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Les grandes entreprises privilégient les dividendes aux primes des salariés

Publié le 22 décembre 2015 par Blanchemanche
#dividendes
Selon le rapport du cabinet Eres Gestion, mieux vaut être un actionnaire en France qu'un salarié pour bénéficier du partage du profit d'une entreprise.
Le montant des dividendes des grandes entreprises est cinq fois supérieurs à celui des dispositifs pour les salariés.
©Miguel Medina/AFP
Nicolas Sarkozy avait remis la formule au goût du jour en 2009, en souhaitant que la pratique se généralise: la «règle des trois tiers» était considérée en effet comme la bonne conduite du partage du bénéfice des entreprises. Elle suggère une division à parts égales entre les salariés, les actionnaires et les investissements. Un vœu pieux selon le «baromètre du partage du profit» du cabinet Eres Gestion, spécialisé sur l'épargne salariale et la retraite, pour qui le partage du profit en France est au final bien plus favorable à l'actionnaire. Au détriment du salarié.Les données de l'étude sont en effet sans appel: en 2014, les dispositifs de partage des profits pour les salariés (type intéressement et participation) ont été cinq fois moins élevés que les dividendes versés aux actionnaires. Concrètement, Eres estime que le niveau moyen de primes allouées à un salarié (calculé en fonction de l'effectif de l'entreprise) s'élève à 4286 euros, là où la somme des dividendes s'établit à 21.622 euros.

Dynamiques contraires

Et l'écart n'est pas seulement important: il s'accroît. Après un pic en 1992 (40%), la part de résultat distribué en dividendes a chuté selon les données de l'EM Lyon Business School et del'IFGE rapporté par le quotidien Les Echos. Entre 1999 et 2006 elle a même stagné dépassant à peine les 20%, avant de repartir à la hausse et de s'établir à un peu plus de 30% depuis le tournant de la décennie. Les dividendes versés aux actionnaires ont représenté en tout, pour les seules entreprises du CAC40, pas moins de 43 milliards d'euros en 2014. Dans le même temps, les primes moyennes de partage du profit en faveur des salariés se sont érodées. Selon les chiffres de l'Eres, entre 2011 et 2014, elles ont reculé de 12% pour les salariés des entreprises du CAC40. Une cure d'austérité à laquelle les dividendes ont donc échappé, sans pour autant avoir tout raflé, puisque leur part a malgré tout baissé de 10 points en 20 ans. Les actionnaires ne sont donc pas choyés dans l'absolu, ils sont seulement préservés au détriment des salariés, l'entreprise gardant pour elle-même la principale partie du résultat de l'exercice.L'étude du cabinet Eres confirme enfin une tendance connue: mieux vaut travailler dans une grande entreprise cotée que dans une petite entreprise de plus de 10 salariés pour espérer toucher un montant de primes dans le haut du panier. Selon les chiffres de la Dares, l'écart, s'il est attendu, la différence s'avère tout de même conséquente: 70% d'écart (4286 pour les premières, 2513 pour les secondes). Malgré tout, 11% des entreprises du SBF120 prennent le contrepied de la tendance générale et offre plus de primes à leurs salariés que de dividendes à leurs actionnaires. Autre timide espoir d'un avenir meilleur pour les salariés: même si l'écart actionnaire/salarié est important, la moitié des entreprises du SBF120 ont versé des primes plus élevées en 2014 qu'en 2013. Et le contexte globalement plus favorable en 2015 pourrait accentuer la tendance et, peut-être, amorcer un début de rattrapage.http://www.lefigaro.fr/societes/2015/12/21/20005-20151221ARTFIG00126-les-grandes-entreprises-privilegient-les-dividendes-aux-primes-des-salaries.php

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