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Critiques Séries : The Romeo Section. Saison 1. BILAN (Canada).

Publié le 26 décembre 2015 par Delromainzika @cabreakingnews

The Romeo Section // Saison 1. 10 épisodes.
BILAN


Chris Haddock est un scénariste connu au Canada, dans un premier temps pour avoir écrit des épisodes de MacGyver mais par la suite pour avoir créé tout un tas de séries se déroulant à Vancouver : Intelligence (2002-2007) ou encore Da Vinci’s Inquest (1998-2005). Il est alors devenu un peu la poule aux oeufs d’or de CBC, la chaîne canadienne qui diffuse également The Romeo Section alors que pour lui c’est un grand retour aux sources (il n’avait pas eu de série au Canada depuis 2007 !). The Romeo Section est donc une série d’espionnage et quand on sait à quel point j’adore les séries d’espionnages, il fallait bien que je me penche sur celle-ci. Je ne vous ai pas parlé du premier épisode car j’ai surtout eu envie d’enchaîner les épisodes afin de voir où est-ce que cette série voulait réellement en venir. L’idée de base de cette série est intéressante alors qu’elle change de ce que l’on a pour habitude de voir. Ici la mécanique de la romance est assumée du début à la fin de la saison et à chaque nouvel épisode nos personnages préférés doivent séduire leurs proies afin d’avoir des informations qu’ils recherchent. Si durant dix épisodes j’ai parfois eu l’impression de voir une série ambitieuse qui avait décidé de laisser la clé de sa mythologie dans un puit, je trouve que petit à petit se développe une vraie alchimie entre l’univers et les personnages.

Le professeur Wolfgang McGee est un académicien qui dirige secrètement un réseau d'espions à Vancouver. Ses agents ont le qualificatif d'espions "Roméo" ou "Juliette" et ont pour but de s'engager dans des relations amoureuses avec leurs cibles afin de glaner les informations qu'ils recherchent.

Ce n’était pourtant pas gagné d’avance. J’ai eu un peu de mal à entrer dans le premier épisode, peut-être est-ce aussi pour ça que j’ai hésité à vous en parler avant de poursuivre. The Romeo Section joue donc peu à peu des cartes complètement différentes, notamment celle du sous entendue qui laisse au téléspectateur l’occasion de se poser des questions, de réfléchir. Mais cela ne veut pas dire que l’on réfléchit toujours dans le bon sens. En effet, le plus gros problème de cette série est d’être difficile à cerner. Le premier épisode est confus, bourré d’idées mais toutes ensevelies les unes sur les autres, ce qui ne permet malheureusement pas de prendre son pied. Cette série est hermétique au téléspectateur et à l’envie de devenir claire par moment c’est donc au fil des épisodes qu’elle se déguste. L’histoire de The Romeo Section reste cependant nuancée grâce à une ambiance propre à la série qui ne nous permet pas forcément de retrouver des tics de mise en scène pour ce genre de séries. L’intrigue est bourrée de quelques bonnes trouvailles, notamment en créant un vrai mille-feuilles de personnages et d’histoires entre mensonges, corruption et meurtres. On retrouve au centre de cette série Andrew Airlie (Reaper, Intelligence, 50 Nuances de Grey) dans un rôle qui lui sied plutôt bien.

Le personnage de McGee est un peu pantouflard mais il permet aussi d’épaissir un peu les mystères. On ne sait pas trop sur quel pied danser avec lui et il lance les mystères en même temps que les autres personnages tentent de développer leur histoire personnelle (à la fois dans la mécanique « Romeo et Juliet » mais aussi dans leur vie personnelle). Le fait que la série soit très mystérieuse et confuse dès le départ laisse avec une envie de voir plus et ce même si au fond, The Romeo Section n’est pas la meilleure série d’espionnage au monde. Bien au contraire, je trouve que cette série d’espionnage, lorgnant du côté du thriller romancé, n’est pas forcément ce que j’ai vu de mieux dans le genre cette année. Mais petit à petit, on commence à se faire aux personnages et à l’ambiance, puis l’on commence à cerner un peu mieux ce qui est recherché. On ne sait pas grand chose à leur sujet au premier abord, mais plus la saison avance et plus les choses deviennent riches. A la fin de chaque nouvel épisode j’avais envie de savoir ce qui pouvait se passer dans le suivant, surtout que la notion de cliffangher est très intéressante et personnelle dans The Romeo Section. Je pense que l’envie d’en voir plus c’est pile poil ce qu’il faut dans ce genre de séries donc une partie du pari est réussi.

Je ne connaissais pas jusque là le travail de Chris Haddock mais il semble avoir sa propre vision des choses et sait comment donner une vraie identité aux choses, aux personnages et à l’ambiance de son univers. C’est là que cette signature, assez complexe sur les bords, démontre tout son potentiel. C’est d’autant plus intéressant que tout n’est pas nécessairement logique au premier abord, il faut laisser les choses se décanter et / ou réfléchir. The Romeo Section reste assez brute sans pour autant être une série d’action. C’est plus psychologique, plus intriguant. Il y a donc une volonté de plonger au plus profond de l’histoire des personnages et c’est clairement ce qu’il faut retenir ici. The Romeo Section est une série qui parle d’espions avec un talent spécial et ici c’est leurs talents de séducteurs. De plus, afin de ne pas gâcher le plaisir, The Romeo Section nous offre aussi quelques scènes de sexe explicites histoire de ne pas trop gâcher la fête. Au fil des épisodes se développe donc une histoire et peut-être aussi même un peu plus de mystères. On ne sait pas toujours dans quelle direction The Romeo Section peut bien aller mais elle y va sans problème. Finalement, je reste encore perplexe au bout de ces 10 épisodes étant donné que j’ai l’impression de ne pas avoir tout vu. Mais bon… la série n’a pas encore été renouvelée pour une saison 2.

Note : 5/10. En bref, une série d’espionnage qui prend le pari de ne pas être une série d’action mais beaucoup plus nuancée.


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