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Un concours de recrutement bien de circonstance

Publié le 28 mars 2016 par Rolandlabregere

Les petits riens peuvent dire beaucoup. Les observer témoigne de l’état des lieux des petits accommodements du pouvoir. Alors que la loi El Khomri actuellement en débat laisse entendre une possibilité que soit reconnue la liberté religieuse dans l’entreprise (article 6 de son préambule), ce qui entraîne quelques craintes du côté du Medef, l’Etat oublie joyeusement sa fonction de neutralité. La laïcité, comme la finance stigmatisée par le candidat Hollande dans son (trop) alléchant discours du Bourget, est-elle devenue une variable rhétorique, un condiment sémantique pour masquer les renoncements, les reniements, les abandons, les pieds-de-nez, les lâchetés ?

C’est une petite touche des plus anodines, un je ne sais quoi qui ne heurte plus à force de se répéter qui en dit long sur la gabegie morale du pouvoir. L’Observatoire de la Laïcité n’en dirait rien. D’ailleurs, la laïcité ne lui dit plus rien, un peu comme on repousse d’un revers de la main l’idée d’un cassoulet traditionnel alors qu’on traverse une crise de foie. Laïcité, non merci disent à l’unisson, responsables et politiques. D’ailleurs à force de fermer les oreilles et de se boucher les yeux, ils en ignorent l’utilité. Soyons modernes et affranchissons-nous des principes nécessairement obsolètes. Vive l’uber-république !  Voilà leur cri de ralliement !

L'Etat recrute !

L'Etat recrute !

Quand la direction des Douanes organise un concours de recrutement de contrôleurs de sa branche surveillance, c’est sans vergogne que des locaux sont loués à l’université catholique. Sans états d’âme ! Et hop, un petit geste pour financer l’enseignement privé ! Dans une capitale régionale, dotée d’un campus regroupant de  nombreuses facultés et un grand nombre d’établissements d’enseignement public, il n’y avait donc ni salles ni amphis disponibles pour accueillir les candidats ! A Dijon, une direction d’un service régalien de l’Etat fait concourir ses futur(e)s agents dans des locaux dotés des symboles du culte. Les candidat(e)s qui vont réussir les épreuves vont entrer dans la carrière sous la croix et la bannière. A moins que cette direction n’ait considéré qu’il n’y avait de candidat(e)s que catholiques ? A moins que les locaux n'aient été mis à disposition des organisateurs à titre gracieux ?

C’était il y a bien longtemps. C’est oublié désormais. En 1968, à la Sorbonne, une banderole proclamait : Comment peut-on penser librement à l’ombre d’une chapelle ?

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Peut-on raisonnablement exercer sa capacité à être candidat(e) à un emploi public si le recrutement se déroule dans un espace qui ne reflète pas la neutralité de l'Etat ? A quoi pensait le fonctionnaire qui a pris la décision de faire composer les candidat(e)s dans un local de l'université catholique de Bourgogne ?

 


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