Série : Les
Dragons de la Cité Rouge
Titre
: T1 Alec Deraan
Auteur :
Nicolas Jarry d'après Erik Wietzel (scénario) et David Jouvent
(dessin) Cyril Vincent Digikore Studio (couleur)
Editeur :
Soleil
Année :
2016
Page
: 48
Résumé : Un mystérieux personnage capture des dragons, tandis que dans la seigneurie de Valdriss, Alec Deraan poursuit trois possédés. Bien entendu, ces deux histoires sans lien apparent vont rapidement se connecter et Alec, en ayant accepté cette mission de chasse aux possédés, a mis le doigt dans une affaire qui le dépasse et qui va le replonger dans un passé qu'il essaye de fuir depuis des années. Heureusement, il n'est pas seul dans le début de cette incroyable aventure, puisqu'il est secondé par un dragon, Arkan et par une succube, Shen Sey ! Rien que ça. Mon avis : Une histoire qui démarre sur les chapeaux de roue avec la capture des dragons et le combat d'Alex contre les possédés, qui n'ont rien moins l'air que d'être des zombies affamés et... rapides. La trame classique du personnage qui doit faire face à son passé pour résoudre une affaire aux ramifications mystérieuses, un peu classique, reste prévisible. Mais il s'agit d'un premier tome et tout peut basculer par la suite. Si vous êtes impatient, vous pourrez lire le roman dont est adaptée cette série, écrit par Erik Wietzel aux éditions Bragelonne. Ce qui s'avère intéressant, dans cette histoire, c'est le parallèle entre Alec et Nathan. Nathan est un jeune homme kidnappé par des nomades qui vont exiger rançon pour leur méfait, mais pas n'importe quelle rançon ! Car Nathan est un prince du sang de la famille royale de la cité de Redfelt... Alors que Alec plonge dans son passé et dans une enquête passablement louche dont il essaye de garder la maîtrise, Nathan est emmené vers son avenir et découvre un monde nouveau, rude, dur, celui des nomades chevauchant les dragons. Cet apprentissage de la vie va représenter pour lui comme un nouveau départ mais là encore, on retrouve la trame classique de l'éveil, si je puis dire. Mais je ne peux m'empêcher de faire un lien entre ce jeune homme qui découvre tout à coup de claques et ce vieux briscard à qui on n'a plus grand chose à apprendre. Ce double point de vue enrichit l'histoire et même si tout cela colporte un léger parfum de déjà-vu, j'aimerais bien savoir comment ce récit va se dégoupiller ! L'autre aspect intéressant, selon moi, est le traitement des dragons. Personnages pensants, parlants, plus humain qu'animal, à l'échelle des humains et non pas monstres démesurés comme on a l'habitude d'en voir, ils sont la bonne surprise de ce premier tome. D'un autre côté, la parole ne semble pas être donnée à tous les dragons et c'est dommage. Car alors se seraient instaurés, en plus des rapports d'amitié entre Alec et Arkan, des liens d'esclavage entre les nomades et leurs montures ou peut-être tout simplement un curieux lien d'empathie entre Nathan et un dragon. L'intrigue se complexifie mais reste assez clair – probablement grâce à son côté classique - et cette histoire de double voyage – celui d'Alec et celui de Nathan – finit par nous prendre au jeu. Nicolas Jarry a réalisé le dur travail d'adaptation du roman et c'est David Jouvent qui a donné vie graphiquement à cet univers.
Les
scènes d'action du début sont dynamiques mais il leur manque un
petit plus pour devenir pleinement explosives !
David
Jouvent part sur un style assez réaliste mais il ajoute par
l'accentuation des traits un effet pouvant se rapprocher parfois soit
du dessin nerveux, rapide, soit du dessin posé, marqué. Ce
contraste est assez surprenant car il s'adapte parfaitement à
l'essence de la scène – action ou discussion, repos ou nervosité,
combat ou contemplation – et permet d'en faire plus ressortir les
émotions.
Le
seul inconvénient, à mes yeux, de ce choix est cet effet de figé
qu'il porte parfois sur les visages des différents personnages.
Les
décors sont beaux, des plaines déchirées par la pluie aux couloirs
à colonnades éclairées à la lumière du jour, on prend plaisir à
découvrir ce monde.
Les couleurs
sont travaillées et, selon les lieux où se déroule l'histoire,
mélangent les différentes tonalités de palette, ocre, verts,
orange...
La
composition est assez riche. Les planches contiennent trois à cinq
bandes de une à trois cases de taille variable. Il est important de
noter que même les pages comportant cinq bandes restent néanmoins
lisibles et la BD n'est pas si dense.
Ma confusion
arriva dans la première scène, où je trouvais difficile parfois de
bien situer l'action et aussi de comprendre qui parlait. Car c'est
aussi là où l'on découvre que les dragons s'expriment !
Je parlais
de richesse de la composition car elle explore les différentes
possibilités d'agencement des cases. Parfois, enchaînement
classique de cases sur une bande, puis soudain un grand dessin
présente sur la droite un empilement de quatre petites cases en
hauteur, ou bien les cases, au lieu d'être simplement alignées, se
chevauchent. Plusieurs tentatives qui permettent de garder une belle
vue sur le dessin et d'éviter les planches chargées, dures à
décrypter.
Le cadrage
alterne les plans larges et les plans serrés. Vue lointaine
permettant de prendre la mesure d'un décor et plan recentré sur un
personnage pour lancer une action.
Le tout
mâtiné de quelques subtiles plongées ou contre-plongées pour
renforcer les effets dramatiques.
Maintenant,
c'est à vous de voir. N'ayant pas lu le roman, je ne peux vous
donner d'avis sur l'adaptation en soi mais il faut attendre ce que
nous réserve le second tome, afin de savoir si l'on reste dans une
certaine forme de classicisme ou si l'histoire parvient à rompre les
amarres et prendre la tangente vers une originalité folle et
surprenante.
Zéda
rencontre le prince Nathan. Que va faire notre héros devant les
difficultés du jeune homme ?
David
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