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Flambée homophobe au Sénégal

Publié le 29 décembre 2015 par Félicité Annick Foungbé @fafzimo
Flambée homophobe au Sénégal

L'atmosphère s'est brusquement alourdie au Sénégal. Des couches sociales jeunes visiblement prêtes à en découdre avec tous les homosexuels du pays. Leur mascotte, le Président Gambien Yaya Jameh qui dans une adresse musclée a formellement jeté l'anathème sur les homosexuels dans son territoire.

Peut-on en vouloir aux sénégalais d'exprimer leur mécontentement face à ce qu'ils considèrent comme une perturbation des valeurs sociales qui leur sont propres ?

À première vue, tout peuple a le droit de revendiquer des valeurs culturelles ou sociales qui lui sont propres. Toutefois, est-il légitime de mettre à mort des humains au motif de leur orientation sexuelle ?

Face à la gêne des politiques d'aborder franchement la question, une certaine " jurisprudence " des comportements humains devrait prévaloir et s'imposer à tous. À savoir que les questions d'ordre sexuel relèvent de la sphère privée et devraient être traitées en tout état de cause comme telles. Hétéro ou homo, quel avantage de s'exhiber de manière malsaine ? Et dire qu'on tolère des danses lascives mimant l'acte sexuel, des mariages précoces se soldant par la mort de gamines déflorées par des vieillards hétéros vicieux...

Du complot d'une main noire...

En effet, nul n'ignore l'embarras du Président Macky Sall face à la question de l'homosexualité, thème d'ailleurs abordé lors de la dernière visite du Président Obama au Sénégal. Un certain malaise, dont la presse sénégalaise s'est faite l'écho, aurait ainsi entaché la participation de Macky Sall au récent somment de la COP 21 en France. L'explication semblait la " fermeture " de Macky sall au " progrès " de la reconnaissance des droits des homosexuels...

Ainsi donc, un embrasement social sur fond de crise homophobe ferait grandement le jeu de l'opposition sénégalaise dans une velléité sournoise de mettre à mal l'équipe dirigeante, surtout du point de vue des relations avec l'extérieur et notamment vis-à-vis des États-Unis de Barack Obama et d'une bonne frange des pays occidentaux, dont la France qui a légalisé le mariage entre personnes de même sexe.

Sur fond de dérive religieuse...

On est tout de suite mal à l'aise quand certains commentaires laissent sous-entendre des motifs religieux derrière cette flambée homophobe. La pilule de l'interdiction de la Burqua dans l'espace de la CEDEAO, dont le Sénégal est un État membre, aurait exacerbé la sensibilité de certains et les auraient blessés dans leur fibre religieuse. Ainsi le Sénégal, État laïque à forte dominante islamique digèrerait mal la mesure prise à l'unanimité des membres de la CEDEAO, mesure déjà effective au Tchad à forte dominante islamique et au Cameroun, deux États de la CEMAC voisine.

On entend dès lors des revendications du type : suppression des slim jeans etc. Première indexation de l'occident qui pourrait se muer ensuite en une négation d'autres symboles ou entités perçus comme des vestiges de l'occident, et notamment le Christianisme et le Judaïsme. Suivez mon regard !

En somme, et comme d'habitude, plutôt que de poser clairement des problèmes de fond, une frange de la population se choisit des otages avec possibilité d'élargir plus-tard le lot.

Nous retenons tout simplement que le rôle régalien de l'Etat est de protéger les minorités. Que l'orientation sexuelle est une question strictement privée qui ne devrait pas influer sur le traitement des individus et des citoyens. Enfin que hétéros ou homos sont tous astreints à la décence et aux principes de bienséance.

Félicité Annick FOUNGBÉ ZIMO épse DE SOUZA

NB : Contrairement à certains pays africains où la thématique cristallise aussi les débats, quand toutefois l'homosexualité ne constitue pas un délit, le Sénégal dispose d'une loi répressive contre les pratiques homosexuelles.


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