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Yoko Ono vit dans la crainte d'être assassinée

Publié le 18 octobre 2015 par Ludovic Danteny @yellowsubnet
Yoko Ono vit dans la crainte d'être assassinée

À 82 ans, la veuve de John Lennon dit toujours vivre "comme un animal traqué, comme un daim", 35 ans après l'assassinat du chanteur.

Hantée par la mort de John Lennon jusqu'au bout... Yoko Ono reste encore traumatisée par l'assassinat de son compagnon, qu'elle a vu mourir sous ses yeux, et dit craindre pour sa vie. Dans un long entretien accordé au site américain The Daily Beast, l'artiste japonaise reconnaît vivre quasiment recluse. « Je fais très attention, je vis comme un animal traqué, comme un daim », explique Yoko Ono qui emploie encore des gardes du corps. « Que je sorte ou que je reste dans mon appartement, je reste toujours très prudente. C'est très difficile pour moi de penser à Chapman qui ne semble toujours pas avoir conscience d'avoir fait quelque chose de mal. »

Chapman ? Le nom du meurtrier de John Lennon, qui a tué la star le 8 décembre 1980 de quatre balles tirées à bout portant. Le chanteur regagnait alors son appartement du Dakota Building, en face de Central Park, en compagnie de son épouse Yoko Ono, qui partageait sa vie depuis une douzaine d'années. « J'ai eu vraiment de la chance de ne pas mourir avec John ce jour-là », confie l'artiste. À l'époque, elle est même persuadée qu'elle sera la suivante sur la liste. « J'étais très inquiète. Cela aurait pu m'arriver. »

Condamné à la prison à perpétuité, Mark David Chapman purge toujours sa peine en prison et s'est vu refuser huit fois une demande de liberté conditionnelle. Pour Yoko Ono, il est impensable de le voir sortir de sa cellule. « Ce qu'il a fait une fois, il pourra le refaire, explique-t-elle dans l'interview, persuadée qu'il en veut aux proches de John Lennon. Ça pourrait être moi, ça pourrait être Sean (leur fils, NDLR). »

Au milieu des souvenirs de John

À 82 ans, Yoko vit seule dans le même appartement du Dakota Building, un lieu figé dans les souvenirs, une sorte de mausolée, où chaque objet est resté à sa place. Des toiles de Magritte, que le chanteur aimait tant, le grand piano blanc, où il a composé "Imagine", beaucoup de calligraphies japonaises et partout, des photos du couple... « Les belles pensées chassent les mauvais souvenirs, explique Yoko Ono. Le pire souvenir est terrible, mais c'est le seul. À part cela, j'ai toujours senti que nous étions ensemble. Je me sentirais mal à l'aise si je devais quitter cet appartement. Il y a tellement d'objets qu'il a touchés et qu'il aimait ici. Ces choses signifient beaucoup pour moi. »

Celle que l'on a longtemps appelée « la briseuse des Beatles » se dit aujourd'hui en paix avec les survivants du fameux groupe de pop. Il est vrai que sa relation fusionnelle avec John Lennon avait immédiatement perturbé les autres membres de la formation, même si les Beatles étaient déjà au bord de l'implosion, certains rêvant de mener une carrière solo. Pour le grand public effondré, la première coupable était Yoko Ono. Et son ardeur à défendre ensuite le business et la légende de la star défunte n'a pas arrangé son image, loin de là.

« Va te faire foutre, ma chérie ! » (McCartney)

Cet été, Paul McCartney avait violemment mouché la veuve du chanteur dans une interview au magazine Esquire, lui reprochant de minimiser le rôle des autres chanteurs – dont le sien –  dans l'histoire des Beatles. « Quand Yoko raconte dans la presse : Paul n'a rien fait, il n'a fait que réserver le studio. Eh bien, va te faire foutre, ma chérie ! a-t-il lâché, très aigri. Les gens savent que c'est faux, mais il y a eu beaucoup de révisionnisme autour de John. Il a fait ci, fait ça. Il a fait beaucoup de belles choses, mais aussi des choses pas géniales... »

Aujourd'hui, Yoko Ono excuse presque McCartney, souhaitant visiblement enterrer tout ressentiment. « Il a dû beaucoup souffrir, comme moi j'ai souffert à ma manière, confie-t-elle au Daily Beast. Donc, je comprends. J'ai de l'empathie pour lui, car on a partagé toutes sortes de peines. Les gens pensent que Paul et moi sommes immunisés, car on est des privilégiés. Mais ce n'est pas vrai. La douleur reste toujours vive. »

Publié le: Dimanche 18 Octobre 2015 - 03:15Source: lepoint

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