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Culturopolis comme ça se prononce !

Publié le 20 décembre 2015 par Delanopolis
Reprenons nos virées culturelles express dans Pantruche, ville de Federbusch ... Accrochez-vous ! Culturopolis comme ça se prononce ! 1) Maonalisa a attrapé la petite Warhol !

L'art est une réponse formelle, stable, à la crise identitaire d'une époque. Ainsi Andy Warhol a-t-il fait oeuvre de grande sensibilité, traduisant l'angoisse des hommes de la seconde moitié du vingtième siècle face à la société du reproductible et du sériel.

Finiraient-ils comme des numéros tatoués par des nazis ou clonés comme dans l'imaginaire d'auteurs de science-fiction ? Les sérigraphies d'Andy donnaient à chacun plus qu'un quart d'heure de célébrité. Ses images répétées sous toutes les couleurs, comme l'impressionnant "Shadows", étaient une réponse hypnotique à la grande braderie visuelle, la contre-offensive de l'artiste qui ne veut pas dire son dernier mot. Elles sont sous bonne influence, Palais de Tokyo, près de la Fée électricité.

Warhol s'est même joué des icônes, prisant Mao ou Jackie en équivalent-paquets de lessive. Bien sûr, il a été vaincu par les forces du marché qui ont assigné des prix importants à ses images bradées et répétées. Mais on ne peut tout réussir dans la vie. Au moins, allez profiter de l'exposition du musée d'art moderne de la ville.


2) L'hermine et le homard

Deux films en passe de quitter les salles obscures, alors allez vite capturer ces animaux.

L'hermine est un téléfilm enrichi qui a surtout pour vertu de laisser Lucchini montrer tout son talent et son adaptabilité d'acteur. Il donne aussi une idée assez juste des délibérations d'une cour d'assises. Le joli portrait d'un misanthrope fatigué qui redécouvre l'amour et manipule efficacement les jurés en leur laissant croire que leur décision d'acquittement sera frappée d'appel alors qu'il sait que le Parquet n'en fera rien. Oh le vilain !

Quand au "Homard", c'est une oeuvre étrange, donc intéressante, d'une mini dictature totalitaire qui force les gens à s'accoupler. Ce régime barbare est aux prises avec une mini-résistance tout aussi totalitaire qui empêche ses militants de se bécoter. On en garde un sentiment d'amusant malaise.

3 - Brr ... l'estampe est fantastique au Petit Palais

D'abord, il y a Kuniyoshi (1797-1861) qui a influencé l'esthétique manga et nous a laissé une oeuvre graphique immense faite de 20 000 estampes. Comme chaque détail compte et que chacune d'entre elles est d'une inventivité stupéfiante, on éprouve comme un haut-le-coeur. Ces Japonais étaient vraiment des bourreaux de travail, si l'on en juge aussi par tout ce qu'ont pu produire Hiroshige ou Hokusaï. Cette saturation est d'autant plus gênante, qu'à côté, l'exposition sur le fantastique dans les estampes de la BNF est très riche elle aussi. Bref, prévoir deux visites et acheter la carte Paris Musées qui est un excellent contrat valable un an.

4 - Lucien Clergue au Grand Palais

Très jeune, ce photographe plein d'ambition rencontra Picasso qui lui fit connaître Cocteau qui le présenta à tout ce que le Sud de la France comptait d'artistes renommés dans les années 1950. Resté en Arles toute sa vie si ce n'est pour de longs voyages aux Etats Unis et au Brésil notamment, il a développé une oeuvre dont on connaissait surtout les portraits mondains et les nus. Mais on découvre le travail plus cérébral sur les marais, les cadavres d'animaux, la végétation, les gitans, les arènes. On apprécie aussi sa collaboration avec Rouquette pour la fondation et le développement de l'exceptionnelle collection de photographies du musée Réattu et les rencontres d'Arles. L'interview enregistrée de Rouquette est d'ailleurs savoureuse, sorte de Charles Pasqua qui ne se faisait plus aucune illusion sur les milieux prout-prout gravitant autour des artistes.

5 - Guerre des étoiles et Pont des espions

Hollywood nous a livré deux gros "exploseurs de box office". Le premier, le Pont des espoins, signé Spielberg, est dans la ligne démonstrative de son cinéma mais, comme toujours, car il y met les moyens et a du savoir-faire, Spielberg reconstitue habilement le monde froid de la guerre froide et de l'espionnage froid dans la froide Europe de l'Est.

Le second, la resucée de la Guerre des Etoiles, aura mieux fait de s'abstenir. On ne voit pas l'intérêt, sauf financier, de cette sorte de nouvelle version upgradée des mêmes principes et des mêmes personnages qui meurent au compte goutte pour remplacer peu à peu des stars vieillissantes. C'est bien ficelé mais cela n'apporte rien au schmilblick interstellaire. Le pire c'est que cela va certainement continuer pour une bonne dizaine de films dans les trente ans qui viennent ...

6 - Deux expos, une seule Corée

C'est mieux qu'une seule expo pour les deux Corées. A Guimet, on peut admirer la collection de peintures du musée, d'ordinaire confinée à ses réserves. A Cernuschi, on a un rapide aperçu de l'attrait de Paris pour les peintres du Matin calme qui venaient s'acoquiner avec leurs homologues occidentaux. Comme souvent, ce qu'ils ont fait de mieux c'était de faire évoluer, à la marge mais avec subtilité, leurs techniques ancestrales. On appréciera en particulier l'oeuvre de Lee Ungno et sa remarquable envolée de bambous rouges.

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