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The Hateful Eight (Les huit salopards)

Publié le 10 janvier 2016 par Chezfab

Voilà donc le 8 ème film de Tarantino (les deux Kill Bill comptent pour 1). Et comme toujours avec le réalisateur nous allons passer 2h47 à nous demander où il souhaite aller.

D'abord, notons le choix de filmer en 70 mm qui apporte une image comme on n'en avait plus vraiment vu depuis des années. C'est d'un effet grandiose sur les décors comme sur les gros plans. Une bonne surprise.

Comme toujours, la musique est au top, surtout que c'est l'immense Ennio Morricone aux commandes pour une bande originale inédite.

L'histoire elle est assez classique pour un western, même si elle parle bien plus de notre époque de que de celle des cavaliers sans peur. Racisme, liens sociaux, rudesse de la vie, choix, peine de mort, c'est tout cela que Tarantino va balayer pendant le film. Comme souvent, le cinéma nous parle du réel d'où il est tourné, et ce film ne déroge pas à la règle.

The Hateful Eight (Les huit salopards)
Le casting est excellent même si le fait de devoir jouer un huis clos ne facilite pas les choses. Jennifer Jason Leigh est impeccablement folle, Samuel L. Jackson intense, Kurt Russel étrangement humain, Walton Goggins en fait parfois un brin trop, Michael Madsen, Tim Roth, Demian Bichir, Channing Tatum et Bruce Dern complètent à merveille le casting principal.

Sur le film, on peut dire qu'il surprend. D'abord parce que si c'est un bon Tarantino, ce n'est pas son meilleur loin de là. Quelques manques de rythme et des choix étranges de narration empattent un peu l'ensemble. Mais comme toujours dans un film de ce réalisateur, même si ce n'est pas le meilleur, y'a de quoi passer un excellent moment.

D'abord par le choix de filmer cruement la violence pour ce qu'elle est : un truc poisseux et malsain. Du racisme, du sexisme, de la haine, des morts gratuites, du sang, des tripes, rien n'est épargné. Façon plus proche du film d'horreur parfois que du western. C'est là la force de ce film : en face de vous, tous les personnages sont des pourris. Tous sans exception. Point de bon. C'est un parti pris intéressant et qui nous renvoie à notre époque où la pureté est érigée en dogme ... Alors que ceux qui portent cela sont souvent les pire ordures.

Ensuite, le huis clos. Alors que le réalisateur du film annonce filmer les grands espaces comme personne (ce qui est assez vrai, les décors sont sublimés), l'intrigue se déroule globalement en mode étouffé et restreint. Dans une diligence, dans une mercerie sous la tempête. C'est déroutant, mais ça ne fait qu'offrir un écrin superbe à des dialogues ciselés.

Pour finir, on notera que le chapitrage du film est plutôt malin. Surtout dans la gestion des retournements de situation excellent.

Aller donc voir ce nouveau Tarantino, vous ne serez pas déçu.


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