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MONDE > Controverse entre Bruxelles et Ankara : l’un des kamikazes relâchés par la Belgique

Publié le 24 mars 2016 par Fab @fabrice_gil
Le Président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que l’un des kamikazes de Bruxelles avait été arrêté en juin 2015 près de la frontière syrienne, expulsé par la Turquie, que la Belgique avait ensuite libéré.

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©Reuters


Trois kamikazes ont été identifiés par les autorités belges dans les attentats qui ont fait au moins 34 morts et 300 blessés à l’aéroport et dans le métro de Bruxelles. Un quatrième homme, toujours en fuite, reste recherché par les forces de sécurité. Les frères Ibrahim et Khalid El Bakraoui, se sont fait exploser mardi à une heure d’intervalle, le premier à l’aéroport, le second à la station de métro Maelbeek, a déclaré le procureur fédéral belge, Frédéric Van Leeuw. Le troisième kamikaze, qui s’est fait exploser à l’aéroport, a été identifié comme étant Najim Laarchaoui, indiquent des sources policières, confirmant des informations du journal flamand De Standaard.ControverseRecep Tayyip Erdogan a déclaré le 23 mars dernier que l’un des kamikazes de Bruxelles avait été arrêté et expulsé par la Turquie, et que la Belgique l’avait ensuite libéré. Il a ajouté que les Pays-Bas avaient également été impliqués dans l’affaire parce que l’individu avait initialement demandé à être expulsé vers ce pays avant de se retrouver en Belgique. "Bien que nous les ayons informées que cet individu était un combattant terroriste étranger, les autorités belges n’ont pas été en mesure d’identifier ses liens avec le terrorisme", déplore le Président turc.Le ministre belge de la Justice Koen Geens s’est inscrit en faux contre la version turque. "A ce moment, il n’était pas connu chez nous pour terrorisme".AntécédentsNajim Laarchaoui était recherché depuis que son ADN avait été trouvé dans plusieurs habitations, louées par les commandos des attentats de Paris, le 13 novembre dernier, mais aussi sur du matériel explosif utilisé lors de ces attaques, également revendiquées par Daesh. Un quatrième homme -qui figure avec Ibrahim El Bakraoui et Laarchaoui sur une photo de vidéo surveillance poussant un chariot de bagages à l’aéroport- est en fuite et activement recherché. Il n’a pas été identifié par les enquêteurs. "Son sac contenait la charge la plus importante", selon le procureur. Cette charge a explosé plus tard que prévu, "après l’arrivée du service de déminage", ce qui a sans doute évité un bilan beaucoup plus lourd. Liés aux commandos de Paris, les frères Ibrahim et Khalid, respectivement 29 et 27 ans, ont un passé de criminels endurcis.Atelier de fabrication de bombesSelon les informations données par le procureur, Ibrahim Laarchaoui et les deux autres assaillants de l’aéroport ont préparé leur attentat depuis un appartement de Schaerbeek, une autre commune de Bruxelles. Outre un drapeau de l’EI, la fouille de l'appartement a permis de découvrir un atelier de fabrication de bombes : "15 kilos d’explosifs de type TATP, 150 litres d’acétone, 30 litres d’eau oxygénée (deux des produits qui servent à fabriquer le TATP, ndlr), des détonateurs et une valise remplie de clous et de vis", selon le procureur.Réunion extraordinaire et… démissions ?La présidence néerlandaise de l’UE a convoqué à 16h à Bruxelles une réunion extraordinaire des ministres de l’Intérieur et de la Justice des pays de l’Union sur les attentats et leurs suites. Des représentants d’institutions de l’Union y participeront également. La réunion, lors de laquelle les partenaires européens de la Belgique lui exprimeront leur solidarité, doit permettre de dresser un état des lieux de la lutte anti-terroriste et de l’application de la législation européenne dans des domaines liés au terrorisme. Cette réunion intervient au regard de la polémique précitée entre Bruxelles et Ankara. Deux ministres belges ont proposé leur démission en raison d'"erreurs" dans le suivi d'un auteur des attentats de Bruxelles, rapporte le journal Le Soir. "Je confirme que j’ai présenté ma démission. Koen Geens, ministre de la Justice également également. Elles ont été refusées », déclare Jan Jambon, ministre de l’Intérieur. « Nous continuons […] Il y a eu deux sortes d’erreur. Au niveau de la Justice et au niveau de l’officier de liaison en Turquie, ce qui implique donc les départements de l’Intérieur et de la Justice. Mais maintenant, nous continuons notre travail."Hillary Clinton, favorite dans la course à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle américaine, a vivement critiqué les pays de l’UE, leur reprochant la désorganisation et les retards de leur réponse aux menaces djihadistes.Manuel Valls, qui a déposé une gerbe à la station Maelbeek, s’est efforcé d’apaiser les interrogations sur l’efficacité des enquêteurs belges, assurant "n’avoir jamais ressenti la moindre naïveté et le moindre angélisme de nos amis belges". FG

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