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MONDE > Anti-terrorisme : renforcer Europol dans la lutte contre Daesh

Publié le 25 mars 2016 par Fab @fabrice_gil

Une équipe de spécialistes du terrorisme devrait venir épauler Europol (European Police Office, organisme de police criminelle intergouvernemental) , après les attentats de Bruxelles.

Les ministres européens de la Justice se sont réunis pour un sommet extraordinaire à Bruxelles le 24 mars, après des attentats qui ont provoqué la mort d'au moins 31 morts et 300 blessés dans la capitale belge. A ce titre, le porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères, Romain Nadal, a annoncé vers 13h le décès d'un français dans le cadre des attentats de Bruxelles : " Dans ce moment douloureux, nous présentons nos condoléances à la famille de la victime et l'assurons de notre profonde solidarité [...] Notre ambassade à Bruxelles, le centre de crise et de soutien du ministère et l'ensemble des services de l'état et des organismes impliqués sont mobilisés pour accompagner et assister tous les proches de nos compatriotes touchés par ces attentats".

Les attentats du 22 mars ont été revendiqués par Daesh. Huit personnes ont été arrêtées, dont une à Paris cette nuit, et la police belge recherche encore activement deux suspects. Les ministres de la Justice souhaitent que la Commission collabore plus étroitement avec des entreprises informatiques, notamment le forum européen d'internet, afin de pallier la propagande terroriste et de développer, d'ici à juin 2016, un code de conduite contre les discours haineux en ligne. Certains craignent cependant que la mise en place d'une équipe composée d'experts nationaux sous l'égide d' Europol ne soit pas aussi efficace qu'une agence de renseignement commune, qui permettrait un partage des informations immédiat et plus complet. Les ministres estiment cependant que le partage d'information pourrait être amélioré et devenir si rapide que cette distinction ne s'appliquera plus.

Lors d'une conférence de presse, Dimitris Avramoupolos, commissaire européen à la migration et aux affaires intérieures, a rappelé que cette réunion de crise sur le terrorisme n'était pas la première, puisqu'il y en avait déjà eu une après les attentats de Paris. Si les États membres n'améliorent pas leur collaboration immédiatement, ils seront responsables des attentats qui pourraient se produire à l'avenir, a averti le commissaire. "Les outils existent. L'UE peut faire des miracles si [les États membres] font confiance à Europol".

Anders Ygeman, le ministre de l'Intérieur suédois, a indiqué que le manque de confiance entre les différents services de renseignement européens était l'obstacle le plus important de la lutte contre le terrorisme. Les États membres refusent de partager effectivement les données des passagers aériens, de peur qu'elles ne tombent entre de mauvaises mains. La France pousse de façon hypocrite le Parlement européen à adopter une proposition qu'elle a contribué à vider de son sens. "Les informations sont très sensibles et leur mauvaise utilisation pourrait avoir des conséquences dramatiques. Pour partager l'information, il doit y avoir de la confiance [...] J'espère que nous allons nous mettre à appliquer les décisions que nous avons déjà prises. L'UE est très douée pour prendre des décisions, mais beaucoup moins pour les appliquer". Si le partage d'information de ce type est un domaine très secret, "il est à présent évident qu'il est dans l'intérêt de tout le monde qu'il soit appliqué", estime quant à elle Frances Fitzgerald, ministre de la Justice irlandaise. "Les agences [nationales] doivent dépasser leur méfiance et partager le plus d'informations possible afin d'empêcher ces attentats".

Theresa May, son homologue britannique, a assuré que les États membres étaient prêts à soutenir pleinement la Belgique afin de vaincre ces terroristes. "Nous allons donner à la Belgique le soutien dont elle a besoin, notre message est clair : les terroristes ne vaincront pas".

"Nous nous inquiétons au sujet d'un groupe de 5000 suspects radicalisés en Europe", a déclaré Rob Wainwright, directeur d'Interpol, lors d'une interview accordée à nos confrères de BBC. Le réseau visé par le service de police européen est beaucoup plus étendu que ce qu'on pensait. Selon lui, les individus radicalisés sont partis pour la Syrie et l'Irak pour acquérir ce qu'on appelle de " l'expérience de conflit". Entre-temps, certains d'entre eux -pas tous- seraient revenus en Europe. Le directeur d'Europol ajoute que Daesh annonce une nouvelle stratégie plus agressive contre l'Occident. FG


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