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Point de vue populiste sur l'art contemporain

Publié le 23 février 2016 par Didier Vincent

On se moque, on gausse, on ergote de la même façon que les gens riaient devant les toiles de Manet. L'académisme populiste avec ce fameux bon sens (déjà se méfier "bon" sens", donc il y en a un mauvais) raille ce qui échappe à ses rets. Dans cette vidéo, on prend quelques exemples oiseux, détachés de tout contexte afin de faire comprendre que l'art contemporain ne serait-là que comme marqueur social soulignant l'imbécillité du néophyte n'ayant aucune clé de décryptage.

Je ne suis pas sûr que le même gars placé devant la Joconde par exemple puisse m'expliquer pourquoi ce tableau est mondialement connu et pourquoi il a une valeur inestimable. Cette reconnaissance devant une œuvre d'art est aussi dogmatique pour le béotien devant une peinture de Michel Ange que devant un monochrome de Klein. Alors, cette Joconde, j'attends les arguments ? Ce ne sont pas ces quelques grammes de peinture et cette tronche légèrement souriante qui en font son prix, je pense. La valeur est sans doute bien ailleurs que ce qui est donné à voir. Alors nos populistes vont faire valoir la virtuosité, la dextérité. Mais que nenni, beaucoup de peintre étaient aussi doués que Léonard de Vinci à la Renaissance. La virtuosité c'est l'artisan, la façon de faire du joailler, du bijoutier, du faussaire...

Se méfier des gens qui font appel au bon sens pour juger l'art contemporain, pour juger ce qu'en général ils ne comprennent pas. Se méfier de la frontière étroite qu'ils impliquent sous leur concept d'art : sans doute une image d'Epinal bien moisie d'académisme pompier comme le XIXè siècle en a accouché des milliers de toiles. Leur jugement dogmatique l'est autant pour déprécier les œuvres contemporaines que pour mettre au pinacle des œuvres reconnues.

Que notre foutriquet mette son bonnet sous cadre en demandant des millions, c'est bien la preuve de son imbécillité niveau fan de Hanouna. Un artiste contemporain n'est pas reconnu, comme ça, d'un coup de baguette magique. Il a un trajet, une histoire, une accumulation d'œuvres, une progression au sein de courants, d'écoles, de conventions artistiques. Même l'art contemporain a ses conventions, ses frontières sans doute aussi rigides que la peinture de la Renaissance. Si on étudie Klein ou Soulages, la notion de monochrome disparaît derrière une forêt d'œuvres, de façons de faire, de performances ; leurs monochromes ont également ouvert des espaces de création insoupçonnés dans d'autres domaines même que la seule peinture : la musique sérielle, la vidéo. Le bonnet dans le cadre est une galéjade à mille lieues de ce qui peut se passer dans les courants et écoles d'art, c'est de la pure folie et, comme disait Foucault "la folie, c'est l"absence d'œuvre."


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