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Les familles des neuf soldats morts à Bouaké demandent justice

Publié le 22 février 2016 par Gezale

Les familles des neuf soldats morts à Bouaké demandent justice

Après le bombardement du camp français Descartes. (photo l'œil d'Afrique)

L’émission « Spécial investigation » sur la chaîne payante (ou cryptée) Canal Plus est passionnante. Les journalistes d’investigation se montrent prudents, insistants, courageux et s’attachent à fouiller les dossiers les plus ardus mettant en cause des états, des gouvernements, des entreprises ou encore des mafias.
Bouaké. Ce nom de ville vous dit-il ou vous rappelle-t-il quelque chose ? L’action se passe en 2004 en Côte d’Ivoire. Le conflit fait rage entre les partisans de Laurent Gbagbo, constamment présenté comme socialiste ( ?) au cours du reportage, président de la Côté d'Ivoire. Il tient Yamoussoukro et Abidjan au sud. Au nord Allassane Ouatara (1) est à la tête des rebelles désireux de conquérir le pouvoir. Le 7 novembre, deux Sukhoï de l’armée de l’air ivoirienne, pilotés par des Biélorusses et des co-pilotes Ivoiriens, fondent sur un casernement de l’armée française et lâchent leurs bombes faisant neuf morts français, un mort américain et de nombreux blessés.
Les thèmes de l’émission sont les suivants : qui a donné l’ordre de bombarder les soldats français ? Pourquoi les pilotes en cause (2) n’ont-ils pas été arrêtés par ces mêmes solodats Français qui en ont eu l’occasion à plusieurs reprises notamment sur l’aéroport de Yamoussoukro qu'ils surveillaient 24 heures sur 24 ? Pourquoi le secret défense est-il opposé aux avocats des familles des victimes désireux de connaître la vérité même douze ans après les faits ? La journaliste qui mène l’enquête rencontre des témoins en France, en Côte d’Ivoire, pose les bonnes questions aux bonnes personnes. Et le moins que l’on puisse dire est qu’un épais brouillard entoure ces bombardements mis sur le dos de Laurent Gbagbo dont on comprend pourtant qu’il n’en avait aucun intérêt.
Au fil des témoignages, de la description précise des faits et de l’analyse géopolitique de l’affaire, on en vient à soupçonner (injustement ?) le gouvernement français (Chirac était président et Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense) dont l’attitude ne semble ni très claire, ni très nette. Jacques Chirac n’aimait pas Laurent Gbagbo non plus que Dominique de Villepin, ministre de l'Intérieur, pris en flagrant délit de grosse colère contre le président ivoirien. Il existe également une hypothèse mettant en cause l'entourage du président Gbagbo mais la juge d'instruction en charge du dossier doit encore progresser.
L’émission se termine après qu’on a appris que la journaliste a été en contact avec l’un des pilotes biélorusses, lequel se plaint de ne pas avoir été payé de la totalité de la somme qu’on lui avait promise pour son acte de guerre et que n’ayant aucune confiance dans la presse, il n’a plus donné signe de vie. On reste donc sur sa faim…
(1) Il deviendra président après le départ de Laurent Gbagbo… (2) On connaît leurs noms mais pas leur domicile ou leur lieu de résidence.

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