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L'économie est-elle une science ? Les Normands en première ligne

Publié le 20 mars 2016 par Gezale

L'économie est-elle une science ? Les Normands en première ligne

Benoit Malbranque (à droite). (Photo Jean-Charles Houel)

Le jeune conférencier de 24 ans a tout le temps devant lui. Benoit Malbranque diplômé en économie et directeur d’édition de livres consacrés à cette spécialité, était présent, jeudi à Louviers, invité dans le cadre des conférences et animations de l’université populaire (promue par la municipalité de Louviers) au sein de laquelle les membres de la SED ne sont pas absents. L’économie politique ou la science économique a intéressé nombre de Français et de Normands, notamment, bien avant que les Anglo-saxons ne deviennent les véritables têtes pensantes de cette branche essentielle au bon (ou au mauvais) fonctionnement des sociétés. Benoit Malbranque a insisté sur le fait que Jefferson lui-même possédait une bibliothèque où les auteurs Français étaient majoritaires…C’est dire l’engouement des étrangers pour les économistes de France où nul plus qu’ailleurs n’est prophète en son pays.
Ainsi, devant trois dizaines d’auditeurs, ont défilé la vie et l’action des pionniers normands d’une activité humaine mêlant monnaies, impôts, inflation, taux d’intérêts, banques centrales…au fil des monarchies et des républiques. Je ne vais pas égrener toute la liste des noms retenus par le conférencier mais parmi les économistes normands, Benoit Malbranque cita Oresme, dont le traité des monnaies date du 14e siècle, redécouvert au 19e, et qui semble toujours pertinent aujourd’hui, Boisguilbert, trop heureux de faire la leçon aux nobles et notamment au roi Louis XIV, en vain semble-t-il, ainsi que Montchrétien et Walras (né à Evreux), fondateur de l’école mathématique, très en vogue aujourd’hui.
Élargissons le propos à ses contenus philosophique et politique. Nous avons connu bien des présidents (Mitterrand notamment) dont l’intérêt pour l’économie était quasiment nul. Ces hommes considéraient que le politique conduit le monde et que l’intendance (l’économie donc) devait suivre. Avec le temps et la disparition de l’URSS et son système autarcique autant que xénophobe, les sociétés ont compris que si la loi du marché devait s’appliquer dans les démocraties, elle devait également être régulée pour empêcher les fraudeurs et les aigrefins d’avoir pignon sur rue. Les informations de ces derniers jours font apparaître le rôle éminent des paradis fiscaux joué auprès des banques françaises aussi réputées que le Crédit agricole ou la Société générale, paradis dont Sarkozy avait annoncé la fin mais, là aussi, il s'est trompé.
On pourra toujours écrire des traités sur les monnaies et disserter sur le fonctionnement de la planche à billets. Si les hommes et les femmes politiques n’intègrent pas la nécessité d’une morale en économie et d’une réelle maîtrise de l’avidité des richesses (50 % des richesses mondiales sont détenues par 1% de la population) il faut s’attendre à des révoltes et des révolutions.

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