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Blatter, le Prince, Machiavel et la FIFA

Publié le 02 juin 2015 par Sportmood
Dans dix ans, dans cent ou plus, on étudiera son oeuvre et son règne dans les universités numériques et les anthologies de l'art de gouverner. Joseph Blatter a, c'est certain, lu, relu, retenu, appliqué si bien les leçons du concepteur de la tactique politique, qu'il en est peut-être le seul et unique dépositaire.

Mieux que Talleyrand, Metternich, Bismarck ou autres quelques bons mauvais génies un peu plus modernes, cette fois du sport, comme Juan Antonio Samaranch, Joseph Blatter aura incarné une organisation du football qu'il a durant dix-sept ans magistralement géré dans la ruse, la duperie, les apparences et surtout la lucidité. Toutes vertus que Nicolas Machiavel avait conseillé de développer aux futurs dirigeants du monde il y a exactement cinq cent ans...

Le plus sublime dans la vraie fausse démission (on ne sait pas trop quand elle sera effective) de son poste de président de la FIFA ce mardi 2 juin 2015 du plus fieffé renard de l'histoire du sport mondial, c'est qu'il n'a bien entendu rien reconnu de ses actes délictueux. Ni répondu puisqu'ils n'existent pas selon lui. En tant que parfait disciple de Machiavel, il ne dit jamais " je " ni " moi je ", sauf naturellement lorsque il se gonfle du col pour réaffirmer les bienfaits qu'il aurait prodigués à toutes les fédérations du sport le plus populaire du monde.

Blatter et le " milieu " de terrain !

Comme l'a écrit Machiavel, le prince doit à tout prix éviter " la haine du peuple... pour le satisfaire et le tenir content ". Monsieur Jo n'avait pourtant que faire du peuple du football. Mais il est aujourd'hui la cible du milieu, de son milieu, celui de la secte de la FIFA, de ses membres, dont il ne pouvait plus tenir les rênes pourries par la corruption, les attributions truquées, les marchés véreux et les prébendes.

Ce milieu l'a lâché sans doute, il l'a avoué aujourd'hui dans une conférence de presse plus Blatterienne que jamais, avec son cortège de vérités dorées de mensonges et messages standardisés (la " transparence ", " mon souci c'est le football "... blablabla) plus gros encore que le magot de dix millions de dollars de pots de vin versés par son secrétaire général, Jérôme Valcke, au mafieux Jack Warner pour favoriser des votes d'attribution à des Coupes du monde.

Sepp Blatter affirme qu'il va désormais d'ici son départ, c'est à dire à la saint glinglin, se consacrer en quelque sorte à laver et purifier une organisation vermoulue du sol au plafond. La bonne blague suisse ! Il va évidemment profiter de son temps restant pour faire disparaître ou falsifier un maximum de documents pouvant le compromettre directement, comme tous les princes forcés à la fuite ou l'exil.

Le guide de Machiavel aux princes, celui qui leur indique les moyens de garder le pouvoir, devrait encore servir...


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