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Chômage et emplois vacants, la quadrature du cercle

Publié le 28 mars 2016 par Podcastjournal @Podcast_Journal
Rédacteurs et stagiaires: cliquez sur cette barre pour vous connecter en back-office de la rédaction! Les chiffres de la DARES sont implacables : le nombre d’emplois vacants croit quasiment au même rythme que la courbe du chômage. Fin 2012, au total, 72.963 emplois demeuraient à pourvoir. Fin 2013, on pouvait constater une amélioration, avec "seulement" 68.000 postes vacants, mais la situation était revenue à l’identique fin 2014. C’est en 2015 que la situation s’est considérablement dégradée, après des années de relative stabilité (entre 68.000 et 76.000 postes vacants): soudain le nombre d’emplois inoccupés a fait un bond spectaculaire, pour atteindre le chiffre de 98.367 au dernier trimestre 2015.
Parallèlement, toujours selon la DARES, le chômage a reculé de 0,8% en janvier 2016, avec 28.000 demandeurs d’emplois en moins, essentiellement des jeunes diplômés.

On peut se demander pourquoi ces emplois vacants ne sont pas pourvus, ce qui permettrait de faire baisser le chômage de 2% environ (plus de 3,5 millions de chômeurs recensés début 2016).

L’analyse de la DARES fait apparaître une forte disparité entre les secteurs. Ainsi, si 20.000 postes restent à pourvoir dans l’industrie et la construction, c’est surtout le secteur tertiaire marchand qui se trouve déficitaire, avec près de 69.000 postes non pourvus. Une bonne partie de ces postes concernent l’intérim (50.600 recensés en 2015 selon l’INSEE), ce qui peut expliquer en partie leur manque d’attractivité.

De plus, ces emplois vacants se situent pour la moitié d’entre eux dans des petites entreprises, de moins de 10 salariés. Il n’y en quasiment aucun dans les grandes entreprises (0,3%) selon un rapport d’août 2015 de la DARES. Pourquoi les employeurs de TPE (Très Petite Entreprise) ont-ils plus de mal à recruter que les autres? Sans doute parce qu’ils ne peuvent offrir les mêmes services que les PME, comme des tickets restaurant, les avantages d’un comité d’entreprise ou des mutuelles. Par définition, une TPE a peu de moyens, elle se trouve donc désavantagée au niveau de son attractivité en termes de prestations complémentaires. En outre, ces TPE offrent principalement des contrats à durée déterminée, dont 46% de contrats aidés et 77,9% de contrats de professionnalisation ou d’apprentissage. Autrement dit, des contrats à destination des jeunes en formation, ou des contrats précaires et peu attractifs.

Enfin, ces TPE se concentrent dans le sud de la France et dans les départements d’outre-mer. "Ces petites structures cumulent 41% des salariés en Corse, près de 30% dans les DOM et en Languedoc-Roussillon, 26% en Provence-Alpes-Côte d’Azur. De manière générale, les microentreprises sont davantage tournées vers l’économie locale. Elles œuvrent dans la construction, surtout dans le bâtiment et moins dans le génie civil. Elles sont aussi des acteurs importants dans le commerce de détail, la réparation automobile, ainsi que les services à la personne. Boulangeries, bars-tabacs, pharmacies, salons de coiffure, garages... sont autant de microentreprises que nous fréquentons au quotidien" nous dit l’INSEE. Des emplois souvent mal desservis par les transports publics, présentant des horaires décalés et de faibles revenus. Ces différents facteurs expliquent la persistance des nombreux emplois vacants dans les TPE.
Selon le Rapport du Conseil d’Orientation pour l’Emploi de 2013, les emplois vacants concernent plus particulièrement les métiers des industries mécaniques et du travail des métaux: ouvriers qualifiés travaillant par enlèvement et formage de métal, techniciens et agents de maîtrise des industries mécaniques; de l’électricité et de l’électronique: dessinateurs en électricité et électronique; des industries graphiques: ouvriers qualifiés de l’impression et du façonnage des industries graphiques; de la maintenance: techniciens et agents de maîtrise de la maintenance; de la santé: aides-soignants, infirmiers, médecins, professions paramédicales; de l’informatique: ingénieurs et cadres d’études et développement en informatique; du commerce: attachés et cadres commerciaux. On peut ajouter à cette liste non exhaustive d’autres métiers, qui apparaissent dans d’autres travaux ou qui rencontraient d’importantes difficultés avant la crise: les aides à domicile, les métiers de l’hôtellerie-restauration (cuisiniers et employés et agents de maîtrise de l’hôtellerie-restauration), les conducteurs (engins agricoles, transport en commun, engins du BTP, etc.) ou encore les métiers de bouche (boucher, charcutier, boulanger, pâtissier, etc...).

Un panel très varié de métiers, de la catégorie A (médecins, ingénieurs en informatique, cadres commerciaux) à la catégorie C (bouchers, agents de maintenance, aide-soignants…) souffre donc de "crise de l’embauche" et s’explique selon les employeurs par une "inadéquation de la formation des candidats aux besoins du marché du travail" indique le rapport. En effet, le manque d’attractivité ou le faible niveau de salaire ne concerne pas l’ensemble des métiers souffrant de déficit d’embauche.

Dans ce contexte, l’enjeu de la formation apparaît crucial à tous les niveaux: tant pour les TPE qui peinent à trouver des apprentis, que pour les secteurs touchés plus spécifiquement.

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