Une nouvelle crise financière approche, remercions tous la Chine

Publié le 25 octobre 2015 par Edelit @TransacEDHEC

Willem Buiter, le chef économiste américano-anglo-hollandais de Citigroup – une des plus grandes entreprises financières mondiale – a inquiété les investisseurs de la planète finance en cette fin d’année 2015. Dans son dernier article, il soutient que le monde plongerait certainement dans une importante récession, car la découverte des très probables mensonges de la Chine sur les chiffres de sa croissance, remettrait en cause les espoirs du FMI et autres institutions internationales quant à la reprise de la croissance. De quoi inquiéter les places boursières…

Encore la Chine.

Officiellement, la Chine connaît une croissance annuelle de 7%, mais les estimations révèlent plutôt 4% de croissance. C’est toujours supérieur à la croissance des pays européens certes, mais pour Buiter, la récession résulte d’une croissance du PIB plus faible que la croissance de la population. Et il se trouve, malheureusement, que la croissance de la population mondiale est actuellement plus forte que sa croissance économique, contrairement à ce que l’on aurait pu croire en prenant compte des chiffres officiels de la Chine. Adieu la croissance potentielle de 3% estimée par l’optimiste FMI, bonjour à une énième crise de confiance sur les marchés financiers.

À ces révélations s’ajoutent le ralentissement continu des économies mondiales ainsi que la répétition inquiétante de micro-crises financières, établissant alors une solide liste de raisons  d’être pessimiste…

 

Citigroup considère en effet à 55% le risque qu’une récession d’origine chinoise frappe la planète entière au cours des deux prochaines années.

Il est vrai que la Chine ne se porte pas si bien que ça. Son rythme de croissance spectaculaire depuis les années 80 agit comme un boomerang qui lui revient en pleine face. Entre le surinvestissement (50% du PIB), une dette publique qui a atteint les 222% du PIB, une posture figée de main d’œuvre (basse qualité) de la planète, et une consommation 5 fois plus importante en énergie par unité de PIB produit qu’en Europe, la Chine souffre actuellement de sa posture de moteur de la croissance mondiale. Et elle ne s’est pas pressée de nous en avertir !

« 感謝您對中國的人民共和國 » ! (« merci à la République Populaire de Chine»)

Comme toujours, les financiers désespèrent.

 

 

Non pas que ce soit des êtres particulièrement dépressifs, mais vous imaginez bien que si lorsqu’un scandale sur Volkswagen éclate, la sphère financière s’affole, ce n’est pas l’annonce de la déperdition d’une planète entière qui va rassurer nos boursicoteurs. Plus particulièrement dans une sphère aussi sensible à la perception du contexte économique qu’est la finance.

D’abord, si la Chine plonge, les entreprises mondiales, souvent cotées en bourse, qui ont gentiment profité des enfants du pays pendant toutes ces années se retrouveront bien embêtées. Ensuite et surtout, le secteur financier chinois, déjà mal en point, contaminera la sphère financière mondiale. Enfin, les financiers, inquiétés par ces prévisions, ne manqueront pas de provoquer un ralentissement, voire une crise financière, en stoppant toute activité (motrice de la croissance) avant l’heure du désastre : les prophéties auto-réalisatrices ou la magie de la finance.

Certains restent cependant optimistes …

Non on rigole ! Tout le monde panique un peu, d’autant plus que la réputation de Willem Buiter et de Citigroup, Citi pour les intimes, n’est plus à faire ! Et on ne peut plus compter sur d’autres puissances émergentes pour redonner le sourire à nos investisseurs … L’Inde reste le meilleur espoir, selon la Banque mondiale, elle pourrait dépasser le PIB de la Chine en 2017, mais son rôle se jouera après notre crise … Dommage !

Dès lors, que faire ? Il semblerait que nous n’ayons qu’une seule solution : prendre note du fameux proverbe mieux vaut en rire qu’en pleurer ! Comme les économistes du monde entier, faisons des jeux de mots sur la crise financière qui approche : « Duraille de Chine » (« the great fall of China »), ou « Marché panda », les idées ne manquent pas ! À savoir, la veille de la forte baisse des indices boursiers chinois, deux bébés pandas sont nés au zoo de Washington.

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Pas de panique, on n’en restera pas là !

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Voici enfin quelques conseils pour être le « connard » qui profitera de la situation. À priori il serait difficile d’acheter la dette chinoise, elle est bien trop protégée pour l’instant. Notons que dès que l’occasion se présentera, les investisseurs américains et européens ne se gêneront pas pour prendre leur revanche.

Mais comme chacun sait, la vengeance, justement, est un plat qui se mange froid. Pas besoin d’attendre l’ouverture des marchés financiers chinois pour profiter de la crise financière qui s’annonce. Car l’économie chinoise suit un modèle très coûteux en énergie et très polluant. Faîtes de leur faiblesse votre force.

D’abord pour mieux la leur mettre à l’envers: investissez dans les énergies renouvelables. Aujourd’hui déjà 60% des investissements dans la production d’énergies sont dirigés vers le renouvelable. Des centaines de milliards de dollars sont investis chaque année dans ce secteur, et le chiffre atteindrait le millier en l’an 2020. La Chine compte y investir, mais devançons–les, car la croissance de ce secteur vous fera oublier le marasme qui secouera votre pays.

Enfin, tournez-vous vers des marchés qui sont réellement prometteurs. On l’a dit l’Inde se démarque par une croissance forte et régulière, et une population de plus en plus qualifiée. Ce pays est un des rares pays émergent qui ne rencontre pas actuellement de difficultés. Un autre pays très intéressant, l’allié de la Chine depuis des siècles, c’est l’Iran. Enfin l’embargo américain a été levé, et de nouvelles opportunités s’offrent ainsi aux investisseurs du monde entier. Plus besoin de payer 9 milliards de dollars aux Etats-Unis comme a du le faire la BNP Paribas pour pénétrer des marchés encore quasi-inexploités.

Et oui, les tricheries de la Chine ne constituent pas toute l’actualité économique. Nos amis américains aussi mouvementent la planète finance, et parfois, ça peut arriver aussi, on ne se fait pas avoir dans l’histoire !