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Thé dansant #1 : tabernacle, vomi, Slovénie

Publié le 15 février 2016 par Teazine
Thé dansant #1 : tabernacle, vomi, Slovénie
TEA vous propose tous les quinze jours ses thés dansants, une petite sélection de ce qu'on a aimé écouter dernièrement, ce qu'on a vu en concert ou encore ce qu'on a redécouvert. C'est totalement non exhaustif et arbitraire, et c'est ça qu'on aime. Bisous.
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Je sais pas vous, mais j'ai assez hâte que le nouvel album d'Eagulls sorte, surtout depuis que les Anglais ont sorti leur dernier single, "Lemontrees". Rien de nouveau sous la bruine de Leeds, ça ressemble énormément à leur premier disque sorti en 2014. - M

Depuis que je suis à Montreal, j’ai surtout écouté des tubes de musique commerciale. Genre "Hotline Bling" de Drake et "Sorry" de Justin Bieber. Remarque, je suis dans le thème, ils sont canadiens (mais pas québécois, oups). Pour moi, tous deux sont indissociables de leur clips. Côté Drake, on s’entend que la chorégraphie est juste improbable, ce qui la rend chouette à imiter (et puis les parodies ne manquent pas sur les merveilleux internets : ma préférée c’est le mashup merengue). Quant à Bieber, c’est la vidéo de la troupe de danseuses néo-zélandaises de Parris Goebel (la fille en noir) qui fait tout le charme. J’aime comme elles ont l’air de s’amuser. Ça rajoute une couche de perfection à ce tube pop sous-estimé. - AV
Ma pote Célia du blog Tally Oh et de Sick Fuzz Records m'a fait écouter "Koka Kola Veins" en disant que c'était forcément ma came. Depuis, ce morceau tourne en boucle chez moi. Elle est trop forte, Célia. The Tough Alliance, duo suédois aujourd'hui disparu, n'a jamais fait aussi bien que ce petit tube, mais tant pis, ça me suffit. - M

Comment ai-je pu passer à côté du clip merveilleux de Suavemente pendant si longtemps ? - AV
La semaine dernière, Laibach jouait au Bozar à Bruxelles, et c'était l'une des choses les plus étranges jamais vues. Pour poser le cadre et que vous voyiez bien l'incongruité de la chose, Laibach, c'est ce groupe slovène ultra culte pour une poignée de personnes, connu depuis les années 80 pour la grosse voix (et le turban) de son chanteur, sa musique industrielle sombre, ses références esthétiques au fascisme et ses reprises totalement improbables de tubes commerciaux. Donc Laibach jouaient à Bruxelles au Palais des Beaux Arts (Bozar), dans la magnifique salle art déco dessinée par Victor Horta, plus habituée à accueillir des concerts classiques et classieux. Déjà, beau décalage. Mais ce n'est pas tout, Laibach étaient accompagnés par l'orchestre symphonique de la radio et télévision publiques de Slovénie, d'ailleurs le maire de Ljubljana est même venu exprès faire un petit discours d'introduction au début. Le groupe réinterprétait notamment des chansons de la comédie musicale The Sound of Music (La Mélodie du Bonheur). Donc grosse voix qui parle d'edelweiss avec une tête très sérieuse, tandis que le chef d'orchestre donne tout ce qu'il a derrière une toile où sont projetées des images, en vrac, de satellites, de petits écoliers nord coréens ou encore de Petits Poneys. Le groupe a  terminé en faisant de la pub pour un prochain film qui parlera de son concert donné à Pyongyang en Corée du Nord l'année dernière (très bon sketch de John Oliver à ce propos ici). Bref, tout ça pour dire que c'était complètement pété, que six jours après, je ne sais toujours pas si j'ai aimé le concert ou pas, mais que je suis bien contente d'avoir assisté à une chose aussi incroyable. Je vous mets leur reprise de "Life is Life" (1987) pour la route, parce que ça me donne toujours envie de gambader dans les Alpes slovènes et parce qu'ils ont terminé leur set sur ce morceau. - M

