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SOCIÉTÉ / POLITIQUE > Manuel Valls et la banlieue : "d’esprit et de cœur"

Publié le 27 octobre 2015 par Fab @fabrice_gil
Dix ans après les échauffourées de 2005 à Clichy-sous-Bois, Manuel Valls a tenté une approche sereine dans la banlieue "réelle" et non fantasmée des Mureaux… et puis s’en est allé.

SOCIÉTÉ POLITIQUE Manuel Valls banlieue

Manuel Valls aux Mureaux I Photo ©AFP / Lionel Bonaventure

Dix ans après les révoltes de Clichy-sous-Bois, la banlieue a occupé les médias hier matin, mais aussi quelques esprits. Manuel Valls et une partie de son gouvernement se sont promenés dans la ville des Mureaux pour y observer la transformation : pelouse et jolis petits immeubles, mais aussi pour participer à un comité interministériel, ayant pour finalité de valider une soixantaine de mesures en faveur de la mixité sociale. Les rues désertes et glaciales de la ville, calibrées par la police au petit matin, interroge sur une réalité : l’exécutif maîtrise-t'il la phase de gestation des violences en banlieue ? La banlieue est un terme qui regroupe toute la périphérie d'une métropole, que ce soit un quartier dit "chaud" ou un quartier résidentiel de classe moyenne ou aisée. Pourtant, les "événements" lui attribuent généralement de fortes connotations de quartier marginal, isolé au regard de son architecture, où vivent principalement des immigrés, souffrant des problèmes de délinquance. Alarmiste, le maire écologiste de Sevran Stéphane Gatignon (Union des démocrates et des écologistes - UDE) a estimé sur France Inter que ça "peut exploser" en banlieue. "Nous sommes sur la ligne jaune, on ne sait pas de quel côté on va aller. Il ne faut pas se leurrer, il y a des tensions, une crise économique extrêmement douloureuse pour beaucoup. Aujourd'hui il y a des gens qui subsistent chez nous". Le maire ajoute : "Il y a des solidarités très fortes, qui existent, plus qu'ailleurs, plus qu'en centre-ville, mais en même temps, ces solidarités ne vont pas tenir tous les bouts jusqu'au bout".

La banlieue parisienne est plus complexe qu'elle n'y paraît ; Une réalité urbaine habitée par des individus, les difficultés du quotidien, où la vérité dévoile des violences, où les problèmes sociaux deviennent des "scoops". Pour palier à ce constat, au chapitre de l'emploi par exemple, le gouvernement doit confirmer sa volonté de mettre en place un système de tests sur l'existence ou non de discrimination dans les recrutements de la fonction publique, proposer le contrat "starter", qui permet aux employeurs d’Île-de-France de bénéficier d'une aide portée à 45 % du Smic pour l'embauche de jeunes en parcours vers l'emploi, réfléchir sur des projets aussi divers que l'éducation à la laïcité, la maîtrise de la langue française ou l'aide aux associations. Une semaine après la visite chahutée de François Hollande à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), dix ans après la mort de Zyed et Bouna, le gouvernement témoigne son intérêt pour les territoires marqués par la pauvreté et le désœuvrement. "La volonté du Premier ministre, c'est d'entrer dans un dialogue qui est la première marque de considération des quartiers", explique Matignon, mettant en avant "les pépites", "les talents" et "l’énergie" dans les quartiers. Le chef du gouvernement a expliqué que la banlieue "fait partie, à part entière, de la France et de la République", tout en reconnaissant que sur la question des discriminations et du racisme, "il reste beaucoup de travail et de choses à faire". Le combat prioritaire reste le chômage, alors que dans certains quartiers celui-ci dépasse les 40%. Le ministre de la Ville, Patrick Kanner, a confirmé : "On se bat tous les jours pour inverser la donne". Hier matin, ils ne manquaient que les habitants pour commenter le changement aux Mureaux. Une banlieue, mais sans banlieusards. Allez comprendre. FG

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