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SCIENCES & NATURE > La "révolution verte" du riz

Publié le 15 février 2016 par Fab @fabrice_gil
Des chercheurs sont parvenus à déterminer le séquençage du génome de 3 000 variétés de riz. Une avancée majeure qui permettrait de produire un riz nutritif de meilleure qualité.

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Différentes variétés de riz I photo ©SIPA

Les techniques traditionnelles de culture du riz sont sur le point d'être bouleversées par la recherche génétique. Des chercheurs annoncent que cette culture vivrière, qui nourrit la moitié de l'humanité, va devenir une nouvelle "révolution verte". S'appuyant sur une gigantesque banque de variétés de riz conservées aux Philippines et sur la technologie chinoise, une équipe internationale de théoriciens est parvenue à déterminer le séquençage du génome de plus de 3 000 variétés de riz, c'est-à-dire dresser une sorte d'inventaire de leurs gènes."Renforcer la sécurité alimentaire"Les riziculteurs vont pouvoir se servir de données pour tenter de développer certaines caractéristiques de riz afin d'obtenir des variétés aux rendements plus élevés, plus résistantes ou plus nutritives. "Cela va contribuer à renforcer la sécurité alimentaire des consommateurs", dit Kenneth McNally, biochimiste américain employé par l'Institut international de recherche sur le riz (IRRI) - Los Banos (sud de manille). Depuis 1960, l'Institut travaille avec différents gouvernements et élabore des solutions face aux problématiques liées à la nutrition de demain. Si au fil des siècles, les agriculteurs ont amélioré les variétés de riz en isolant certaines de leurs caractéristiques, "ils ne savaient pas quels gènes contrôlaient quel trait de la céréale si bien que leur travail relevait du tâtonnement", souligne Kenneth McNallyDes variétés amélioréesLe séquençage du génome va permettre de donner un coup d'accélérateur au processus, soulignent les chercheurs. Des variétés améliorées pourront être mises à disposition des agriculteurs en moins de trois ans, contre 12 sans ces informations génétiques. Le séquençage permet de décrypter l'ADN, support patrimonial de tous les être vivants. C'est comme si les scientifiques avaient résolu un puzzle géant composé de milliards de morceaux microscopiques.

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Agriculteurs travaillant dans des rizières en terrasse dans les collines Yuanyang I photo ©SIPA

Dégradation des conditions de la rizicultureL'IRRI a collaboré avec la BGI, entreprise hi-tech chinoise spécialisée dans la génomique. Des morceaux de feuilles, extraites pour la plupart de 127 000 variétés entreposées dans la banque de données de l'Institut, ont été pilés avant d'être envoyés en Chine. Si les chercheurs assurent que leur travail n'a aucune accointance avec la production d'organismes génétiquement modifiés (OGM), ils affirment que ces techniques seront utiles à cause de la dégradation des conditions de la riziculture. En 2050, il y aura 2,6 milliards de bouches supplémentaires à nourrir sur la planète au détriment d'une quantité de terres agricoles décroissantes. En cause ? Le développement urbain, la montée irréversible des eaux de mers et océans, du changement climatique et de son cortège de tempêtes et de sécheresses nuisibles pour l'agriculture. Les maladies deviendront plus résistantes aux pesticides et aux herbicides tandis que l'eau douce, essentielle pour la culture du riz, se raréfiera à l’échelle mondiale.Révolution verteLes chercheurs espèrent que les nouvelles variétés sauront résister à tous ces problèmes. "On va pouvoir obtenir les propriétés qu'on veut dans le riz, en termes de résistance à la sécheresse et aux maladies, de rendement", assure Nikolaï Alexandrov, bio-analyste russe de l'IRRI. Les scientifiques évoquent une seconde "révolution verte". La première s'était produite dans les années 1960 sous l'égide particulière de l'agronome américain Norman Borlaug, Prix Nobel de la paix, dont les travaux sur une variété de blé résistante avaient permis de sauver des millions de vies en évitant les famines. La mise au point de plants hybrides avait dopé les rendements dans les pays en développement. Les chercheurs espèrent que leurs travaux serviront à produire des variétés plus riches en nutriments, qui serviront à combattre certaines maladies chez l'homme. Une nouvelle que doit regarder de près le géant américain Monsanto et ses amis sorciers/producteurs. Que faire ? FG

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