La sortie d’un nouveau Beyoncé a provoqué une forte dose d’excitation à la maison ("Stoppez tout !!! Y a un nouveau Beyoncé !!!"). D’autant plus qu’on est dans le bon fuseau horaire pour apprécier la chose immédiatement. Et elle a tenu ses promesses. Comme d’hab, les images sont folles, les costumes trop beau, les chorés nickel - je me suis sentie empowerée pour le restant de la semaine. Particulièrement grâce au moment où elle dit (c’est moi qui souligne) : "I see it / I want it / I work hard … I OWN IT" tout en dansant avec l’assurance qu’on lui connaît. Queen. Encore plus significativement, l’orientation clairement politique du clip, sortie en plein mois de l’histoire des noirs apparaît comme un message fort. Bien entendu, cela a réactivé le débat autour de la légitimité de la pop-star de prendre parti. The Fader a posté un très bon article à ce sujet. Cela rappelle aussi la pertinence de l’article de Roxane Gay au sujet du féminisme de Beyoncé. LET’S GET IN FORMATION. - AV
Parce qu'on n'a jamais trop de concerts chelous en une semaine, je suis aussi allée au Beursschouwburg (à tes souhaits - très fière de savoir l'écrire sans devoir vérifier l'orthographe - un des meilleurs endroits de Bruxelles - merci les Flamands) voir le duo noise danois Damien Dubrovnik. Les deux gus sont connus pour livrer des performances assez intenses (illustration avec cette vidéo d'un concert à Moscou) et qui ne respirent pas tellement la joie de vivre. C'était intéressant quoiqu'un peu perturbant, comme quand le gars a décidé à un moment de se mettre le plus loin dans la bouche possible des câbles, pour vomir de la bile ensuite. Tout en restant scandaleusement classe et beau parce que quand on est scandinave, on a beaucoup plus facile à être classe et beau. Pour être honnête, j'écouterais pas trop Damien Dubrovnik chez moi au calme, mais les deux membres du projet, Loke Rahbek et  Christian Stadsgaard, sont aussi les fondateurs du prolifique label Posh Isolation, et toute cette scène locale de Copenhague, noise, punk, new wave etc. est hautement excitante (et consanguine). Autour de Posh Isolation gravitent entre autres Iceage, Lust For Youth, Communions, Croatian Amor,  les regrettés Vår (ah, l'album No One Dances Quite Like My Brothers), Marching Church et tout un tas de projets. Idée d'occupation si un dimanche après-midi vous ne savez pas quoi écouter. Ah et pour la Saint Valentin, Loke Rahbek et Powell de Diagonal Records ont fait une chanson spéciale à envoyer anonymement à quelqu'un qui vous a brisé le cœur. Ça s'appelle "You Said It Would Be Alright But It's Not". On termine par un clip de Lust For Youth parce que je crois qu'au fond je préfère quand même les projets plus pop. - M

Dernièrement lors d’une soirée de concert j’ai découvert deux artistes montréalais vraiment chouettes. D’abord un bonhomme tout seul derrière ses machines qui se nomme Radiant Baby. Tout dans son show inspirait la mignonnerie. De ses petites chaussures laquées blanches aux gestes qui accompagnent sa musique disco, c’était parfait. Si tu aimes la danse, les lumières fluo, les petits twists électroniques, c’est pour toi. - AV
Ensuite Xarah Dion. Egalement seule sur scène avec ses synthés mais dans un registre plus dark. Il y avait vraiment quelque chose de puissant dans son show pas du tout ostentatoire. Juste une meuf qui fait bien son job. Et la musique qui prend toute la place. Si dans le temps tu avais apprécié Drive pour sa scène d’ouverture, si tu aimes les voix éthérées sur des beats lancinants, si tu aimes les ambiances un peu fantomatiques et te faire englober tout entier par le son, c’est pour toi. - AV
Toutes les excuses sont bonnes pour écouter ma chanson triste préférée (et pour en parler ici aussi, tant qu'à faire). Du coup, quand j'ai récemment eu une petite peine de cœur, je me suis ruée sur mon vinyle d'Anna Domino et j'ai écouté "Land Of My Dreams" en boucle, comme une esthète du chagrin d'amour. C'était beau. - M

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