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L'âme est un bijou sacré par Annick de Souzenelle (1)

Publié le 27 octobre 2015 par Acouphene

L'âme est un bijou sacré par Annick de Souzenelle (1) Annick de Souzenelle a d’abord fait des études de mathématiques.
Elle exerça le métier d’infirmière, puis de psychothérapeute d’inspiration jungienne. De culture catholique, elle se convertit vers la trentaine, à la religion orthodoxe. Elle apprend la théologie ainsi que l’hébreu. Elle relit alors les textes bibliques dans leur essence redécouvrant le projet divin altéré par les traductions réductrices. Cette connaissance, elle va la mettre à la disposition du public à travers de nombreuses conférences et livres, dont le dernier Va vers toi: La vocation divine de l’Homme (éd. Albin Michel. 2013.)
Âgée de plus de 90 ans, elle poursuit inlassablement son activité. www.prieure-saint-augustin.org
 L’œil vif, un tantinet malicieux, Annick De Souzenelle s’enthousiasme dès qu’il s’agit de parler des textes bibliques qui ont donné sens à sa vie. Je l’avais rencontrée voilà bien longtemps, lors d’une conférence sur le symbolisme du corps. J’avais été subjugué par sa connaissance, bien différent d’un savoir retransmis. Elle a donné une dimension incontournable à l’anthropologie spirituelle et chrétienne. Cette approche est bien nécessaire en un temps où nous manquons gravement de points de repères.
Si bien qu’elle continue inlassablement à diffuser son enseignement en particulier dans l’institut créé à cet effet, au Prieuré Saint Augustin. Pour cet entretien, Annick Ce Souzenelle nous reçoit chez elle, à deux pas d’Angers, devant la rivière le Louet si paisible bordée de maisons anciennes. Parfois le temps ne semble pas avoir de prise sur la vie.



Quels ont été les moments clés de votre existence ?

J’ai vécu une expérience lumineuse dans ma toute première enfance. Je suis née dans ce monde très perturbé de l’après-guerre de 14-18.
Ma famille a été complètement disloquée et j'en ai vécu toutes les conséquences. J’habitais Rennes et j'ai été envoyée en pension à Paris à l'âge de 4 ans et demi chez les bonnes sœurs qui ne comprenaient pas grand-chose à la détresse de cette petite fille. J'ai connu les enfers. Enfermée dans la pension, j'étais très malheureuse. Je n'avais plus aucun repère, ni géographique ni affectif, et c’est là que j’ai vécu une expérience lumineuse extrêmement importante.

J'étais dans un vide et j'ai été précipitée au fond de ce vide. Au fond du vide, j'ai vu un autre monde que le nôtre et pendant longtemps, j'en étais là, à la recherche de cet autre monde. Je sentais bien que le nôtre n'était pas le vrai monde, que nous étions « en exil » de nous-mêmes. Je ne l'appelle pas du tout « la chute », ça n'a rien à voir. C'est une question d'exil. Nous sommes vraiment dans l'oubli.



Au fond du vide, j’ai vu un autre monde que le nôtre.

Je me suis beaucoup attachée aux textes bibliques dès ma petite enfance alors qu'à ce moment-là, c'était interdit de lire la Bible ; et je m'apercevais bien que ce qui était dit voulait dire autre chose, que c'était le langage de mon monde et pas celui du monde extérieur. Mais quand j'en parlais aux prêtres, ils m'envoyaient promener en me disant : « Tu n'es qu'une orgueilleuse, tu ne devrais pas lire autre chose que ce qui est écrit ». J'ai beaucoup reçu de cette Église à ce moment-là, parce qu'il y avait quand même quelque chose de très solide encore. Mais en même temps, petit à petit, ce n'était plus possible. À 18 ans, j'ai quitté cette Église. J’ai fait l'expérience d'une liberté intérieure, de ce qu'est la vraie liberté : une obéissance à cet autre monde. La vraie liberté est une obéissance à notre vraie identité qui est une identité divine. Cette obéissance est très exigeante et émerveillante. Mais pendant plusieurs années j'ai un peu perdu le fil.
J’ai vécu une autre descente aux enfers, négative celle-là : le moment de la puberté, où la jeune fille a envie d'être aimée, d'aimer, etc. et j'ai été reconduite avec vigueur, à cet essentiel, par la perte d'un ami très cher qui était désolé que j'aie quitté l'église. Avant de mourir, alors qu'il était très jeune, il m'a dit :
« Annick, je vous serai beaucoup plus utile de là-haut. » Je ne comprenais pas ce qu'il voulait dire. Après, ma vie a été parsemée de petits cailloux comme ceux du petit poucet pour retrouver le chemin que j'avais quitté et qui était le vrai mien. Ces « petits cailloux » venaient toujours de lui. Je dois beaucoup au père Eugraph Kovalevsky devenu ensuite l’évêque de l'Église orthodoxe de France sous le nom de Jean ; c’était un prophète et c’était mon maître. Il a été mon professeur de théologie et j’ai fait une licence de théologie avec lui.
En même temps, j'ai rencontré dans l'Église celui qui est devenu mon mari et qui m’a donné deux beaux enfants. Hors de l’Église Institution, mais dans celle du cœur, le Seigneur a mis sur mon chemin un rabbin cabaliste. Il proposait des cours d'hébreu dans la dimension de la cabale. À partir de ce moment-là, j’avais des cours de théologie le soir en semaine et les cours d'hébreu le dimanche après-midi. Ça résonnait d'une manière étonnante et cela m’a fécondée. C'est là où tout a commencé.
Vous aviez quel âge ?
J'avais 38 ans. J'avais passé beaucoup de temps dans l'errance à chercher dans de nombreux endroits qui ne me satisfaisaient pas. Après la mort de l’ami dont je vous ai parlé, j’avais 33 ou 34 ans, j'étais déjà dans une recherche essentielle.

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