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Plan Emploi : avec #Hollande, la déception, c’est maintenant.

Publié le 18 janvier 2016 par Gédécé @lesechogaucho
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Je ne sais plus qui avait dit ou écrit qu’avec Hollande, on a beau ne rien espérer, on est toujours quand même déçu. Je suis sans emploi depuis trop longtemps, malgré ma ténacité, mes nombreuses recherches et initiatives, mon courage quotidien, ma volonté de m’en sortir. Ceux qui me connaissent voient bien à quel point je me démène… En vain pour l’instant. Aussi, bien que connaissant le lascar et sa faible teneur en socialisme, je me suis pris un instant (inconsciemment je pense) à espérer  qu’il allait nous annoncer des mesures plus radicales pour lutter contre le chômage. Mal m’en a pris.

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Conformément à sa ligne de conduite habituelle, il a fait dans la prudence et le conservatisme libéral. Avec des idées fixes qui relèvent véritablement de sa volonté de caresser les entreprises dans le sens du poil plutôt que de veiller, ce qui serait pourtant son rôle, surtout s’il était socialiste, aux intérêts des salariés, qui sont aujourd’hui plus que jamais en position de faiblesse  face aux employeurs. Leurs droits sont en effet de plus en plus rognés jour après jour, et le chantage à l’emploi n’a jamais été aussi présent et utilisé par des employeurs de plus en plus cyniques et détachés de leur rôle social. Les tensions  dans le monde du travail n’ont jamais été aussi fortes. Nous n’avons jamais été aussi proches du point d’implosion, dont le mal être au travail n’est qu’un symptôme, trop invisible et nié par la plupart des employeurs hélas. Ce que vient d’annoncer Hollande (intégralité du discours visible ici) ne changera pourtant rien ou pas grand chose à cet état de fait, n’améliorera pas davantage la situation de l’emploi. Favoriser le développement de la formation, pour les moins qualifiés et les chômeurs, ainsi que pour les jeunes, c’est bien, certes, je ne le dénie pas.  La relance de l’apprentissage et l’augmentation du nombre de contrats de professionnalisation sont une bonne chose. Mais à quoi sert-il de former davantage de gens à des niveaux de qualification de plus en plus élevés s’ils n’accèdent pas ensuite à un emploi correspondant ? Qu’on arrête sur ce point de nous ressortir le serpent de mer des emplois non pourvus. Pas à moi, je connais mon sujet. Il suffit de rapprocher la demande et l’offre pour voir à quel point « il y a comme un défaut« . Tout le monde n’a pas vocation à se voir commercial, pour seul exemple. De plus, bien que cela soit, je le répète, positif, il faut avoir conscience du fait que  plus on augmente le niveau de formation, et plus on développe le nombre de frustrés qui se retrouvent avec un Bac+5 à la caisse de l’hypermarché du coin (j’en connais). A moins de souhaiter comme j’en vois tant de si naïfs (ceux là qui confondent libéralisme avec liberté) que notre société s’ubérise encore plus, ce qui ne serait pas franchement un gage d’évolution, mais davantage de régression. Mais d’autres mesures annoncées par Hollande ne vont pas dans le bon sens. Le fait de renvoyer certaines mesures qui constituent des régressions sociales à la négociation collective locale, par exemple, m’apparait comme une source d’inégalités géographiques inacceptables en matière du droit du travail. Le fait d’élargir et de pérenniser les aides financières (substantielles comme jamais)  accordées aux entreprises, alors qu’il est démontré que les précédentes n’ont pas fait leurs preuves et, pire, qu’elles ont été utilisées dans de nombreux cas pour favoriser les gains des PDG et des actionnaires, est totalement aberrant. Quand il n’y a aucune contrepartie, les entreprises s’en servent au seul profit de ses dirigeants. La prime d’embauche immédiate de 2.000 euros par an pour les PME jusqu’à 1,3 SMIC ne constitue qu’un effet d’aubaine comme j’en ai trop connus, sans grande efficacité sur la création et la pérennité des emplois ainsi aidés. Enfin, je m’étonne et m’indigne de ce que le plafonnement des indemnités de licenciement, cette erreur, pourtant retoquée par le Conseil Constitutionnel au moment de la Loi Macron, revienne de nouveau dans la bouche du Président. Cette obsession patronale est totalement démagogique et ne repose sur rien de sérieux. Ce fantasme libéral qui sert d’argument pour justifier tout et n’importe quoi concerne combien de cas, exactement, en France ? Combien d’entreprises ont réellement été mises en difficultés, comme le prétend cette légende urbaine, par des indemnités prohibitives ? j’aimerais le savoir… Nous attendions un plan ambitieux, des mesures choc, espérions une surprise, et nous voilà face à l’habituelle vacuité hollandaise. 2017 s’annonce catastrophique pour ce qu’il nous reste de démocratie.

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Post-scriptum : CQFD…

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