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Une néo-banque s'offre un réseau d'agences

Publié le 27 octobre 2015 par Patriceb @cestpasmonidee
Number26 Quand, un an après son lancement, la « banque startup » berlinoise Number26 annonce [PDF] la mise en place d'un réseau de points de vente physiques pour compléter son offre 100% mobile, il serait facile de croire qu'elle reconnaît ainsi les vertus de l'agence. Loin s'en faut ! L'initiative est surtout empreinte de réalisme conjoncturel.
À travers un accord avec une autre jeune pousse – Barzahlen.de, dont la solution permet de régler les achats web en espèces, auprès de commerçants partenaires –, Number 26 met à la disposition de ses clients un accès à plus de 3 000 boutiques en Allemagne, dans lesquelles ils peuvent déposer et retirer de l'argent liquide. Le mode opératoire est aussi simple que pour un paiement : après la saisie du montant dans son application mobile, l'utilisateur présente le code barre généré au caissier, et le tour est joué.
Pourquoi donc la banque aurait-elle besoin d'un tel réseau ? Après tout, la carte (Mastercard) qu'elle distribue à ses clients permet de réaliser des retraits dans les GAB… Certes, mais ces opérations ont un coût, qui pénalise sérieusement son modèle économique, fondé sur la gratuité des services de base. À défaut de pouvoir investir dans son propre réseau de distributeurs, il ne lui reste donc qu'à se tourner vers une solution relativement économique, déjà largement déployée et simple à mettre en œuvre.
Cependant, il faut peut-être aussi prendre du recul et envisager une perspective à plus long terme sur la stratégie de Number26. À l'heure actuelle, les paiements en espèces restent largement prédominants sur le marché allemand ; les banques n'ont d'autre choix que de faciliter au maximum les dépôts et les retraits pour répondre à cette caractéristique assez particulière. Mais il est probable que les habitudes vont évoluer et, comme dans le reste du monde, les échanges électroniques prendront un jour l'avantage. À ce moment-là, la startup n'aura pas d'infrastructures (devenues inutiles) à recycler…
Dépôt d'espèces dans l'application Number26
C'est cette même vision qui, a contrario, me rend sceptique sur le cas – a priori proche – du Compte Nickel français. Pour ce dernier, les buralistes convertis en banquiers constituent en effet le fondement du modèle, y compris pour des transactions (notamment l'ouverture de compte) qui peuvent aujourd'hui être réalisées à distance, à un coût bien moindre. Simultanément, ces « agents » ne peuvent assumer un rôle de conseiller, ne serait-ce que parce qu'ils ne bénéficient pas de la confiance requise.
Les deux approches sont donc radicalement différentes : l'une (celle de Number26) tient essentiellement du compromis tactique, inscrit dans une logique de banque du XXIème siècle entièrement transformée, tandis que l'autre (celle du Compte Nickel) repose sur un modèle finalement assez traditionnel, exploitant les opportunités du moment. Il est même possible que le succès apparent de la seconde soit justement dû à sa familiarité rassurante pour des consommateurs encore inquiets face aux grands changements.

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