Toutefois, Facebook demeure une bête difficile a suivre et a prévoir.  Par exemple, nous savons qu’une refonte en profondeur de vos pages de profils est en cours.  Elle a été reportée a deux reprises, les changements que l’on nous décrit sont flous ou inconsistants a chaque envois, cette mise a jour ne figure toujours pas sur la beta de Facebook non plus, bref, il est très difficile pour une équipe de développeur d’être efficace dans de pareilles dispositions.  Il a d’ailleurs fallu que la communauté de développeurs se mobilisent pour demander davantage de sérieux de la part de Facebook qui a fini par nous donner un accès a la version a venir de Facebook a des fins de tests.  Guillaume Brunet a qui je mentionnais justement l’existence de cette
plateforme cette semaine livre ses commentaires sur la prochaine mouture de votre profil Facebook sur son blogue.

Facebook peine donc a demeurer un endroit plaisant où développer.  Et personne n’aime se créer des problèmes.  Surtout avec la montée de concurrents tels Hi5, OpenSocial et cie…

Car Facebook ajoute de nouvelles langues?  Génial!  Mais ils l’ont fait sans bien tester leur truc et les problèmes d’encodages pullulent sur la plateforme…  Selon la langue de votre profil, leur FBML n’est quelque fois plus interpreté du tout ou le javascript nécessaire au visionnement de la page mal initialisé!  Le réel problème de Facebook vient de son manque de rigueur et de son horrible lenteur à répondre. La machine est devenu un monstre, le monstre n’avance plus.  Facebook détient l’avantage du nombre, mais technologiquement, son retard se fait de plus en plus sentir de jour en jour.  Et le temps passe…


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