Magazine Journal intime

Le Bol jaune

Par Eric Mccomber

Le matin, après avoir nourri les psy-fats, je me fais un café dans un gros bol jaune. Au milieu du créma très riche que fait ma formidable cafetière - seul et unique objet de luxe dans mon existence - il y a souvent deux taches sombres, engendrées par les buses. Je soulève le récipient de ma main droite et de la gauche je prends mon téléphone. Et chaque matin, comme ça, je descends l'escalier en regardant la tasse pour éviter d'en renverser. Et chaque pas dans le petit escalier de bois modifie un peu le visage sans bouche de mon soleil liquide. C'est une sorte de conversation muette comme on peut en avoir avec un vieil ami. Je pose le pied dans le studio, je contourne le Neumann, j'envoie une bise à ma gratte, assise sagement contre le canapé, et je place la tasse et ses yeux mi-clos sur le bureau. L'érable de la planche s'accorde à merveille avec les tons chauds du bol. Je re-branche le téléphone, moribond de sa nuit loin de l'alimentation. Je porte la tasse à mes lèvres. Ça y est, le regard va s'effacer. Je vais le boire et il me réchauffera le ventre.


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